La filière palmier dattier attire de plus en plus les investisseurs

Près de 800.000 palmiers plantés sur 2 ans.
L’Etat supporte entre 70 et 80% des coûts.
200 exposants au Salon international des dattes.



La filière palmier dattier attire de plus en plus les investisseurs
«LA filière dattière accroche», se félicite Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture. Ce n’est plus cette activité fragilisée par la sécheresse et les maladies, notamment le bayoud. Elle attire en effet les investissements depuis qu’un cadre incitatif a été mis en place avec la signature en 2010 du contrat-programme entre l’Etat et la profession. «En deux années, pas moins de 793.600 palmiers ont été plantés», précise, de son côté, le DG de l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier. Le chiffre représente 26,5% de l’objectif arrêté pour l’échéance 2020, soit 3 millions de plants. Une avancée due au fait que «le Maroc a initié la recherche variétale il y a 40 ans», révèle Mohamed Badraoui, directeur général de l’Institut national de recherche agronomique (INRA). Les travaux ayant porté sur la sélection et la multiplication de variétés résistantes au bayoud, cette maladie virale qui attaque le plant par la racine. Aujourd’hui, la production de plants dans des laboratoires à partir des souches devrait dépasser le demi-million par an. Car, outre l’apport des laboratoires d’Errachidia et de Marrakech, le privé est aussi très actif dans le domaine de la production de vitroplants. Les Domaines agricoles, Issemghy Biotechnologie ont pratiquement doublé leur capacité pour saisir les opportunités du marché. Un autre laboratoire, Palmagro d’Agadir, vient d’entrer en production. «Or, dans le secteur dattier, le plant et l’eau représentent l’essentiel de l’investissement, soit 70 à 80% des coûts», précise le ministre. Ces deux facteurs sont fournis gratuitement aux petits producteurs. L’équipement des exploitations de moins de 5 ha en matériel d’irrigation localisée est subventionné à 100% ainsi que la fourniture de plants même pour la production intensive. La micro-exploitation prédomine à hauteur de 80% dans les palmeraies qui concentrent 48.000 ha. Superficie qu’il faut réhabiliter par l’arrachage de palmiers mâles improductifs et autres variétés de faible valeur commerciale. Car, si la palmeraie marocaine se distingue par un profil variétal des plus riches dans le monde avec plus de 220 espèces répertoriées jusqu’à présent, les variétés prisées représentent moins du tiers. Mejhoul, Jihil, Boufeggous, Bouskri, Aziza, Nejda et Khalt concentrent la totalité de la demande en termes de plants. Le défi est donc de convaincre la grande masse de petits producteurs à opérer une véritable reconversion variétale de leur verger. La tâche n’est pas aisée quand on sait que certains disposent d’un nombre limité de pieds. Tout au plus entre 10 et 15. Surtout que l’arrivée en production d’un palmier nécessite entre 8 et 10 ans. Moins de ce délai si l’eau et les soins sont apportés en doses suffisantes. Un palmier consomme, en effet, un mètre cube d’eau par jour. D’où l’option de développer des plantations hors zone des oasis où l’eau ne pose pas problème puisque la nappe y est à la fois courante et renouvelable. Il est aussi question de contrer la vague de l’exode rural qui touche les jeunes. Cette superficie qui sera cédée au privé pour la production intensive doit aussi bénéficier aux petits producteurs, en particulier les jeunes à la condition de se constituer en coopératives ou en groupements d’intérêt économique (GIE).  

Pour le moment, 22 GIE ont été constitués dans l’objectif de bénéficier des aides destinées aux infrastructures de valorisation (froid et stations de conditionnement). La nature du climat oasiens et l’éloignement des grands centres de commercialisation font subir chaque année d’importants dégâts aux producteurs. Pour le moment, 6 petits frigos ont été installés dans la région du Tafilalet et 7 d’une capacité conséquente sont en cours de réalisation. Le tout moyennant le soutien de l’Etat. Et pour cause, l’enjeu est de taille. 

L’économie des oasis du sud-est marocain repose essentiellement sur l’exploitation des palmeraies. L’activité contribue entre 20 et 60% dans la formation du revenu agricole pour plus de 1,4 million d’exploitants. En moyenne, la production des dattes s’élève à 100.000 tonnes par an. Le rendement moyen s’établit autour de 20 kg/pied, soit 2 tonnes à l’hectare. Ce niveau peut atteindre 10 à 15 tonnes/ha dans des exploitations intensives. Mais la consommation reste faible en particulier hors zone oasienne: 2,8 kg/habitant et par an contre 15 kg dans les pays du Maghreb. Mais la tendance sera probablement inversée avec l’entrée en lice de gros investisseurs rompus à la valorisation et au marketing. Car, selon nos informations, le gros des nouvelles  plantations est le fait de cette catégorie de producteurs, étant donné que la rentabilité de la filière n’est plus à démontrer. C’est aussi l’objectif du Salon qui s’est déroulé du 8 au 11 novembre, lancé pour accompagner et promouvoir l’économie de la filière des dattes. La troisième édition qui s’internationalise a drainé une douzaine d’exposants étrangers venant exclusivement des pays arabes. L’année passée, ils étaient à peine 4. Mieux encore, plusieurs délégations scientifiques sont venues d’Europe, d’Amérique et du monde arabe. Un programme de débat scientifique et économique a été en effet mené sur deux journées avec des visites sur le terrain. L’agro-fourniture, le matériel de production, de cueillette et d’irrigation, étaient aussi présents avec fortes démonstrations. Au total, le salon a regroupé 200 exposants. Mais l’aspect commercial reste prédominent. Le Salon ayant pour objectif primordial d’assurer la vente d’une bonne partie de la récolte qui s’annonce cette année en hausse de 10% à 110.000 tonnes. L’essentiel de l’exposition (11.000 m2 de stands) était occupé par les coopératives de commercialisation. Et l’opportunité est de taille. Pas moins de 90.000 visiteurs étaient attendus. Le nombre a été déjà réalisé l’année dernière. L’impact sur la ville d’Erfoud est aussi un constat palpable. Quelques produits sont devenus rares la veille même de l’ouverture du Salon au grand public.

Les ambitions

Les objectifs du contrat-programme de la filière tablent sur la plantation de 1,8 million de palmiers à l’échéance 2014 et 3 millions à l’horizon 2020. Ceci, via la réhabilitation et la reconversion variétale des palmeraies existantes (48.000 ha) et la création de nouvelles plantations sur 17.000 ha hors oasis. Pour qu’en 2020 la production soit portée à 160.000 tonnes dont 70% seront valorisées. L’export est aussi dans le pipe. Il est prévu d’atteindre un minimum de 5.000 tonnes à l’horizon 2020 avec des variétés nobles contre des quantités jugées négligeables pour le moment. Le Maroc étant en effet concurrencé par sa propre variété Mejhoul qui n’a cessé de faire l’objet de piratage. Mais l’INRA assure que les nouvelles espèces issues des souches existantes seront protégées, voire labellisées.
L'economiste



         
 
                         
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