L’écosystème ferroviaire lancé d’ici fin 2017



Objectif : satisfaire la demande locale exprimée par l’ONCF et les villes (tramways) ainsi que celle du marché africain et européen. La filière est rassemblée au sein du Groupement des industries ferroviaires (GIFER) constitué de 40 entreprises dont des multinationales et des opérateurs marocains.

L’année 2017 va se clôturer sur une bonne note pour l’industrie ferroviaire au Maroc. En effet, la création d’un écosystème dédié sera actée d’ici la fin d’année. L’annonce en a été faite conjointement par Hassan Rebouhate, président du Groupement des industries ferroviaires (GIFER) et Ali Seddiki, conseiller au ministère de l’industrie et du commerce durant la 2e édition de la convention d’affaires «Rail Industry Summit». Organisé par Maroc Export du 21 au 23 décembre à Casablanca, le Rail Industry Summit est un rendez-vous de réseautage et d’échanges entre professionnels autour de l’industrie ferroviaire avec au programme: conférences, visites de sites industriels et ateliers thématiques qui permettront aux différents acteurs d’approfondir leurs connaissances sur les tendances du marché et les stratégies de demain.

Intervenant en conférence plénière, le président du GIFER a précisé que «le contrat accompagnant la mise en place de l’écosystème dédié à l’industrie ferroviaire prévoit un accompagnement approprié des acteurs dans la réalisation des investissements nécessaires pour normaliser les procédés de fabrication, un accès facilité au foncier pour les nouvelles unités et pour l’augmentation des capacités de celles existantes, une formule de formation professionnelle personnalisée ainsi qu’un laboratoire d’essai et d’homologation». En clair, l’approche fondée sur les écosystèmes industriels -introduite par le Plan d’accélération industrielle (PAI)- sera implémentée dans la filière ferroviaire à l’instar de ce qui a été fait dans l’automobile ou l’aéronautique. Matériel roulant, équipement, ingénierie, étude d’infrastructures, signalisation, habillage…, l’ensemble des opérateurs de la chaîne de valeur du rail seront intégrés dans cet écosystème. Des géants mondiaux du rail comme Bombardier Transport ou Alstom -déjà présents au Maroc- ainsi que des opérateurs marocains comme la SCIF (Ynna Holding) et des PME profiteront du package d’avantages prévus par le PAI. Au total, il s’agit des 40 adhérents au GIFER auxquels il faut ajouter d’autres opérateurs qui s’installeront après la concrétisation du projet.

Le Maroc et l’Afrique subsaharienne en ligne de mire

S’allier à l’ONCF pour répondre à ses besoins et accompagner les villes marocaines dans l’installation des réseaux de tramways au niveau local, satisfaire les besoins en infrastructures de l’Afrique… Telles sont les opportunités que le futur écosystème s’attellera à saisir, à en croire les différents opérateurs du secteur rassemblés à l’occasion de la 2e édition du Rail Summit Industry. Aussi bien au Maroc que dans le reste de l’Afrique, les besoins en infrastructures ferroviaires sont conséquents. «La longueur du réseau ferré africain ne dépasse pas 90 000 km, soit 7% du réseau mondial. Il est caractérisé par une faible densité et une vitesse en dessous de la moyenne», explique Said Chandid, directeur de la stratégie, la communication et la coopération à l’ONCF. Selon une étude pilotée par le Maroc -qui préside la région Afrique de l’Union internationale des chemins de fer (UIC)-, le besoin du continent en termes d’extension du réseau ferré est estimé à 18 000 km pour un coût global de 36 milliards de dollars. Pour ce qui est de la réhabilitation des réseaux existants, l’enveloppe nécessaire est estimée à 32 milliards de dollars.

Au Maroc, l’ONCF prévoit l’acquisition de matériel pour une enveloppe de 17 milliards de DH sur les 15 prochaines années. «Cela sans compter les besoins en maintenance de ces acquisitions», ajoute un autre cadre de l’ONCF qui promet que l’office sera un acteur dans le futur écosystème au même titre que les opérateurs privés.

S’exprimant à l’occasion du premier débat du Rail Industry Summit sur l’écosystème ferroviaire au Maroc, les représentants d’Alstom, de Bombardier Transport et d’autres opérateurs mondiaux ont profité de l’occasion pour ébaucher certaines priorités du futur écosystème.

Rappelant les avantages du concept d’écosystème, Said Benhajou, président du Cluster CE3M opérant dans l’écosystème aéronautique, soutient qu’«il s’agit de fédérer plusieurs entreprises autour de locomotives. Ces dernières peuvent être de grandes entreprises ou des groupements». Pour faire simple, l’idée est de faire ensemble ce qu’on ne peut pas faire en étant seul, ce qui permet une montée en puissance du tissu industriel.

Bombardier a triplé ses objectifs pour le Maroc

Pour Sébastien Ridremont, directeur de l’écosystème Maroc de Bombardier Transport, le futur écosystème ferroviaire doit prendre en compte trois éléments, à savoir la mobilité durable, l’association de tous les opérateurs de la chaîne de valeur de l’industrie du rail et la vocation à l’export.

De son côté, Mourad Rahmoune, directeur Grand compte d’Alstom, a insisté sur le pari de former des ressources humaines locales aux standards internationaux. Un pari que le géant français a pu gagner puisque 90% de ses 350 employés au Maroc sont des compétences locales.

La vocation à l’export du futur écosystème a été également appuyée par Gokalp Kahraman, DG de Yapi Merkezi, la société turque qui a participé au chantier de construction du tramway de Casablanca. «Nous concevons le Maroc comme une base managériale pour d’autres marchés subsahariens. A titre d’exemple, une partie des 1 000 employés mobilisés à Casablanca ont été transférés vers le Sénégal», a-t-il fait savoir.

L’autre défi que les entreprises du rail doivent relever est, selon lui, la participation au montage financier des projets. Chose que Yapi Merkezi a expérimentée en Tanzanie et en Éthiopie où il est en train de construire respectivement 450 km et 750 km.

Interrogé en marge de l’évènement par La Vie éco, Taoufiq Boussaid, DG de Bombardier Transport Maroc, a indiqué que l’écosystème ferroviaire permettra à terme de proposer des solutions «made in Morocco» autant sur le marché local qu’international. Nouveauté importante à à noter, les objectifs prévus initialement en 2016 ont été revus en 2017 pour être multipliés par trois. Ainsi, l’usine que Bombardier Transport compte construire créera désormais 2 000 emplois directs contre 600 prévus en 2016. Il fournira le marché marocain, subsaharien et européen. Présente au Maroc depuis 2011, la société canadienne a déjà à son actif deux projets réalisés pour le compte de l’ONCF, à savoir la rénovation de 14 trains circulant sur l’axe Casa-Rabat et l’installation d’un système moderne de signalisation sur 30 km.


lavieeco.com


         
 
                         
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