L’accompagnement post-création manque cruellement



Beaucoup de jeunes expriment une certaine crainte parce qu’ils ne sont pas préparés. Des études scientifiques en Amérique ont montré que les personnes qui réussissent ont connu au moins trois échecs dans leur parcours.

Par peur de l’échec, beaucoup de jeunes préfèrent chercher un emploi salarié au lieu de tenter leurs chances en se mettant à leur compte. Le manque d’accompagnement, les problèmes de financement ou, tout simplement, l’inexistence de la culture d’entreprenariat en sont les causes. A écouter Zakaria Fahim, expert-comptable et DG du cabinet BDO, il est pourtant possible de surmonter les obstacles en s’appuyant sur des experts.

Avec l’échec du programme Moukawalati, la création d’entreprise reste une aventure risquée pour beaucoup ?

Tout à fait ! Aujourd’hui, le principal frein à la création d’entreprise est d’ordre psychologique. Les jeunes sont encore mal informés sur l’acte d’entreprendre de manière générale. Beaucoup de jeunes n’arrivent pas à percer par manque de confiance. Ils se sentent isolés dans leur univers. Pourtant, beaucoup croient dur comme fer à leur projet et ne sont pas prêts à faire autre chose. On évoque souvent les cas d’échec d’entreprises après création mais on ignore que beaucoup de projets ont été abandonnés avant même la création, et ce, pour plusieurs raisons. Une enquête que le Centre des jeunes dirigeants (CJD) a menée en 2009 montre que les freins sont nombreux, hormis le financement.

Lesquels ?

Je citerais en premier lieu le manque de préparation en amont, l’inadéquation du profil des créateurs aux exigences du projet : ouverture d’esprit, esprit d’entreprise, aptitudes de persévérance, manque de créativité et d’innovation, manque de formation au management, insuffisance des infrastructures d’accueil et de soutien pour les créateurs d’entreprises et surtout le manque d’accompagnement post-création en durée et en qualité.

Que conseillerez-vous à un futur entrepreneur ?

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes expriment une certaine crainte parce qu’ils ne sont pas préparés. Il n’y a pas de passerelles entre les jeunes et le monde de l’entreprise. Il faut savoir montrer la voie à ces jeunes. Quand vous leur racontez les parcours brillants de dirigeants issus de milieux modestes, ils restent ébahis et comprennent que tout est possible. Il faut leur vendre du rêve. Aujourd’hui, on ne sensibilise pas assez les jeunes dans les lycées, écoles et universités sur l’importance de l’entreprenariat.
Autre facteur de la frilosité : la crainte de l’échec. Des études scientifiques en Amérique ont montré que les personnes qui réussissent ont connu au moins trois échecs dans leur parcours. On ne réussit pas forcément du premier coup, mais on apprend à capitaliser sur les échecs pour mieux rebondir. Avec du recul, je pense que si cette frilosité existe, c’est par manque d’accompagnement. Malgré toutes les mesures prises, on n’a pas encore trouvé la bonne formule pour faire émerger une pépinière d’entrepreneurs. Néanmoins, les bons exemples ne manquent pas. Aujourd’hui, dans le cadre du CJD, un futur entrepreneur doit avant tout développer les comportements de l’entrepreneur à savoir esprit d’initiative et recherche d’opportunités, prise de risque, recherche permanente de qualité et d’efficacité, respect des engagements, capacité de recherche d’information, définition des objectifs à court et à long terme, planification et suivi systématique, persuasion et développement de réseau, indépendance et confiance en soi. L’entrepreneur doit porter son rêve, doit oser aller jusqu’au bout avec une confiance en soi

Pour ce qui est de la forme juridique, laquelle conseillez-vous le plus ?

Le plus souvent, les gens optent pour la SARL. Sinon pour les micro projets, l’entreprise individuelle reste la formule la plus utilisée. C’est un statut généralement réservé aux petites structures, telles que l’artisanat ou les petits commerces. Juridiquement, on ne fait aucune distinction entre les biens privés de l’entrepreneur et les biens relevant de son activité. Le nombre d’entreprises individuelles ne cesse de croître chaque année. Plusieurs facteurs font que cette structure est très prisée. En effet, la législation simplifie les formalités de création pour encourager les jeunes à monter leur propre affaire.
De plus, les obligations fiscales y afférentes permettent également de développer au mieux sa petite activité. Et le meilleur privilège c’est qu’en étant son propre patron, on est tout à fait libre de prendre toutes les décisions. Bien qu’elle présente beaucoup d’avantages tant au niveau de sa création qu’au niveau de sa croissance, cette structure présente une contrainte majeure. C’est qu’elle met en gage le patrimoine personnel de l’entrepreneur. La mise en place d’une formule d’auto-entreprenariat qui n’existe pas encore au Maroc serait à même de résoudre ce problème.

Quels avantages propose-t-elle ?

Le statut d’auto-entrepreneur permet à chaque personne de faciliter la création d’entreprise en allégeant les formalités de création, de gestion et en faisant bénéficier l’auto-entrepreneur d’un régime simplifié de paiement de l’impôt et des prélèvements sociaux. Avec un simple clic, vous pouvez créer votre entreprise sur internet sans se tracasser avec les procédures administratives.

Quel est, à votre avis, le préalable avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale ?

En premier lieu, une étude de faisabilité du projet s’impose. Il faut s’assurer des possibilités de sa réalisation au niveau juridique, administratif, financier, commercial et autres. Ce préalable exige ainsi le choix d’un conseiller qualifié. Il faut surtout éviter de choisir toujours le conseiller le «moins cher» puisque ce choix pourrait s’avérer pénalisant.

Que faire quand on n’a pas de notions en comptabilité, finance, droit des affaires ?

En fait, l’idéal serait que le jeune entrepreneur investisse, parallèlement au développement de son business, en formation dans différents domaines en liaison directe avec son projet, y compris nécessairement l’aspect comptable, juridique et fiscal. Objectif : éviter les mauvaises surprises et réduire les faux-pas.
Le suivi rapproché des aspects comptable, financier et juridique permet à l’entrepreneur débutant d’éviter le risque des responsabilités pénales en tant que gérant de l’entreprise et d’éviter, également, les pénalités et les majorations de retard occasionnées par le dépôt tardif des déclarations fiscales, comptables et juridiques et le non-paiement dans les délais des impôts et taxes dus par l’entreprise.

Brahim Habriche. La Vie écob[


         
 
                         
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