Création d’entreprise : les questions à se poser avant de se lancer

40 à 60% des entreprises meurent avant l’âge de cinq ans.
Il ne suffit pas d’avoir une idée et des moyens financiers pour réussir, un projet requiert une bonne préparation.
Assurez-vous que vous êtes psychologiquement prêt et contactez les structures qui peuvent vous aider.



Jusqu’ici, quand on interrogeait des étudiants sur leurs projets, la plupart répondaient qu’ils opteraient pour le salariat. C’est dire que l’esprit d’entreprise a toujours fait défaut dans notre environnement. Mais il semble que la situation est en train de changer grâce, notamment, au succès retentissant de l’émission Challengers, qui suscite beaucoup de vocations parmi les jeunes. Et très certainement, le projet du gouvernement de contribuer à la création de 30 000 TPE (très petites entreprises), dans les trois ans à venir, va sûrement intéresser nombre d’entre eux. Mais, il faut bien le dire, il ne suffit pas d’avoir une idée et/ou des moyens pour réussir. 40 à 60 % des entreprises créées meurent avant l’âge de cinq ans. Par conséquent, il importe de bien s’y préparer avant de sauter le pas, d’autant plus que la société est très dure à l’égard de ceux qui ont échoué. Pour ce faire, il y a un certain nombre de questions que l’on doit se poser avant de se lancer. Il ne s’agit pas ici de freiner les ardeurs des uns et des autres, mais juste de baliser le terrain.

Suis-je prêt à me lancer dans l’aventure ?

Se mettre à son compte est une aventure ; il y a cependant des moyens de la rendre moins périlleuse. Avant de vous lancer, prenez le temps d’analyser en profondeur votre projet et fixez-vous des objectifs précis. Qu’il naisse de l’expérience, du savoir-faire, de la créativité ou d’un simple concours de circonstances, tout projet de création d’entreprise commence par une idée.
Elle prend souvent la forme d’une intuition ou d’un désir qui s’approfondit et mûrit avec le temps. Il existe une grande variété d’idées : plus l’idée est nouvelle, plus il faudra s’interroger sur la capacité des futurs clients à l’accepter ; plus elle est banale, plus il conviendra de s’interroger sur sa réelle utilité par rapport à l’offre déjà existante sur le marché.
Si on opère dans une activité connue, le type de création peut paraître a priori moins risqué. L’idée est bien maîtrisée car elle correspond à un métier exercé depuis des années. Les règles du jeu sont connues, les compétences techniques à mettre en œuvre font partie du savoir-faire, bref, on se sent à l’aise.
S’il s’agit d’une opportunité pure (bonne occasion, affaire à ne pas manquer...), il convient de se mettre dans une disposition d’esprit favorable, se résumant à avoir en permanence l’esprit critique pour juger des situations commerciales présentes, des réels mérites des positions acquises, des lacunes des systèmes établis, des défauts des produits ou services offerts...
En cas d’innovation pure, l’exercice s’avère plus difficile. Créer un nouveau produit, généralement à fort contenu technologique, entraîne des besoins importants de capitaux pour passer à la phase préindustrielle, pour réaliser une étude de marché, nécessairement approfondie, et pour attendre la réponse du marché. Dans ce cas, les risques se multiplient, mais la rentabilité s’avère normalement bien plus élevée que dans une activité banale où la concurrence est souvent très forte.

A qui m’adresser ?

Vous avez une vague idée de ce que vous souhaitez entreprendre ou bien un projet précis ? «Quoi qu’il en soit, ne restez pas seul», note Zakaria Fahim, président du Centre des jeunes dirigeants (CDJ). Rapprochez-vous des structures spécialisées dans la création d’entreprise (voir encadré). Elles vous épauleront dans vos démarches et vos recherches. Il n’existe toutefois pas de premier interlocuteur par excellence. L’important est de prendre un premier contact. Ce dernier vous permettra de vous orienter vers d’autres personnes, structures ou solutions.
Aujourd’hui, un panel de partenaires accompagnateurs existe bel et bien sur la place. Par exemple, la Fondation Banque populaire pour la création d’entreprise accompagne en moyenne 900 porteurs de projets chaque année. Au total, plus de 6 500 promoteurs ont été conseillés, assistés, formés et accompagnés durant leur démarrage. Pour sa part, le CJD, association créée il y a plus de 5 ans, milite pour la multiplication des jeunes pousses. Cette année, elle vient de lancer un programme d’accompagnement des créateurs d’entreprise. D’autres réseaux comme Maroc Entreprendre, l’Agence nationale pour la promotion de la PME, les Centres régionaux d’investissement, la Fédération des PME/PMI, les chambres de commerce et d’industrie peuvent aussi être efficaces.
Attention : le premier contact est souvent gratuit, mais les prestations suivantes peuvent être payantes. Renseignez-vous sur le prix de certains spécialistes avant de vous fier à ce que l’on vous propose.

Comment faire mûrir mon projet ?

Il faut garder comme principe que la réussite d’un projet dépend surtout de l’adéquation entre le porteur et le projet lui-même. «Valider et tester votre idée avant d’effectuer le grand saut est une démarche primordiale qui vous permettra d’éviter bien des échecs», note Aziz Alami, chef du département «création d’entreprise» au CRI de Casablanca.
Premières questions que vous devez vous poser pour valider votre projet : ai-je personnellement, physiquement et psychologiquement, la capacité et la possibilité de conduire jusqu’au bout mon idée ? Mon entourage l’acceptera-t-il ? Car la création d’entreprise est un gros investissement en temps et en volonté. Il ne s’agit donc pas de foncer tête baissée, mais de mesurer les conséquences d’un tel projet sur votre vie personnelle et professionnelle. «Il faut aussi ménager sa santé car les périodes de forte pression peuvent souvent se répéter», souligne, pour sa part, le président du CJD Maroc.
Il vous faut également clarifier le positionnement de votre future activité, en reproduisant un projet déjà existant ou en proposant une approche novatrice ou complémentaire. Si le secteur le justifie, une étude de marché permet au créateur de se positionner. Elle permet de connaître l’offre existante, les clients potentiels et de tester la rationalité du projet.

Où trouver des financements ?

Le financement reste la bête noire de tout jeune porteur de projet. Quand on monte son affaire, l’argent est souvent la première des préoccupations. Si vos besoins ne sont pas très importants, votre apport personnel et celui de vos proches suffiront peut-être. Dans le cas contraire, il faudra trouver d’autres sources de financement et s’armer de patience. Ne négligez aucune piste.
L’autofinancement reste une solution idoine pour financer soi-même son projet et éviter d’être endetté dès les premières années. Si ce n’est pas le cas, il ne vous reste que votre banquier. C’est souvent la première personne à qui l’on pense lorsqu’il est question d’argent. Pourtant, les banques ne font pas facilement crédit aux créateurs d’entreprise. Elles exigent des garanties solides et, en général, préfèrent intervenir après la phase de démarrage. Tout dépend du projet, de vos qualités personnelles, de votre force de conviction et du montant demandé. Toutes les banques ne pratiquent pas la même politique de crédit, et certaines sont plus favorables que d’autres aux créateurs d’entreprise. Mieux vaut donc prendre le temps de se renseigner et de comparer les offres.
Autre apport financier possible, les sociétés de capital-risque. Il s’agit de partenaires financiers ponctuels qui, grâce à leurs investissements en capital, permettent à l’entreprise de démarrer et le plus souvent de se développer. En contrepartie, ces partenaires prennent part aux bénéfices ou aux pertes. Là aussi, il faut donc être convaincant et prouver sa rentabilité.
D’autres aides financières sont également disponibles, à l’image du fonds «Sindinbad», premier fonds d’amorçage au Maroc destiné aux sociétés innovantes, opérant dans les domaines des sciences de l’ingénierie, des sciences de la vie et des nouvelles technologies de l’information et de la communication.


Comment élaborer un business-plan convaincant ?

En moyenne, le document comprend entre dix et trente pages, mais il est primordial. Le business-plan est un document retraçant en détail votre projet d’entreprise. Ce document peut être nécessaire à n’importe quel moment de la vie de votre entreprise, notamment dès qu’il est question de persuader des investisseurs pour développer votre affaire. A mi-chemin entre vision marketing et projection comptable, le business-plan doit avant tout séduire son lecteur.
Grand principe : le business-plan doit être simple et compréhensif. «L’entrepreneur doit afficher clairement quelles sont les ambitions de son projet sur plusieurs années, notamment en matière de chiffre d’affaires», note Zakaria Fahim. Les investisseurs potentiels apprécient les documents courts et faciles à lire. C’est une erreur de vouloir s’adresser à une population de financiers avec des documents austères et rébarbatifs, c’est-à-dire avec trop de tableaux et deux chiffres après la virgule. Le contenu ne doit pas non plus être trop technique : l’investisseur n’est pas forcément un spécialiste de votre domaine.

Comment établir un plan de trésorerie ?

L’une des grandes problématiques du créateur d’entreprise est précisément la gestion de la trésorerie. Et une mauvaise gestion risque de détériorer vos relations avec votre banquier voire de mettre en péril votre entreprise. Car il y a des coûts incompressibles. Certains porteurs de projet ont du mal à prendre en compte le quotidien de leur entreprise. Ils oublient le fonds de roulement.
Parmi les principaux coûts, on trouve les charges sociales, la couverture sociale, le loyer... D’autres charges fixes sont jugées indispensables : les honoraires de l’avocat, de l’expert-comptable, etc. Vous devez également définir votre salaire ou éventuellement évaluer durant combien de temps vous pourrez travailler sans rien gagner. Dans certains cas, il peut être indispensable de recruter une ou plusieurs personnes, un coût supplémentaire à déterminer le plus tôt possible. Enfin, il vous faudra prendre en compte les charges variables, c’est-à-dire le montant des dépenses découlant automatiquement du niveau des ventes, par exemple les matières premières, les transports ou les commissions.

Suis-je capable de vendre mon projet ?

Avez-vous du bagout pour convaincre votre banquier, vos clients, vos fournisseurs, vos associés, obtenir vos premiers contrats... ? En somme, savez-vous vous vendre. Car, à la moindre difficulté, certaines portes peuvent rapidement se refermer.
Les premiers clients sont souvent des références pour obtenir les suivants. Les professionnels recommandent de se dépêcher d’avoir des références, quitte à rogner sur sa marche ou échanger des services. Cela ne convient pas à ceux qui ne veulent pas se brader. La recommandation, le bouche à oreille sont autant de moyens pour se vendre.


Et si ça ne marche pas ?

Pour de nombreux observateurs, il faut toujours prévoir une issue de secours si votre projet n’aboutit pas. Tout le monde ne peut pas être entrepreneur mais un échec peut être valorisant. Bill Gates a ainsi recruté d’anciens managers de sociétés défaillantes. Sa raison : «Une entreprise a besoin de personnes qui ont commis des erreurs et qui en ont tiré le maximum de leçons.» C’est la voix du bon sens. Une épreuve qui fait grandir, voilà comment les dirigeants qui l’ont vécu analysent a posteriori un échec professionnel. Ceux qui ont le virus de l’entreprenariat peuvent donc y trouver des bases solides pour un nouveau départ. Avec parfois de meilleures chances de réussite.
Toutefois, quand on a des charges incompressibles, c’est-à-dire une famille à entretenir, on doit toujours avoir une solution de repli. Pourquoi pas un travail salarié, en attendant de rebondir si la volonté y est toujours.


Source : la vie economique


         
 
                         
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