Bourse : Les sociétés cotées distribuent les 2/3 de leurs bénéfices en dividendes



Bourse : Les sociétés cotées distribuent les 2/3 de leurs bénéfices en dividendes
20 milliards de DH, soit le même niveau qu’en 2010 malgré le retrait d’Ona et Sni de la cote et le déficit réalisé par plusieurs sociétés. Le taux de rendement moyen se maintient à 3,5% et 28 sociétés affichent plus de 4%.

Les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca n’ont pas dérogé à la règle cette année. Elles ont décidé de se montrer aussi généreuses avec leurs actionnaires qu’en 2010, en leur distribuant au cours des prochains mois 20 milliards de DH de dividendes. Il faut dire que les résultats 2010 ont été bons, la capacité bénéficiaire globale ayant progressé de 8,8% pour dépasser les 30 milliards de DH. Rien de plus normal donc que de récompenser les porteurs de titres, surtout que l’année 2009 a été marquée par un ralentissement économique.

Dans l’absolu, les 20 milliards de DH qui seront distribués d’ici fin juillet (délai légal) correspondent au même niveau de dividende que l’année dernière. La croissance de près de 9% des bénéfices ne s’est pas traduite, de façon visible, sur la distribution aux actionnaires, en raison de deux principaux facteurs. D’abord, les deux holdings Ona et Sni ne font plus partie de la cote cette année, alors que ce duo a distribué l’année dernière près d’un milliard de DH de dividende. Ensuite, les prestations des sociétés cotées au titre 2009 étaient gonflées par plusieurs produits exceptionnels ayant favorisé le service d’un dividende conséquent par certaines sociétés, ce qui n’est pas le cas des résultats 2010.

Quoi qu’il en soit, les 20 milliards de DH de dividende de cette année représentent plus de 65% des bénéfices dégagés par les entreprises de la cote, alors que le taux de distribution de l’année dernière était de 61% seulement. De fait, le retrait d’Ona et Sni de la Bourse, ainsi que le déficit réalisé cette année par plusieurs sociétés (ce qui les a dissuadées de distribuer des dividendes), a été compensé par l’arrivée de Cnia-Saâda à la cote (Ennakl n’a pas encore annoncé son dividende), par la modification de l’exercice fiscal qui a permis à Unimer et IB Maroc de procéder à l’affectation de leur bénéfice au même moment que les autres sociétés cotées, et, bien entendu, par l’amélioration du dividende des gros distributeurs de la cote, et ce, malgré des résultats en baisse pour les cimenteries et des besoins en fonds propres plus importants pour les banques.

Aluminium du Maroc et Brasseries du Maroc distribuent plus que leur bénéfice de l’année
Notons que si le taux de distribution global du marché ressort à 65%, celui de plusieurs sociétés cotées s’approche des 100%, voire dépasse ce seuil. C’est le cas notamment d’Aluminium du Maroc et Brasseries du Maroc qui vont servir à leurs actionnaires plus que le montant de leur bénéfice, et d’autres entreprises comme Agma, Lesieur ou Centrale Laitière dont le taux de distribution est supérieur à 90%. Certaines sociétés sont même allées plus loin en décidant de distribuer un dividende exceptionnel, en plus du dividende ordinaire. Il s’agit d’Eqdom, Salafin, Oulmès et Zellidja qui vont servir 245 MDH de dividende exceptionnel, sachant que leur distribution ordinaire se monte à 162 MDH.

Pour ce qui est des plus grandes contributions au dividende global de cette année, Maroc Telecom occupe, encore une fois, la première place. L’opérateur historique a en effet décidé de distribuer 9,3 milliards de DH (10,6 DH par action), soit 97,5% de son bénéfice net part du groupe et 47,1% du dividende agrégé du marché. Malgré une concurrence plus rude, se traduisant par une croissance moins forte de l’activité et des résultats, Maroc Telecom a décidé de distribuer près de 3 milliards de DH de plus que l’année dernière, étant donné l’importance de ses cash-flows récurrents qui lui permettent de financer ses investissements et de couvrir ses besoins d’exploitation.

Loin derrière, Attijariwafa bank occupe la deuxième place avec un résultat à distribuer de 1,54 milliard de DH (8 DH par action), soit 7,8% du dividende global de la cote. La banque monte en puissance pratiquement chaque année en matière de rémunération des actionnaires (elle a déclassé Lafarge l’année dernière et creuse désormais l’écart), grâce aux performances commerciales et financières qu’elle réalise malgré un environnement marqué par le ralentissement de la croissance des dépôts et des crédits.

Et même si elle a été déclassée en 2010 par Attijariwafa bank, Lafarge Ciments continue de peser sur le dividende agrégé du marché, avec une distribution de 1,15 milliard de DH (66 DH par action), soit 5,8% du total. Le cimentier a décidé de maintenir le même niveau de dividende que l’année dernière, en dépit, d’une part, de résultats en baisse, suite à un marché en tassement, une con-currence plus rude et des prix des intrants qui flambent, et, d’autre part, d’investissements programmés d’envergure.

Addoha, quatrième plus gros distributeur
Enfin, Addoha est montée en puissance cette année et occupe la quatrième place des plus gros contributeurs au dividende global, devant Centrale Laitière, Holcim et la BCP, avec un bénéfice à distribuer de 630 MDH (2 DH par action), soit 3,2% du total. Le bénéfice net du promoteur immobilier a plus que doublé en 2010, grâce à la bonne tenue du segment des logements sociaux et à la réalisation de projets de haut standing à forte marge.

Avec ces niveaux de distribution, et compte tenu des cours boursiers de fin mars 2011, le taux de rendement du marché (Dividend Yield, rapport entre le dividende global et la capitalisation boursière) ressort à 3,5%, une moyenne jugée satisfaisante par les analystes. Certes, ce taux est légèrement inférieur à celui de l’année dernière, qui s’était établi à 3,6%, mais il faut savoir que les cours boursiers ont progressé de près de 7% entre mars 2010 et la même période de 2011, alors que le montant des dividendes est resté inchangé, ce qui réduit automatiquement les rendements actuels.
En tout cas, même si les cours sont aujourd’hui plus élevés, 28 sociétés cotées sur les 74 qui publient leurs résultats au 31 mars (hors Cartier Saâda) affichent des taux de rendement supérieurs à 4%, et 16 d’entre elles ont dépassé les 5% (voir tableau). En tête de liste figure Microdata avec un rendement de 9,12%. Malgré une année qui s’est soldée par une quasi-stagnation de l’activité et des bénéfices, la société a décidé de distribuer un dividende de 57 DH par action (23,9 MDH au total), soit 1 DH de plus qu’en 2010, un niveau confortable qui s’explique par une trésorerie excédentaire et l’absence d’investissements significatifs sur le court terme.

En deuxième position se trouve Aluminium du Maroc avec un taux de rendement de 8,86%. La société a fait du surplace en 2010 au niveau du bénéfice, mais elle a décidé d’augmenter de 20 DH son dividende unitaire pour le porter à 120 DH par action. Il s’agit donc d’une progression de 20%, cohérente avec l’évolution du cours boursier d’Aluminium du Maroc depuis 2010 (près de 20%).
Malgré un dividende par action qui passe de 25 à 22,5 DH par action, consécutivement à des investissements plus importants, CTM continue d’afficher un taux de rendement élevé (7,08%). Il faut dire aussi que son cours a sensiblement progressé. Il a évolué de 13% en 2010 et d’autant durant le premier trimestre 2011.

Pour sa part, Maroc Telecom améliore sa position et devient la quatrième action la plus rentable de la cote, avec un rendement de 6,83% contre 6,48% l’année dernière. L’opérateur va servir un dividende en hausse de 3%, à 10,60 DH par action. En face, son cours boursier s’est stabilisé aux alentours de 150 DH.

Quant à Agma Lahlou Tazi, elle conserve un rendement élevé (6,61%) malgré un dividende en baisse de 20 DH cette année-200 DH- et un cours qui a franchi les 3 000 DH. Le courtier en assurances a réduit le niveau de distribution des bénéfices même si ses résultats se sont inscrits en hausse en 2010.

Exceptions : Douze sociétés ne distribueront pas et cinq autres n’ont pas encore décidé
Parmi les sociétés cotées en Bourse, douze ne distribueront pas de dividendes cette année. La principale raison est la réalisation de déficits au titre de l’exercice 2010.

En effet, Diac Salaf et Med Paper affichent toujours des résultats dans le rouge. La première supportant ses charges fixes dans une situation d’arrêt d’activité, et la seconde suite au coût élevé de ses investissements et de son plan de restructuration. Fertima, Involys, Mediaco et Sofac ont également enregistré des déficits en 2010, en raison d’une mauvaise conjoncture sectorielle, de la montée des risques d’impayés ou de la constatation de charges non courantes. Pour leur part, Sonasid et Taslif viennent de réaliser leur première année de déficit, compte tenu d’un marché en surcapacité et de la réduction des marges pour la première, et de l’impact de l’affaire Salaf pour la seconde. Quant à Label’Vie, Risma, Rebab et Samir, elles ne vont distribuer aucun dividende malgré des résultats bénéficiaires, en raison d’investissements futurs d’envergure.

Par ailleurs, cinq autres sociétés n’ont pas encore communiqué l’affectation de leur bénéfice 2010. Pour la plupart, la décision n’a pas été encore prise. Il s’agit de Dari Couspate, Balima, Ennakl, HPS et M2M Group.

Souhaïl Nhaïli
La Vie éco


         
 
                         
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