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Académie Mohammed VI de l'aviation civile
Les diplômes se font attendre
Les quatre promotions de l'Académie n'ont pas encore reçu leurs diplômes. Les raisons de ce retard demeurent obscures.
Publié le : 17.08.2010 | 18h07
Les lauréats de l'Académie Internationale Mohammed VI de l'Aviation Civile ne savent pas à quel saint se vouer. Aucun diplôme n'a été délivré par cet établissement d'enseignement supérieur inauguré en 2000. Pour cause, le décret portant création de l'Académie n'est pas encore publié au bulletin officiel.
Aucun argument valable ne vient justifier ce retard qui met en péril la carrière de plus de 200 étudiants appartenant aux quatre premières promotions. Après 3 ans d'études laborieuses, ceux-ci se trouvent quasiment réduits au chômage, n'ayant que des attestations de réussite pour unique certificat d'études à l'AIMAC. Aujourd'hui, il semble que ce statu quo n'est plus tenable. Après une réunion sans résultat tenue avec le Président de l'Académie qui est en même temps Directeur Général de l'Office National des Aéroports (ONDA), les lauréats lésés ont choisi de hausser le ton.
Ils ont adressé, en mai dernier, une demande de régularisation de leur situation aux organismes de tutelle, à savoir le ministère de l'Education Nationale, de l'Enseignement Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique, le ministère de l'Equipement et du Transport, le ministère de la Modernisation des Secteurs Publics et l'Office National des Aéroports.
«Les trois premières promotions de l'Académie qui ont achevé leurs études n'ont pas encore reçu leurs diplômes.
Ainsi, face aux opportunités d'embauche étatiques, nous sommes incapables de présenter des documents officiels prouvant que les lauréats de l'AIMAC sont certifiés ingénieurs d'Etat en échelle onze », déplorent les lauréats dans leur lettre. Malheureusement, leur demande est restée sans écho. Ayant frappé à toutes les portes sans issue, certains d'entre eux ont fini par accepter cet état de fait et se sont débrouillés tant bien que mal pour trouver un emploi dans le secteur privé.
Celui-ci est le seul à accepter de les embaucher sur présentation d'une attestation de réussite, d'après un ancien lauréat de l'Académie qui a requis l'anonymat. « L'autre option qui existe, c'est de se faire recruter par l'Office National des Aéroports. A titre d'exemple, l'Office a embauché l'ensemble des étudiants des deux premières promotions et 13 sur 50 lauréats de ma promotion 2006-2009.
Les autres ont été soit recrutés par le privé, soit restés en chômage. Il y en a même qui ont eu des offres d'emploi décentes au secteur public, mais n'ont pu y accéder faute de diplômes», explique cet ancien lauréat qui déclare ignorer complètement les raisons du retard pris dans la délivrance des diplômes aux quatre promotions précédentes. Aucune clarification n'est également fournie par le Département de l'Enseignement Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique contacté par Le Matin. L'omerta totale règne sur cette affaire qui n'a fait surface que dernièrement, bien qu'elle remonte à 2005, date de sortie de la première promotion de l'Académie. D'où une question : pourquoi les étudiants ont-ils attendu tant d'années pour réclamer leurs droits légitimes? «Nous étions complètement pris par nos études », répond l'ancien lauréat de l'Académie. «De plus, nous avons reçu des informations inexactes concernant les débouchés de l'Académie.
Par conséquent, notre premier objectif était de réussir dans nos études, et on se souciait très peu du reste. Ce n'est qu'après la fin des études, lorsque le besoin de diplômes fut pressant pour rejoindre la fonction publique, que nous avons commencé notre bataille pour faire valoir nos droits », poursuit-il. Une bataille contre qui, contre quoi, personne ne parvient à voir clair dans cet imbroglio.
Le problème de diplômes est d'autant plus absurde que l'AIMAC a été placée sous l'égide d'un organisme étatique (ONDA) et qu'elle offre une formation de pointe très sollicitée dans le domaine de l'aéronautique. Plus encore, elle est partenaire de l'initiative de formation de 10.000 ingénieurs par an d'ici à 2010. Ce qui revient à dire que l'état actuel des choses ne rend service à personne. A la prochaine rentrée universitaire, la cinquième promotion sera reçue, alors que le problème n'est toujours pas résolu. Son avenir est placé entre parenthèses en l'absence d'aucun dénouement concernant l'affaire des diplômes.