Visas Italie: Ambiance de bétail, insécurité et arnaques



Visas Italie: Ambiance de bétail, insécurité et arnaques
Le centre d’assistance a été transféré dans un quartier résidentiel
Intermédiaires et samsara ont envahi le site créant le chaos
Marchands ambulants, bagarres à l’arme blanche, pollution...


Après le tollé soulevé par la fermeture du consulat américain, c’est au tour du centre italien d’assistance pour les visas et légalisation de créer la polémique. En effet, depuis le 30 mars dernier, celui-ci a décidé de déplacer son activité d’assistance pour les visas et légalisation dans le quartier Cité Plateau, toujours à Casablanca. Si le Consulat Italien se soulage ainsi d’une menace, en externalisant ce service (dépôt des demandes de visas et prise de rendez-vous) à une société indienne, celle-ci crée, en s’installant dans ce quartier, un véritable remue-ménage.
Les premiers concernés sont les riverains qui viennent de signer une pétition adressée aux autorités signifiant tout le chaos et l’insécurité qui découlent de cette nouvelle situation.
Si la société indienne VSF sert officiellement aux desseins du consulat, d’autres petits intermédiaires ont fleuri tout autour de ce site créant une véritable mafia organisée. Ces derniers, communément appelés «samsara», ont trouvé dans ce nouveau site un fief d’escroquerie caractérisée. En effet, la floraison de leurs affaires est facilitée par la naïveté des gens, leur ignorance et leur empressement.
La prise de rendez-vous étant une procédure pour décongestionner les foules, elle s’effectue normalement par téléphone. Mais cela semble une entreprise impossible, L’Economiste ayant tenté en vain d’accéder à ce service par téléphone. Un obstacle qui permet aux intermédiaires véreux de se faire leur «beurre». «Vous pouvez essayer par vous-même, cela ne donnera rien», affirme l’un d’eux qui passera le coup de fil à la place du requérant. Un appel qui lui coûtera autour de 200 DH, un peu moins s’il sait négocier. Le moindre petit renseignement vaut de l’or. Il est facturé au bas mot à 20 DH. Inutile de dire combien de crédules et d’inexpérimentés ont dû se faire avoir tout en remplissant les poches de ces cupides «samsara».

· «Hôtel moulana»

Pour avoir une autre idée des tarifs pratiqués là-bas, remplir un formulaire coûte entre 50 et 100 DH, tout dépend de la capacité à négocier. Et pour les nantis ou les pressés, nul besoin de se casser la tête: 1.000 DH suffisent pour abréger les démarches, sans qu’il y’ait besoin de rendez- vous.
Le comble, dans toute cette pagaille, c’est lorsque les personnes viennent de loin. Elles sont obligées de faire la queue pour attendre leur tour le lendemain. Là aussi, il y a matière à flouer. Un des entremetteurs se proposera de passer la nuit à leur place moyennant la modique somme de 300, qui peut aller jusqu’à 500 DH. Ceux qui n’ont pas les moyens de retourner chez eux, dormiront à la belle étoile, dans un petit terrain vague attenant, dans ce que les entrepreneurs appellent «hôtel moulana» (la maison du bon Dieu). Quand on y passe le plus clair de son temps à attendre, il faut bien se nourrir et se soulager. Aussi, le coin inspire-t-il certains petits commerces. Les marchands ambulants, les vendeurs de cigarettes au détail, les gardiens de voitures… tout le monde s’y met. Comme quoi, l’externalisation de la gestion des visas n’a pas fait que le bonheur des Indiens. Ce bonheur, s’est plutôt transformé en cauchemar pour les riverains du centre. «La sécurité qui existait dans le quartier a disparu, et les habitants sont presque agressés quotidiennement», précise Jaouad Chbani, un des habitants du quartier et signataire de la pétition. En effet, les frustrations de certains individus se soulagent par le biais de bagarres appuyées par des armes blanches.
L’insalubrité des lieux, quant à elle, se remarque partout. Des ordures, laissées par la consommation de plus de 700 demandeurs de visas par jour, ont envahi la rue. Les murs des maisons ainsi que les arbres servent d’urinoirs. «La situation est intolérable, nous avons été mis devant un état de fait. Nous avons réagi auprès des autorités qui nous ont promis une solution», affirme Chbani qui ne voit toujours rien venir. Ainsi, selon lui et certainement tous les autres, la meilleure solution serait que le centre se trouve un autre endroit. Or un autre endroit, si la démarche ne tient pas compte de ces désagréments, ne pourrait mettre fin aux pratiques maffieuses qui prennent en otages et la tranquillité et la bourse des gens.

l'economiste


         
 
                         
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