Un pacte national pour l’emploi... et après ?



La CGEM est décidée à se saisir sérieusement du dossier de l’emploi des jeunes. Conjoncture oblige, au sein de la confédération patronale, on force un peu plus le trait qu’à l’accoutumée et cela se ressent au niveau du ton adopté. La réunion exceptionnelle des plus grands chefs d’entreprise du pays, en moitié de semaine, aura été l’occasion de le comprendre.

Les patrons ne se voilent plus la face. On admet désormais sans gêne qu’au Maroc, les questions relatives à l’emploi n’ont pas été jusque là sérieusement traitées. Et on prend de plus en plus conscience que le développement économique, l’attraction des investisseurs et la croissance, érigés en priorités nationales, passent immanquablement par l’anticipation de l’éducation, de la formation et de l’employabilité des jeunes. Les 20 propositions phares pour développer l’emploi, annoncées en grande pompe en ce début de mois par la CGEM, cristallisent cette prise de conscience au niveau de la confédération des patrons. Rares sont les chantiers auxquels on a imprimé un rythme aussi soutenu. Après l’effet d’annonce de ces 20 mesures, le patronat enchaîne sur leur formalisation sous forme de pacte, lequel devrait être signé par plusieurs parties prenantes du côté du gouvernement. Aujourd’hui, l’organisation patronale se donne deux mois pour y parvenir. Jamal Belahrach, président de la Commission emploi et relations sociales de la CGEM, devrait à cet effet rencontrer les ministres des Affaires économiques et générales et son homologue au département de l’Emploi dans les jours qui viennent. On fixe déjà la hauteur de la barre : l’objectif minimum à atteindre est de réussir à inscrire cinq des vingt fameuses mesures dans la Loi de finances 2012, a assuré Belahrach, en marge de la présentation des mesures du patronat pour l’emploi.

Course contre la montre

Toutefois, cette course contre la montre n’attire pas plus que cela l’attention des décideurs pour l’heure. Plusieurs personnalités contactées ont confié ne pas être au fait des détails des 20 mesures proposées par le patronat. En sus, plusieurs des propositions formulées suscitent carrément des critiques (voir encadrés). Déjà six des leviers d’action proposés par le patronat s’articulent autour de la formation. L’objectif affiché est de remettre les pendules à l’heure au niveau de l’adéquation entre les compétences et les besoins des entreprises, actuellement véritable frein à l’employabilité des jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Les mesures prévues par le pacte pour résorber ce gap consistent entre autres en la mise en place de chèques formation pour les demandeurs d’emploi, afin de leur permettre d’accéder aux formations qualifiantes dans l’optique de doper leurs compétences. Chèques formation pour les entreprises, également, à quoi s’ajoutent la mise en place de crédits d’impôts formation, la création de congés individuels de formation ou encore le financement de bilans de compétences pour les réorientations professionnelles. Sur un autre volet, le pacte prévoit également le renforcement du mariage entre les universités et le monde des affaires.

L’ANAPEC, acteur essentiel

Les autres aspects du pacte concernent essentiellement l’embauche des jeunes et la promotion de l’entrepreneuriat. Les mesures prévues à ce niveau sont entre autres : pour les profils Bac+3 et plus, la création d’un contrat d’intégration professionnelle (CIP). Le cadeau fiscal pour l’employeur qui réalise ce type de contrat serait une réduction de 50% de l’IS du coût annuel total du salarié. Et il n’est pas question de faire des concessions sur le plan social, puisque ce contrat donnerait accès aux droits sociaux intégraux, y compris à la CIMR et s’étalerait sur une durée minimale de 24 mois. Une autre formule de contrat envisagée par le patronat consiste en un contrat de première expérience (CPE) en CDD, avec une période d’essai de six mois. Celui-ci serait assorti d’un salaire supérieur au Smig, serait d’une durée maximale de 24 mois et bénéficierait d’une réduction forfaitaire de l’IS de 15.000 DH par an et par jeune diplômé. Là encore, les droits sociaux ne sont pas sacrifiés, puisque le patronat suggère le versement intégral des droits sociaux. En outre, la CGEM préconise le repositionnement du contrat ANAPEC dans sa forme actuelle. L’idée est de donner un véritable statut aux salariés et de ne pas les considérer comme des stagiaires. Les opérateurs ont pour leur part une «whish list» déjà arrêtée, se rapportant au même contrat Anapec. En l’état actuel des choses, ceux-ci ne sont accessibles qu’aux adhérents inscrits à l’agence depuis six mois et le vœu est formulé pour les rendre accessibles aux intéressés dès la sortie de l’école. Aussi, les avantages du contrat ANAPEC ne sont accessibles qu’au titre du premier emploi, tandis qu’il est préconisé de les rendre accessibles pour une période donnée. Enfin, il est suggéré d’étendre le champ d’éligibilité aux contrats ANAPEC afin que ceux-ci soient accessibles aux candidats plus âgés et sans contrainte de niveau d’instruction.

les ecos


         
 
                         
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