Un contrat programme pour améliorer la compétitivité du secteur agroalimentaire



Un contrat programme pour améliorer la compétitivité du secteur agroalimentaire
Les industriels ont élaboré une feuille de route pour dresser à la tutelle l'état des lieux et les problématiques du secteur. Le ministère de l'industrie a reconnu la nécessité de mettre en place un contrat programme.

C’est pour sensibiliser les pouvoirs publics aux problématiques du secteur agroalimentaire que la Fédération nationale des industries agroalimentaires (Fenagri) a rencontré, vendredi 2 février, Abdelkader Amara, ministre du commerce, de l’industrie et des nouvelles technologies. Une séance au cours de laquelle les industriels ont pu dresser un état des lieux de la branche agroalimentaire, d’une part, et, d’autre part, souligner la nécessité de mettre en place, en partenariat avec les divers ministères concernés, un contrat programme visant à améliorer la compétitivité du secteur.

Aujourd’hui, l’industrie agroalimentaire ne représente que 4% du PIB alors que dans certains pays voisins, notamment la France et l’Espagne, ce taux est respectivement de 18% et 15% du PIB. Ce constat a été doublement établi par une étude interne effectuée par la Fenagri ainsi que par l’étude de Mc Kinsey commanditée par la fédération en 2010. Ce faible niveau de valeur ajoutée du secteur agroalimentaire, comparé à celui du secteur de l’agriculture (la valeur ajoutée industrielle représente moins du tiers de la valeur ajoutée agricole), est due, selon les professionnels, à deux facteurs essentiels : la fiscalité et l’accès aux intrants.
Concernant le premier point, les représentants de la Fenagri ont souligné que la fiscalité bloque la valorisation des produits agricoles. Exonérés, les agriculteurs ne veulent pas se lancer dans la transformation de leur produit, craignant une forte imposition de 30% au titre de l’impôt sur les sociétés et jusqu’à 38% au titre de l’impôt sur le revenu. Sans parler de la taxe sur la valeur ajoutée (20%) qui viendrait renchérir leurs produits. Tout ceci explique la faiblesse des investissements réalisés, durant ces dernières années, par les industriels du secteur d’une part, et, d’autre part, que l’essentiel des exportations de la branche porte sur les produits frais et en vrac. Une tendance que les professionnels souhaitent voir inversée par le biais d’un réaménagement fiscal.

La Fenagri et quatre ministères se pencheront sur la mise en place du contrat programme

La deuxième problématique du secteur est l’accès aux matières premières. Les industriels de l’agroalimentaire sont aujourd’hui contraints d’importer leurs intrants étant donné que la production agricole locale ne correspond pas à leurs besoins. Selon les conclusions de l’étude sectorielle, l’essentiel des intrants est importé et soumis à une forte taxation. Ce qui ne peut qu’affaiblir la compétitivité des entreprises.

Pour aider la filière agroalimentaire à se développer, pouvoirs publics et professionnels ont reconnu la nécessité de mettre en place un contrat programme visant l’amélioration de sa compétitivité. Une réflexion va être bientôt lancée dans le cadre de groupes de travail impliquant les industriels et les départements ministériels concernés, notamment les ministères de l’industrie, de l’agriculture, des affaires générales et des finances. Aucun calendrier n’a été retenu pour l’instant, déclare la Fenagri qui ne manque pas de souligner que les grands axes du contrat programme concernent une refonte de la fiscalité et la mise en place de mesures en vue d’une facilitation de l’accès aux intrants. Mais le contrat programme a aussi pour objectif de donner de la visibilité aux acteurs de l’agroalimentaire afin de favoriser leur croissance et de développer les investissements, qu’ils soient étrangers ou nationaux.

Les industriels, dans une feuille de route présentée au ministre de l’industrie, proposent une révision des taux de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu, d’une part, et, d’autre part, en vue d’encourager la consommation des produits transformés sur le marché local, une réduction du taux de la taxe sur la valeur ajoutée. La Fenagri suggère de ramener le taux de 20% à 14%, ce qui encouragerait la valorisation des produits agricoles, contribuerait au recul de l’informel et élargirait l’assiette fiscale.

Par ailleurs, la feuille de route des industriels retient la nécessité d’améliorer les conditions de commerce légal et de la gouvernance du secteur. Pour le premier point, les industriels estiment nécessaire de créer un environnement d’équité dans le commerce en luttant contre la sous-facturation, la contrebande et par une adaptation de la réglementation et de la normalisation. L’objectif de cette dernière mesure est d’assurer une équité entre les produits importés et ceux fabriqués localement. Enfin, pour une dynamisation du marché, les industriels proposent une ouverture sur les pays du Sud par le biais d’accords de libre-échange.
 

Aziza Belouas
www.lavieeco.com



         
 
                         
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