Très lourd déficit en pluie : 70% dans le Sud, 40% au Nord, 53% à Marrakech



Les pluies qui ont affecté diverses régions au Maroc, de manière plus ou moins intense à compter du jeudi 29 mars, permettront-elles de sauver partiellement la campagne agricole, sinon de réduire la pression sur les cours du fourrage et surtout régénérer les réserves d’eau qui, arrivée des chaleurs faisant, vont se réduire de manière plus accélérée. Il faut l’espérer car la saison 2011-2012 enregistrait, au mardi 27 mars, soit une semaine après l’arrivée du printemps, un déficit pluviométrique inquiétant : à date équivalente, on est largement en deçà de la moyenne sur les trente dernières années. Par exemple, au niveau des provinces sahariennes, la baisse par rapport à la moyenne est de 70% et peut même atteindre 100%, comme à Dakhla, où on n’a pas enregistré la moindre goutte de pluie.

Fès est à -4% mais Meknès affiche -20%

Certes, le déficit reste inégal, comme on peut en juger sur le Saïss où à Fès on est à -12 mm d’écart de précipitions (-4 % par rapport à la moyenne). Au 27 mars, le cumul des pluies a donné 333 mm à Fès contre une moyenne normale de 345 mm. A Meknès qui n’est pourtant qu’à 50 km, ce recul se creuse à -20%, avec -79 mm de moins qu’en année normale. Même constat, pour Chaouia ou Doukkala où le déficit s’établit autour de 30% sinon plus, la perte s’évalue à 100 mm cette année. A Marrakech aussi, les précipitations avaient cumulé à peine 75,6 mm contre la moyenne qui aurait dû se stabiliser autour de 162 mm, soit une baisse de 53%.
Dans le Souss également, le recul de la pluviométrie est très lourd, car on est très loin des 224 mm enregistrées en précipitations normales à la même période, le cumul à ce jour étant 71 mm à peine, soit une baisse de 68%. Pour El Jadida, la situation est moins alarmante puisque le cumul est de 232 mm contre la moyenne qui est de 240 mm. Mais une chose est sûre, le déficit est général car, même dans le Nord qui est la région la plus arrosée du pays, le recul des pluies est ressenti et quantifié par la Météorologie nationale tourne autour de 40%.

10 saisons de sécheresse sévère depuis 1900

Cependant, à la direction de la météorologie, on avance deux remarques : la première est que la saison n’est pas terminée et, deuxièmement, il s’est produit des situations similaires en 2006-2007 et 2007-2008 où, avec des reculs patents, le déficit a été comblée justement en avril et mai. Ce qui fait que l’on ne peut pas dire, à aujourd’hui, que nous sommes en année de sécheresse.
Question : d’où vient, pour cette année, un tel recul de la pluviométrie ? Contrairement aux trois précédentes années de bonne pluviométrie qu’a connue le pays, les masses d’air froides et chargées d’humidité, du fait de leur passage au dessus de l’Atlantique Nord qui viennent généralement du Groenland en hiver, ont été, cette année, repoussée vers le Nord par la zone de haute pression atmosphérique appelée anticyclone des Açores (en référence aux îles portugaises Açores situées en plein océan Atlantique à 1 500 km de Lisbonne). Ces masses d’air ont donc traversé la Sibérie et l’Europe centrale avant de revenir au Maroc par son flanc Est. Entretemps elles se sont déchargées de leur masse d’humidité, ce qui explique que l’Algérie et la Tunisie notamment aient connu une bonne saison pluviométrique. Cette année aussi, l’Oriental marocain, du fait de l’arrivée des précipitations du côté Est, a tiré son épingle du jeu avec des précipitations qualifiées de normales par rapport à la moyenne.
Enfin, la dernière question qu’on peut légitimement se poser est : sommes-nous, cette année, à la veille d’un cycle de sécheresse ? On parle de sécheresse lorsque les déficits pluviométriques se situent entre 20% et 37% -comme le Maroc en a connu, de triste mémoire, et dont les plus dures ont touché le pays depuis 1940- mais il faudra attendre fin mai pour être fixé. En attendant, il est intéressant de noter que, selon une étude faite par Maroc météo, le Maroc connaît une saison sèche, en moyenne tous les 13 ans. Depuis le début du siècle précédent, le Royaume a connu 10 saisons de sécheresse sévère. Les plus récentes sont celles de 1982-1983, 1994-1995, 1998-1999 et 1999-2000.

Maroc : Barrages remplis à 67.7% mais rien de très inquiétant
La situation des principaux barrages montre un déficit par rapport à la même période de l’année dernière. Au 27 mars, le taux global de remplissage était 67,7% contre 79,9%, il y a un an. En quantités on est à 10,6 milliards de m3 contre 12,5 milliards l’année dernière à pareille période. Si la situation est inégale pour les barrages de moyenne importance, la mobilisation au niveau de certains grands ouvrages montre un recul certain. Pour Oued Al Makhazine, on est aujourd’hui à 68% du taux de remplissage par rapport à 2011 où ce taux était de 92,4%. Prenons trois des plus grands barrages du pays : Al Wahda, dont la capacité est de plus de 3,7 milliards de m3. Aujourd’hui, il est à un taux de remplissage de 47,6 contre 56 ,7% l’année dernière. Pour Idriss 1er, le taux de remplissage est encore plus déficitaire puisqu’il mobilise 57,2% contre 72,9% à fin mars 2011. Par contre, à Bin Al Widane (+1,2 milliard de capacité), le taux de remplissage est aujourd’hui presque le même avec 77,7% contre 78%. La réserve en eau, à aujourd’hui, permet au Maroc d’assurer en eau d’irrigation deux saisons agricoles.
 

Mohamed El Maâroufi.
www.lavieeco.com



         
 
                         
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