Travail temporaire : Tous transparents, tous fraudeurs



Dans le secteur de l’intérim, tous les opérateurs se revendiquent transparents et en totale conformité avec la législation. Mais ils dénoncent, tout aussi unanimement, la concurrence déloyale (non transparente) à laquelle ils font face. Voilà une spécialité bien marocaine: être à la fois totalement d’accord et complètement désunis.
Au niveau du travail temporaire, deux associations revendiquent la représentativité des acteurs et se vouent une haine viscérale. Il s’agit de l’Aetto(1) et de l’Umett(2). Après des sorties médiatiques de l’Aetto fustigeant non seulement les pratiques frauduleuse et anticoncurrentielles mais aussi l’immobilisme des administrations, l’Umett décide de prendre la parole, à son tour, pour dire la même chose ou presque.
Les membres de l’Umett se sont donnés rendez-vous le mardi 27 mars pour traiter des points d’actualité concernant la profession. De cette réunion est sorti un document présentant l’association comme la plus représentative en termes de nombre d’adhérents, de salariés et de chiffre d’affaires, ce que lui conteste évidemment sa concurrente. Aussi, selon ce document, ses membres sont ceux qui versent le plus de cotisations à la CNSS. C’est justement au niveau du rapport à avoir avec cette administration que l’Umett marque sa différence par rapport à l’Aetto. Ses membres sont «unanimement étonnés face aux très rudes critiques qui ont été formulées envers cet organisme par d’autres associations de notre secteur». L’Umett considère «nécessaire de saluer le travail en profondeur réalisé depuis près de 4 ans par la CNSS notamment en matière de généralisation des télédéclarations et paiement informatisé». Pour autant, cet organisme, comme l’inspection du Travail et l’administration fiscale du reste, ne peut pas s’exonérer de leur responsabilité face à la prolifération du travail non déclaré (www.leconomiste.com).
En fait, le secteur souffre d’une concurrence «hard», notamment sur le segment de la gestion des temporaires et l’intérim courant non qualifié (ouvrières, secrétaires, opérateurs de saisie...) Ce qui ne contribue pas à améliorer son image vis-à-vis des jeunes chercheurs d’emploi.
«Sur ce créneau, nous assistons à une réelle dégringolade des marges», déplore Zahir Lamrani, président de l’Umett. Pour lui, «la profession n’est pas protégée; pis encore, elle accueille de plus en plus de nouveaux venus manquant de compétences requises». En fait, l’exercice du métier d’intérim est soumis à l’octroi d’un agrément. Or les professionnels voudraient prendre part à la commission de sélection pour «s’assurer du niveau d’expérience professionnelle et de crédibilité du demandeur», précise l’Umett. Cela revient à mettre des barrières à l’entrée face aux nouveaux entrants.
La principale condition exigée par la loi est le versement d’une caution équivalent à 50 fois le Smig annuel, exigence monétaire que certains opérateurs voudraient transformer en caution bancaire et que d’autres souhaiteraient revoir à la baisse. Aux dernières nouvelles, aucune des sociétés de travail temporaire ne l’aurait versé à ce jour.
Avec ou sans qualifications professionnelles, un promoteur capable de s’acquitter de la caution peut exercer l’intérim. En cas de manque d’expérience dans le domaine, il peut recruter les profils qualifiés afin d’assurer le management.
Aujourd’hui, le secteur de l’intérim compte 60 entreprises environ. Les deux associations confondues n’en représentent que le tiers. Est-ce à dire qu’en dehors de ce tiers, toutes les autres sont fraudeuses?
«Quand la CNSS effectue un contrôle, elle trouvera toujours le moyen de déceler une irrégularité», dira Lamrani.

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Contrat d’intérim

Dans une mission d’intérim, deux contrats sont signés, liant trois parties différentes.
Un contrat de prestation de service, appelé contrat de mise à disposition, entre l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise cliente. Et un deuxième contrat lie la première au salarié intérimaire.
L’entreprise d’intérim signe un contrat de mise à disposition pour chaque salarié. Les contrats groupés ne sont pas conformes à la loi. L’entreprise cliente, utilisatrice, doit s’assurer que les salariés intérimaires sont couverts par une police d’assurance AT (accident de travail) et MP (maladie professionnelle).
La loi limite le recours à l’intérim à 3 situations: remplacement d’un salarié dont le contrat est suspendu, accroissement temporaire de l’activité de l’entreprise ou si la nature du travail est saisonnière ou reconnue par les usages comme ne pouvant pas faire l’objet d’un CDI. Dans la réalité, peu d’entreprises observent ces restrictions.




         
 
                         
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