Tourisme : le Maroc reçoit une clientèle de moins en moins dépensière



Tourisme : le Maroc reçoit une clientèle de moins en moins dépensière
La baisse des prix des chambres entraîne l'arrivée de clients à faible pouvoir d'achat. Ils ne consomment plus d'extras à l'hôtel.

Avec la crise qui dure, le secteur du tourisme connaît de fortes pressions. Non seulement les arrivées et les nuitées dans les établissements d’hébergement classés sont en baisse, mais les touristes consomment moins durant leur séjour. Leur comportement actuel tranche avec celui des années 80 et même 90 durant lesquels beaucoup dépensaient sans compter. En guise d’illustration, des professionnels de Marrakech aiment à raconter l’histoire d’une grande personnalité étrangère qui avait laissé un pourboire d’un million de DH au personnel d’un grand palace de la ville. De nos jours, ce genre de touriste n’existe pratiquement plus, explique un bazariste qui a vu, cependant, un Russe  acheter pour 120 000 DH de cadeaux. Mais, c’est l’exception, dit-il. Le même bazariste raconte, presque déçu, qu’un grand banquier européen, accompagné de sa femme, a tout juste dépensé 5 000 DH.
Le phénomène est moins flagrant à Casablanca car la ville a, dès l’origine, eu une vocation pour le tourisme d’affaires, et accueille de plus en plus une clientèle plutôt aisée, arabe et d’Afrique subsaharienne qui achète beaucoup. Mais la capitale économique reste une exception.
Selon un hôtelier de Tanger, le changement de comportement peut être expliqué par le niveau des prix des chambres. «Dans la mesure où les agences de voyages négocient avec les hôteliers des prix très bas (par exemple jusqu’à 180 DH la nuitée dans un 4*), qu’elles  revendent à 250 ou 300 DH, il est normal que nous n’attirions plus qu’une clientèle à faible pouvoir d’achat qui consomme peu», commente-t-il. Abdellatif Kabbaj, patron de la chaîne Kenzi, confirme ce constat. «Ces clients achètent leur bouteille d’eau et leur nourriture à l’extérieur, et notre personnel chargé de contrôler ferme  les yeux pour ne pas les fâcher», conclut-il.

En 2008, le touriste visitant le Maroc dépensait 935 dollars en moyenne

Il y a une part de vérité dans ce constat, mais il est réducteur, estime un agent de voyages. Le touriste ne se comporte plus de la même manière pour d’autres raisons liées à la crise qu’il vit chez lui. Il est révolu le temps où le touriste en plus de son package, payait une facture d’extras à l’hôtel, repartait avec un tapis, ou un autre objet de valeur, du bazar, sans trop se soucier du prix. Aujourd’hui, le touriste, quand il n’a pas pris la formule «all inclusive», réfléchit à plusieurs reprises avant d’engager une dépense.
Jamal Saâdi, le président des guides de Marrakech, habitué à escorter des groupes depuis des années, avance que les achats moyens par touriste ont sensiblement baissé. En accompagnant il y a quelques jours un groupe de 12 personnes pour faire ses achats au bazar, la facture totale comptabilisée par le marchand ne dépassait pas les 3 000 DH sur lesquels le guide touche une ristourne de 10%. «Un tel groupe aurait dépensé au moins 20 000 DH avant la crise», regrette Jamal Saâdi. Un autre groupe de 20 touristes français a dépensé en tout et pour tout 5 000 DH chez le marchand d’épices. Le président des guides de Marrakech précise que les touristes, toutes nationalités confondues, ont non seulement réduit leurs achats en volume, mais ont aussi changé leur mode d’achat. Ils sont aujourd’hui plus attirés par les produits bio, les produits du terroir, plus généralement par le commerce équitable, notamment dans les coopératives qui font travailler les femmes. Pour les produits artisanaux, ils sont aussi plus exigeants sur la qualité et leur préférence va vers les objets fonctionnels ou carrément les produits conçus par des designers.
Ainsi, les artisans sont poussés de plus en plus à s’adapter aux exigences de cette nouvelle demande en produisent des produits qui sortent des sentiers battus. Cette tendance ne touche pas encore les artisans dans toutes les destinations nationales, mais elle est fortement visible dans une ville comme Marrakech. Par ailleurs, il y a très peu de demandes pour les excursions et les activités de loisirs facultatives (dîner en ville, spectacles, etc.), ou alors ces prestations sont négociées au centime près.
Selon un restaurateur, les groupes quand ils sortent de leur hôtel viennent pour un menu, à 300 ou 350 DH tout compris, négocié bien à l’avance par les accompagnateurs.
L’Office national marocain du tourisme (ONMT) avait réalisé en 2008 une enquête qui montrait, entre autres caractéristiques, que les touristes qui visitaient le Maroc dépensaient en moyenne 935 dollars par tête contre 354 en Tunisie et 804 en Turquie.  Au vu des déclarations des professionnels, qui soulignent que les touristes les plus dépensiers étaient les Américains, les Anglais, les Italiens, et ceux des pays arabes, ces chiffres semblent caducs.
 
Mohamed Moujahid. La Vie éco

 



         
 
                         
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