Tourisme : Recettes en hausse, opérateurs en difficulté



Tourisme : Recettes en hausse, opérateurs en difficulté
Hamid Addou croit que les opérateurs touristiques sont amnésiques et pense que son «plan ambitieux pour redynamiser le secteur en 2012» effacera, comme par un coup de baguette magique, le «panique management» qui semble s’emparer de bon nombre parmi eux. Il en est ainsi de la promesse faite par le directeur général de l’Office du tourisme (ONMT), le 21 février à Casablanca, de baser son plan d’action de promotion sur de «nouvelles pistes de communication avec l’avènement du digital, pour garantir une présence continue et diffuse» de la destination Maroc.
Les chiffres avancés par Addou, devant prouver les résultats qu’il qualifie de «stables dans une conjoncture difficile» pour valider la résilience du secteur, cachent mal la réalité. Oui, à fin 2011, ils étaient 9,34 millions de visiteurs à franchir nos postes-frontières, soit une augmentation de 1% par rapport à 2010. Oui, les recettes ont augmenté de 4% à 59 milliards de DH ainsi que le nombre de lits additionnels de 12.500 (+7%)… mais le volume d’affaires lui, et c’est ce qui compte pour les opérateurs, a baissé de 20%, le prix moyen de 12%, le taux d’occupation de 15 points (à 40%) et les nuitées de 6%. Sur ce dernier volet, huit des douze principales destinations du pays dont les têtes de pont, Marrakech et Agadir, affichent une variation négative. Cela se traduit par le gap entre les arrivées aux postes frontières et dans les halls des établissements d’hébergement classés, du fait du nombre important de MRE parmi elles, plus de 3 millions selon certaines estimations. C’est le même phénomène observé entre les recettes qui explosent, dans lesquelles on met tout dont le change manuel, et les opérateurs qui broient du noir.  Autres paradoxes. Marrakech continue d’attirer 31% des investissements en capacité litière sur les 12.500 additionnels en 2011. Fès et Saïdia et Agadir en captent 30%. D’où la sempiternelle question de régulation de l’investissement touristique encore servie à l’occasion au nouveau ministre MP du Tourisme, Lahcen Haddad, pour une meilleure répartition à condition bien sûr que ça soit un investissement à valeur ajoutée.  
Pour le moment, l’ONMT semble voir une éclaircie. La récession et l’état de déstructuration du tourisme en Europe, qui forme 80% des arrivées sur le Maroc, entraînent forcément une contraction de l’activité. La baisse de l’activité aérienne de 18% des compagnies desservant le Maroc fait aussi que l’accessibilité va perdre sa souplesse sur la destination, vu que le coefficient de remplissage des avions est déjà assez bas, environ 68%. Reste à espérer, selon Kamal Bensouda, président de l’Observatoire du tourisme, que les compagnies aériennes assouplissent leurs tarifs pour générer de la demande additionnelle. Le Maroc a plus que résisté que les destinations concurrentes, mais «on est loin des 20% de plus gagnés ces trois dernières années», reconnaît le directeur général de l’ONMT. Dans sa dernière note de janvier 2012, l’Association des voyagistes méditerranéens relève que la Méditerranée a perdu plus de 12 millions d’arrivées au Maghreb et au Machrek. La région perd des parts de marché régulièrement depuis plus d’une décennie, passant de 34% des arrivées mondiales en 2000 à 30,5% en 2011. Cette baisse est compensée, selon le président fondateur de l’association, Etienne Pauchant, par le dynamisme des rives Sud (du Maroc à l’Egypte) et Est (de la Palestine à la Turquie, qui ont crû pendant la même période de 5,7 à 9,7%. C’est pour cela, pronostique Bensouda, qu’«au moment où le tourisme va repartir sur les autres marchés, le Maroc fera le plein». Cela dit, l’Observatoire du tourisme s’attend à une année 2012 mitigée qui, de l’avis même de son président, devrait obliger tous les professionnels à être plus présents sur les marchés émetteurs, non pas pendant les salons, comme semble le réclamer la Fédération du tourisme (FNT), demandant publiquement par la voix de son président, Ali Ghannam, une ristourne ou remise sur les frais de participation, mais en démarchage agressif «b to b» pour préserver leur position. Aux différentes crises s’ajoutent une profonde modification de la distribution du tourisme et l’arrivée d’un nouveau mode de consommation, l’Internet. Le schéma d’un T.O qui programme le voyage (package transport et hébergement) et un agent de voyages qui le vend, est appelé à disparaître. Aujourd’hui, le web est utilisé par près de 70% des touristes pour organiser et acheter une séquence de tourisme. De plus, «les comparateurs ont fait leur apparition vers 2005, scannant sans cesse le web pour y trouver l’offre la moins-disante», tirant les prix vers le bas.


l'economiste


         
 
                         
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