Territorialisation: L’Oriental en ordre de marche



Territorialisation: L’Oriental en ordre de marche
Oujda dans le rôle de pont de bon voisinage avec l’Algérie.
1,9 milliard de DH dans de nouvelles infrastructures routières.
Plateformes industrielles intégrées: énergies, agro-industrie, offshoring…
Avec la volonté de valoriser son territoire, la région de l’Oriental s’est mise en ordre de marche dès le lendemain du discours du Souverain à Oujda, le 18 mars 2003, scellant le pacte de la stratégie de son développement. Le chemin à suivre est donc tout tracé: «Nous voulons voir cette région accéder, conformément à sa vocation de pôle maghrébin, et au rôle qui lui revient comme pont solide de bon voisinage et de fraternité sincère avec le peuple algérien frère auquel nous unissent les liens de l’histoire, les défis du présent et les aspirations de l’avenir, et auquel nous souhaitons le plus grand bien».

Huit ans après, tous les leviers de compétitivité des différents terroirs qui composent la région sont activés. L’initiative royale pour le développement de la région fonde une nouvelle vision destinée à créer un nouveau pôle de compétitivité à l’est du pays, sur des programmes structurants (voir carte). Pour porter cette ambition, initier et soutenir l’ensemble des programmes qui vont y contribuer, l’Agence de l’Oriental a été créée et officiellement constituée en mai 2006.

• Voie express. C’est le Souverain qui a présidé avant-hier à Oujda à la signature de la convention relative au financement du projet de la voie express Oujda-Nador. Il porte sur le dédoublement de la route nationale 2 reliant Ahfir à Selouane sur 83 kilomètres, la construction de la voie de contournement de la ville de Berkane sur 14 km et de la quatrième voie d’El Guerbouz sur 4 km, ainsi que la réalisation de six ouvrages d’art sur la nationale 2 et de deux ouvrages sur la voie de contournement de Berkane. Le coût global s’élève à 1,25 milliard de DH. Il sera financé à hauteur de 600 millions de DH par le ministère de l’Intérieur, 350 millions de DH par le Budget général de l’Etat et 300 millions de DH par le ministère de l’Equipement et du transport. Le projet sera achevé en 2015.

Le projet de dédoublement de la voie de contournement ouest de la ville d’Oujda sur 6,3 kilomètres coûtera 67 millions de DH. Ce projet décongestionnera la circulation à l’intérieur d’Oujda et facilitera l’accès à l’autoroute des usagers en provenance de Saïdia, Ahfir et Berkane. Son financement sera assuré par l’Equipement (23 millions de DH), l’Habitat (22 millions de DH), l’Intérieur (17 millions) et le conseil municipal de la ville (5 millions). Ce projet est livrable en 2013.

• STEP. La Station d’épuration d’Oujda a coûté 255 millions de DH. Sa réalisation vient compléter un programme global d’assainissement liquide de la ville et ses alentours de 550 millions de DH. La STEP d’Oujda permettra le traitement de près de 40.000 m3 d’eaux usées par jour. Cette station, dont le procédé d’épuration est de type lagunage aéré, est considérée comme la plus grande du pays. Elle s’étend sur 60 ha. Elle est aussi caractérisée par une filière complète d’épuration allant du prétraitement (dégrillage et dessablage), traitement primaire (10 bassins anaérobies), traitement secondaire (12 bassins d’aération en deux étages), jusqu’au traitement tertiaire (21 bassins de maturation). La station permettra la réutilisation à des fins agricoles des eaux usées épurées à travers l’irrigation d’environ 1.200 ha. Vingt-deux lits de séchage sont aussi réalisés pour le traitement des boues résiduaires, en plus d’un intercepteur des eaux usées vers la STEP sur 7 km et une station de pompage des eaux rejetées vers la station d’une capacité de 1.700 litres/seconde. Ce projet a été financé conjointement par l’Etat dans le cadre du Plan national d’assainissement liquide et la Régie autonome intercommunale de distribution d’eau et d’électricité d’Oujda (RADEEO) grâce à un prêt de la Banque européenne d’investissement.
Le secrétariat d’Etat chargé de l’eau et de l’environnement a réalisé pour sa part les travaux complémentaires relatifs au traitement tertiaire pour un montant de 35 millions de DH.

Pourquoi engager une telle politique volontariste? La raison évoquée est assez simple. «L’Oriental jouit d’atouts très favorables et d’une excellente image», relève Taoufiq Boudchiche, directeur Pôle coopération internationale et promotion économique à l’Agence de l’Oriental. Mais, et le «mais» est d’importance, cette image de marque ne se traduit pas assez dans les investissements directs. Un état de fait qui réduit presque à leur plus simple expression les 25% des transferts annuels des MRE attirés par l’Oriental. Une région qui, en termes de dépôts bancaires des MRE, est de loin la première du pays. Ces dépôts sont estimés à près de 1 milliard de DH par an. Une manne dont Boudchiche dit qu’«il faut un travail de conversion en termes d’investissement dans des activités industrielles» au lieu, comme c’est encore le cas, de l’immobilier.

• Oujda. La capitale régionale, dans le rôle de la promotion du savoir et des technologies de l’industrie avec une forte dose dédiée à l’économie verte. La Technopole, à proximité de l’aéroport de la ville, inscrite dans le cadre du pacte nationale pour l’Emergence industrielle, s’ouvre à diverses activités à valeur ajoutée. Ce projet intégré sur le modèle des «clusters» de compétitivité régionaux est articulé autour d’un parc industriel et logistique (Cleantech), de l’activité tertiaire et offshoring, du commerce, de la formation et la recherche & développement. Il s’agit de la première Plateforme industrielle intégrée (P2i), dédiée aux activités de fabrication des équipements des énergies renouvelables, avec une 1re tranche en phase d’achèvement. Elle est répartie comme suit:

- Parc industriel «Cleantech», dédié aux activités de fabrication des équipements pour le développement durable, en particulier ceux relatifs aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, sur une superficie de 40 ha pour la première tranche, et 56 ha pour la deuxième tranche. Il a été inauguré le 31 mai dernier par le Souverain et a reçu les premières entreprises locatrices «sélectionnées selon des critères rigoureux pour garantir la pérennité de la vocation du parc», rappelle Taoufiq Boudchiche. Les entreprises éligibles peuvent bénéficier du fonds dédié à l’énergie d’un montant de 1 milliard de dollars. Pour permettre la création des conditions nécessaires à l’émergence et au développement d’un pôle de compétitivité dédié à la production des équipements destinés aux filières des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, Cleantech est doté du statut de zone franche. Cette zone, composante-phare de la Technopole d’Oujda s’il en est, permettra de mettre en place les conditions de création d’un cluster de compétitivité axé sur le développement durable.
- Un campus sur une superficie de 36 ha pour la formation dans les domaines liés aux projets phares de la région et un pôle tertiaire (offshoring et métiers du tourisme)
- Une zone PME, spécialisée dans les équipements destinés aux énergies renouvelables, au traitement de l’eau et à l’économie verte de manière générale, sur une superficie de 23 ha. L’objectif est de développer une offre industrielle pour répondre à la demande locale et régionale.
- Un parc dédié aux activités logistiques sur 23 ha.
- Un retail park et show-rooms, une plateforme commerciale à vocation régionale, sur une superficie de 20 ha.

• Berkane. L’Agropole de Berkane fait partie d’un programme global de réalisation de six plateformes à l’échelle nationale. Il devrait contribuer à attirer des investissements très importants dans les filières agricoles et agroalimentaires. Selon les premières prospectives, l’investissement induit par ce méga-projet avoisine le milliard de dirhams. L’objectif étant d’assurer une valorisation optimale de toute la production agricole de la région pour un maximum de valeur ajoutée. Il s’agit pour la région de «concrétiser quatre projets d’agrégation devant permettre d’agréer quelque 120.000 tonnes d’agrumes, soit 50% de la production, avec ce qui en suivra en termes d’augmentation de la valeur ajoutée en faveur des agrégateurs», rappelle Boudchiche.
• Nador. Le Parc industriel de Salouane comportera 166 lots destinés aux PME, 12 pour une zone commerciale, 8 pour la recherche et le développement ainsi qu’une plateforme logistique. Comprenant des unités prêtes à l’emploi, des hôtels et des espaces verts de loisirs et d’animation, le parc, qui offrira plusieurs services aux entreprises notamment la formation professionnelle, un guichet unique, la logistique et la maintenance, ainsi que la restauration des entreprises, devrait générer 12.000 emplois directs.

L'economiste



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