Solde budgétaire : 6% de déficit en 2013



Solde budgétaire : 6% de déficit  en 2013
L'exécution des recettes et des dépenses dégage un solde déficitaire de 52.5 milliards de dirhams. Le PIB réel aurait progressé de 4.4% et l'inflation de 1.4%, selon le HCP. Pour 2014, tous les centres de prévisions tablent sur une croissance inférieure à 4%.

Polémique autour du déficit budgétaire en 2013 et de la croissance en 2014 ! Après la conférence de presse du Haut commissaire au plan, Ahmed Lahlimi, mercredi 22 janvier, au cours de laquelle il annonça les résultats préliminaires de clôture de l’exercice 2013 et les prévisions pour 2014, comme il le fait chaque année à la même période, le ministère des finances publie un communiqué dans lequel il fait part, lui, «des résultats provisoires de l’exécution de la Loi de finances 2013», en précisant à la fin de sa note qu’il maintenait sa prévision de croissance à 4% pour 2014, ce qui serait de nature, selon lui, à stabiliser le taux de chômage à son niveau actuel de 9%.

Que dit le HCP dans ses statistiques ? Que la croissance s’est améliorée à 4,4% en 2013, mais qu’elle devrait ralentir à 2,4% en 2014 ; que le déficit du compte courant s’allègerait progressivement, en passant de 10% en 2012 à 8,1% en 2013 et à 7,9% en 2014 ; que le déficit budgétaire serait retombé à 6% du PIB en 2013 contre 7,3% en 2012 ; que la dette du Trésor ressortirait à 63,5% du PIB en 2013 et à 67,5% en 2014; que le taux de chômage remonterait à 9,1% en 2013 (contre 8,2% en 2012) et à 9,7% en 2014.

Le ministère des finances, estime, lui, sur la base des résultats provisoires de l’exécution de la Loi de finances 2013, que le déficit budgétaire au cours de cet exercice est contenu à 5,4% du PIB contre 7,3% en 2012 ; que la dette du Trésor se situe aux alentours de 62,5% du PIB contre 59,6% en 2012; que les réserves de change couvrent 4 mois et 10 jours d’importations de biens et services; que la croissance en 2014 serait de 4%, comme il l’avait déjà prévu, et qu’en conséquence le taux de chômage se maintiendrait à son niveau actuel de 9%.

Comme on le voit, sur certaines grandeurs, les écarts sont importants entre les deux sources : en particulier sur le niveau du déficit budgétaire en 2013, sur la prévision de croissance en 2014, et sur le taux de chômage en 2013 comme en 2014.

D’abord, sur le déficit budgétaire en 2013 : 6% pour le HCP et 5,4% pour le ministère des finances. 0,6 point d’écart, ce n’est pas négligeable à ce niveau ; ça représente quelque 5 milliards de DH. Pour l’observateur, la question qui se pose ici et qui n’a été soulevée par personne est celle de savoir sur quel niveau de PIB et d’inflation le ministère des finances s’est basé pour calculer le déficit budgétaire et le taux d’endettement du Trésor (puisque ces deux variables, par convention, se calculent par rapport au PIB non déflaté) ? Le HCP, lui, a donné et le taux de croissance du PIB réel estimé en 2013 (+4,4%) et celui de l’inflation (+1,4%) qui est à distinguer de l’indice des prix à la consommation (+1,9%). Sur cette base, et compte tenu du PIB nominal réalisé en 2012, il est facile de calculer le déficit budgétaire de 2013, pour peu que l’on dispose du montant de ce déficit.

Quelle croissance, quelle inflation et quel solde budgétaire en valeur en 2013 ?

La Vie éco a cherché à obtenir l’information auprès du ministre du Budget et n’y est pas parvenue. Il semble toutefois que le ministère des finances se soit basé sur sa prévision de croissance pour 2013 qui est de 4,8%. Reste à savoir le montant en valeur du déficit budgétaire tel qu’il ressort de l’exécution des recettes et des dépenses. La Trésorerie générale du Royaume (TGR) vient justement de publier son bulletin mensuel des finances publiques, au terme duquel elle indique que le déficit budgétaire s’élève à 52,5 milliards de DH.

Si le solde budgétaire était celui-là, et en prenant comme base la prévision de croissance du ministère des finances (4,8%) et un taux d’inflation supérieur (+1,9%) à celui du HCP (l’inflation contribuant à gonfler le PIB), on obtiendrait un déficit budgétaire de 5,94%.

Maintenant, il semble que le solde budgétaire publié par la TGR n’est pas exactement celui qui est pris en compte par les Finances pour le calcul du déficit (est-ce pour des raisons liées à l’année de rattachement de certaines dépenses ?).

Mais dans tous les cas, l’écart entre les deux montants ne doit pas être si important que cela. A supposer même que le solde reste à son niveau de novembre, soit -50,5 milliards de DH, et que le PIB ait effectivement crû de 4,8%, comme le prévoit le ministère des finances, le déficit budgétaire ressortirait quand même à 5,7%. Au total, et en l’état actuel de la disponibilité des statistiques, le chiffre du HCP paraît plus proche de la réalité du déficit. En prenant au dénominateur un PIB nominal en hausse de 5,8% (4,4% de croissance et 1,4% d’inflation) et au numérateur un solde négatif de 52,5 milliards, le déficit budgétaire pour 2013 ressortirait exactement à 5,99%.

Cela dit, les divergences, voire les polémiques sur les chiffres, contrairement à ce qui se dit ici et là, est monnaie courante ; en Occident surtout. Il n’y a qu’à observer les interminables débats en France sur le niveau de croissance, sur l’inflation, le chômage, etc. Et compte tenu de l’importance du PIB de la France, on s’invective parfois sur…une décimale. Il est vrai cependant que l’on finit toujours par adopter les chiffres officiels, ceux de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), l’équivalent marocain du HCP. Car, c’est l’INSEE (le HCP pour le Maroc) qui est le mieux outillé (parce que investi de cette mission) pour produire les statistiques concernant la comptabilité nationale trimestrielle et annuelle, donc la croissance entre autres, l’évolution des prix, donc l’inflation, le niveau de l’activité, donc le taux de chômage, le recensement de la population, donc l’évolution démographique, etc. Ce qui n’empêche en rien d’autres institutions de se livrer à l’exercice de la prévision ; la prévision n’ayant que la valeur…d’une prévision (voir encadré). Mais l’arrêté des comptes nationaux, c’est en principe la mission d’une seule institution, le HCP au Maroc. Et, soit dit en passant, même lorsque les comptes sont arrêtés, ils ne sont jamais une photographie de la réalité, ici comme ailleurs. Aucun pays, quelle que soit la sophistication des moyens dont il dispose, n’arrive à mesurer avec exactitude le niveau de sa production annuelle, celui de l’inflation ou du chômage. Mais tous essaient à travers des outils et des modèles sans cesse améliorés d’en restituer l’essentiel.

Si, objectivement, la réalité est déjà difficilement cernable, ne serait-ce qu’en raison de l’existence de l’informel, quid alors de la prévision qui, comme son nom l’indique, tente d’appréhender le futur (proche, c’est vrai), lequel, par définition, est incertain ? Ce qui n’est pas une raison de ne pas faire de la prévision, car, malgré ses limites, elle offre des éclairages, des perspectives et permet d’orienter l’action. Ce qui n’est déjà pas mal.

Les prévisionnistes tablent sur une croissance inférieure à 4% en 2014

Tous les prévisionnistes, à ce stade de l’année, tablent sur une croissance en 2014 inférieure à 4% : 3,8% pour le FMI, 2,4% pour le HCP, 2,7% pour le Centre marocain de conjoncture (CMC), 3,6% pour la Banque mondiale, et entre 2,5% et 3,5% pour Bank Al-Maghrib. La cause de ce repli réside principalement dans la baisse prévue de la valeur ajoutée du secteur primaire (-3,9% selon le HCP), suivant l’hypothèse centrale d’une production céréalière moyenne de 70 millions de quintaux. Avec 97 millions de quintaux réalisés en 2013, la baisse est mécanique.

La croissance hors agricole, qui n’aurait pas dépassé 2% en 2013, s’améliorerait, elle, à 3,6% en 2014, mais resterait inférieure de 1 point par rapport à la moyenne (4,6%) enregistrée entre 2010 et 2012 et de 1,4 point par rapport à la moyenne (5%) des années 2000. Ceci en raison principalement de la récession qui a frappé le secteur secondaire (les mines et le BTP en particulier) en 2013. Partant de là, et compte tenu de l’amélioration de la demande étrangère anticipée pour 2014 (+4,7% au lieu de +1,6% en 2013), les activités du secteur secondaire (qui comprennent les mines, l’industrie, le BTP et l’énergie) devraient croître de 1,9%, mais on est loin par exemple des 4% réalisés en 2011 ou, mieux encore, des 6,4% de 2010.

Pour le ministère des finances, cependant, ce sera 4% pour 2014. Espérons qu’il aura raison !

 
Salah Agueniou. La Vie éco



         
 
                         
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