Solar Impulse, Coup de promo pour le Plan solaire



LES pilotes de l’avion Solar Impulse et les dirigeants de Masen ne pouvaient pas espérer mieux qu’un atterrissage du premier vol intercontinental de cet aéronef le jour où le monde célèbre la Journée internationale de l’Environnement (5 juin). Le départ vers le Maroc était prévu initialement la semaine dernière, mais les mauvaises conditions climatiques avaient retardé le décollage de cet avion écologique, après une escale technique à Madrid. Quelques heures seulement avant son atterrissage, Fouad Douiri, ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, organisait une conférence pour présenter le Livre blanc du développement durable au Maroc. Ce document sera présenté à l’occasion du Sommet de Rio +20, prévu dans quelques semaines. Ce document dresse le bilan des réalisations depuis le premier Sommet mondial sur l’environnement en 1992. «Il s’agit notamment des différentes actions menées pour la mise en place d’une économie verte, à travers des stratégies relatives à l’eau, aux énergies renouvelables, ou encore des Plan sectoriels comme la Vision 2020 pour le tourisme, ou Maroc Vert pour l’agriculture», a expliqué Douiri.

Le Maroc prêt pour Rio+20

Le Livre blanc marocain a été articulé autour de quatre thématiques, à savoir celles de la gouvernance, du social, de l’économique et de l’environnemental. Le ministre, qui a rappelé l’adoption de la Charte nationale de l’environnement et du développement durable en février 2011, a annoncé la préparation d’un projet de loi pour la concrétisation de ces principes. Le texte est prévu pour la fin de cette année. Le programme solaire fait partie de la stratégie de développement durable, «auquel le Maroc a annoncé son attachement à la première conférence de Rio par le Roi, alors Prince héritier. Aujourd’hui, c’est l’occasion de revenir à ce sommet pour montrer ce qui a été réalisé par le Maroc», a souligné Mustapha Bakkoury, président du directoire de Masen.
L’arrivée de l’avion solaire traduit parfaitement l’esprit de coopération entre l’Agence et les initiateurs de ce vol intercontinental dans le domaine des énergies propres. Solar impulse, qui a atterri à l’aéroport Rabat/Salé mardi dernier à 23h27, a trouvé à son accueil une brochette de personnalités, dont des ministres comme Fouad Douiri, ministre de l’Energie, Abdelkader Amara, en charge de l’Industrie, Lahcen Daoudi, de l’Enseignement supérieur, ou encore Zoulikha Nasri, Conseillère de Sa Majesté, et Ali Fassi Fihri, DG de l’ONE et de l’ONEP. Cet avion écologique a réussi l’exploit de voler plusieurs heures, de Payerne en Suisse jusqu’à Rabat, après une escale à Madrid, soit l’équivalent de 2.500 km, sans une goutte de carburant. Cela montre que «l’énergie solaire est une technologie fiable», a souligné André Borschberg, l’un des deux pilotes de cet avion. C’est pour cela que «nous n’avons plus le droit de ne pas utiliser l’énergie solaire pour des usages quotidiens comme la production de l’électricité et le chauffage», a estimé Bakkoury. Un constat partagé par Bertrand Picard, le pilote qui a réussi un atterrissage spectaculaire sur le tarmac de l’aéroport Rabat/Salé. Selon lui, «les technologies utilisées pour faire fonctionner cet avion peuvent servir à d’autres utilisations pratiques». Désormais, «le solaire n’est plus seulement une affaire de scientifiques», a noté Bakkoury. Car «ce vol intercontinental a permis de prouver que l’on peut réaliser des choses qui peuvent paraître a priori impossibles», a souligné Picard, dans un clin d’œil au gigantesque projet marocain de l’énergie solaire.
En effet, «le Maroc s’est fixé une stratégie ambitieuse, qui permettra de développer des projets structurés autour des énergies renouvelables. Aujourd’hui, c’est l’occasion de démontrer que ce n’était pas un pari», a avancé le président du directoire de Masen. Le Maroc va se doter du plus grand parc solaire au monde, à Ouarzazate, qui sera la prochaine destination de cet avion, après une dizaine de jours d’escale à Rabat. Il s’agit là d’un joli coup de promo pour le volet solaire du programme marocain des énergies renouvelables. L’équipe de Solar Impulse a prévu une série d’événements durant son séjour pour communiquer autour du projet marocain. «Nous allons promouvoir le programme solaire marocain auprès des écoliers et des universitaires, mais aussi des acteurs politiques et industriels», a fait savoir Picard.
Le vol vers Ouarzazate sera également l’occasion de donner une visibilité internationale à ce site qui abritera la première centrale solaire du programme prévoyant la production de 2.000 mégawatts à l’horizon 2020, soit 14% de la capacité électrique à cette date. L’objectif est de réduire la dépendance du Maroc aux énergies fossiles, pratiquement toutes importées, alourdissant le Budget de l’Etat de plusieurs milliards de DH. A terme, ce projet permettra d’économiser annuellement 1 million de tonnes équivalent pétrole et éviter l’émission de 3,7 millions de tonnes de CO2. S’étalant sur 3.000 hectares, le parc solaire de Ouarzazate permettra la production de 500 mégawatts lors de sa mise en service en 2015. Le lancement de la construction de la première phase de ce projet, d’une capacité de 160 mégawatts est prévu avant la fin de l’été, selon le président du directoire de Masen. Il a également fait savoir que l’annonce des adjudicataires des appels d’offres lancés pour le développement du site sera faite dans les prochains jours. «Cela devra se faire avant que l’avion ne décolle pour Payerne, à l’issue de sa mission», a-t-il noté. Les appels d’offres lancés ont suscité l’intérêt de plusieurs opérateurs internationaux, notamment américains, européens et asiatiques.
L’objectif de Masen est de «sélectionner un développeur en mesure de réaliser une centrale aux meilleurs standards internationaux, répondant aux exigences techniques et financières, avec une optimisation du prix de l’énergie produite et des retombées économiques sur le pays à travers une intégration industrielle importante». L’agence marocaine prendra en charge la construction des infrastructures communes, d’un coût de près de 1 milliard de DH. Les premiers appels d’offres ont été lancés en décembre 2011, concernant notamment la réalisation d’une route pour favoriser l’accessibilité au site, ainsi que la construction de réservoirs de stockage d’eau sur place.

L’aventure continue

Après une dizaine de jours à Rabat, Solar Impulse s’envolera vers Ouarzazate où il devra s’arrêter 3 ou 4 jours. Le retour en Suisse devra être ponctué d’une nouvelle escale à Rabat. La relation entre Solar Impulse et le programme solaire marocain ne s’arrêtera pas là. Les deux partenaires prévoient de se retrouver en 2014, date de l’entrée en service de la première phase de la centrale de Ouarzazate. L’avion devra décoller du Maroc pour effectuer le tour du monde, prévu la même année. C’est du moins ce qu’a annoncé Bertrand Picard, l’un des deux pilotes. Ce prototype d’essai a prouvé sa capacité à voler jour et nuit, sans une seule goutte de fuel. Sauf que durant la prochaine phase, les étapes de vols seront plus longues. Si les deux pilotes ont fait des rotations de 20 heures dans leur trajet vers le Maroc, il leur faudra réaliser l’exploit de voler 5 jours et nuits dans chaque étape de ce tour du monde.

l'economiste

 


         
 
                         
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