Sentiment de stagnation, ennui au travail, comment relancer sa carrière



Des tâches mal définies, une démotivation, des entraves à l'initiative, la routine... et c'est la stagnation qui s'installe.
Pour donner un nouveau souffle à sa carrière, il faut construire un projet professionnel solide, qui tienne compte de ses aspirations et de ses aptitudes.
Les évaluations annuelles constituent une occasion pour solliciter des moyens de relancer une carrière.


Karim S., 37 ans, est directeur administratif et financier dans une grande entreprise de bonneterie basée dans la banlieue de Casablanca. Son salaire, bien qu’important, ne suffit plus à le motiver. Pour cet homme, dont la passion pour les chiffres s’est émoussée, l’ennui est permanent. Les relations avec les autres employés râpent un peu plus sa motivation.
Naima, 25 ans, quant à elle, est responsable marketing. C’est en tout cas sa fonction dans l’entreprise, sauf qu’elle fait tout sauf du marketing. «C’est une PME sans réel service marketing et sans moyens», explique-t-elle. Elle qui reconnaît être devenue en quelque temps «une vrai pro» des jeux sur internet à force de ne rien faire, refuse maintenant de continuer à se tourner les pouces, en tentant, tant bien que mal, de chercher des solutions, de trouver de nouvelles activités. «Des fois, je décide de faire des cartes de visite pour toute la société, d’autres fois je fais le travail du commercial ou je l’aide à faire de la prospection», dit-elle. En fait, il n’y a pas plus démotivant pour un salarié que ce sentiment d’inutilité. Des études effectuées en Europe et en Amérique du Nord ont démontré que la stagnation et l’ennui au travail conduisent autant à l’anxiété et à la dépression que des responsabilités importantes et nombreuses.
Comment en arrive-t-on à cette situation ? La cause peut avoir des origines lointaines. Une mauvaise orientation scolaire mène fatalement à un métier qu’on n’aurait pas aimé exercer. Le désintérêt qui peut s’ensuivre réduit alors toute possibilité de progression. La même situation se reproduit quand on est contraint d’accepter un emploi, faute de mieux. Parfois, un salarié peut se retrouver au placard, victime d’une restructuration ou de la volonté de sa hiérarchie. Les cas de figure sont très nombreux mais, très souvent, la stagnation est vue comme le fait de rester pendant longtemps à un même poste ou un même grade. C’est aussi «un sentiment qui peut être éprouvé au niveau de la rémunération et des conditions de travail, du développement des compétences et de l’apprentissage, de la gestion de carrière ou encore, au niveau des missions attribuées», explique Nawal Jaï, consultante au cabinet Diorh. Ce dernier point correspond exactement à la mésaventure de notre responsable marketing qui n’avait réellement rien à faire parce que le poste est tout simplement surdimensionné par rapport à la taille de l’entreprise.
La solution la plus radicale quand on est dans une telle posture, c’est de changer totalement d’orientation parce que, très souvent, l’épanouissement de soi s’avère beaucoup plus important que l’aspect financier. Le cas de Jamal L. est édifiant. Ce jeune diplômé d’une école de commerce n’en pouvait plus de gérer le département événementiel d’une société de communication. «J’étais à bout, raconte-t-il. Gérer des salons et des événements pour des clients est certes passionnant, mais je n’avais plus de vie privée. Soirées, week-ends, tout y passait. Certes, le métier est gratifiant, mais je ne me voyais pas consacrer toute ma vie à cela, à moins de créer ma propre entreprise. C’est alors que j’ai rencontré un ami qui venait de lancer sa station radio. Je me suis lancé et j’ai vraiment trouvé ma vocation».
Dans cette histoire, le facteur chance a joué mais tout le monde n’a pas non plus le courage de Jamal. Et, il faut bien le dire, «l’herbe n’est pas verte partout».
Avant tout, pour changer de cap, «il est indispensable de construire un projet professionnel solide, qui tienne compte de ses aspirations et de ses aptitudes», conseille Rollande Allene, caoch et DG du cabinet Formation. Autrement dit, plutôt que de se lancer dans une aventure hasardeuse, mieux vaut apprendre à se connaître et comprendre ses propres réactions et ses attentes. Pour cela, il y a ce qu’on appelle le bilan de compétences. «Son utilité n’est plus à démontrer» , souligne Nawal Jai. Il s’agit là d’une initiative personnelle. L’autre possibilité est de profiter des évaluations annuelles pour faire le point, demander des possibilités de mobilité interne, une formation pour augmenter ses compétences ou des avantages, si la frustration découle d’un sentiment d’injustice sur le plan de la rémunération... Et si on travaille dans une PME sans système formel d’évaluation des performances, il vaut mieux solliciter son patron pour un entretien.

De l'audace et de la personnalité pour s'en sortir

Durant ces discussions, il ne faudra pas rater l’occasion de mettre en valeur les compétences qui peuvent être utiles à l’entreprise. C’est ainsi que Hamid B. a trouvé sa voie. «A force de faire de la prospection et de harceler les clients pour qu’ils règlent leurs factures, j’ai fini par me lasser mais j’ai pu quand même bien connaître les habitudes des uns et des autres et les pratiques en vigueur sur le marché. Dès que j’ai eu l’occasion de manifester ma lassitude, mon patron m’a proposé d’encadrer une équipe de jeunes commerciaux sur toute une zone géographique. Cette démarche s’est avérée intéressante. Peut-être que dans quelques années je me retrouverai dans la situation initiale, mais actuellement c’est une vraie voie d’épanouissement», raconte-t-il.
La stagnation n’est donc pas une fatalité. Il faut de l’audace et de la personnalité pour la dépasser. Dans la phase finale de sélection, entre deux candidats qui ont une formation et une expérience comparables, la différence se fait de plus en plus sur la personnalité... Que faut-il comprendre par là ? Que les entreprises ne veulent pas de collaborateurs tristes et grincheux. Qu’elles recherchent avant tout des gens qui ont des idées, qui s’affirment et qui prennent des initiatives.

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