SNI ouvre le capital de Cosumar au leader asiatique de l’agro-business Wilmar



SNI ouvre le capital de Cosumar au leader asiatique de l’agro-business Wilmar
Acte 7, scène 1. Un peu plus de trois ans de l’annonce du changement de la vocation de SNI en holding d’investissement au lieu et place d’une holding contrôlant opérationnellement ses filiales, le groupe entame son désengagement de Cosumar. Il vient de céder 27,5% du capital du sucrier national au premier groupe agroalimentaire asiatique, Wilmar International, pour un montant de 263 millions de dollars (l’équivalent de 2,3 milliards de DH). La transaction a été conclue au prix de 2.000 DH par action, 30% au-dessus du cours de clôture avant la suspension. La prime décrochée par la SNI est en réalité de 36% car le dividende qui sera payé en 2013 au titre de l’exercice 2012 lui reviendra intégralement.

Suite à cette première étape du processus de désengagement qui en comprend 3, Wilmar devient le partenaire industriel de référence de la société. Et pour cause, selon Kuok Khoon Hong, PDG de Wilmar, «notre investissement dans Cosumar nous procure une présence significative dans l’hémisphère Ouest dans lequel nous n’étions pas présents». Il ajoute que «cette acquisition fait partie de notre stratégie globale visant à développer une entreprise de classe mondiale de sucre». Wilmar a, en effet, pour ambition à travers cette prise de participation minoritaire dans Cosumar de renforcer ses capacités de négociation sur le marché du sucre. Dans ce sens, le groupe asiatique veut pouvoir exporter les capacités excédentaires du sucrier à la fois vers les pays d’Europe et d’Afrique.

L’entrée de Wilmar dans le capital de Cosumar ne signifie en aucun cas sa prise de contrôle de la société. Le groupe asiatique n’interviendra pas dans la gestion opérationnelle au jour le jour du sucrier. Il disposera, en revanche, de sièges au niveau des organes de gouvernance. «Il n’aura en aucun cas les droits de gouvernance d’un majoritaire», confie à L’Economiste un haut responsable de SNI. La gouvernance de Cosumar sera donc équilibrée. Les Marocains seront largement majoritaires tant au niveau du conseil d’administration que des assemblées générales. En effet, seul 1/3 des sièges du conseil d’administration sera réservé à Wilmar, le reste étant détenu par les Marocains.
A ce titre, SNI prévoit, dans le cadre de ce désengagement en seconde étape, de vendre une seconde participation de 26,5% à un très large pool d’institutionnels marocains dans les prochains mois. Cette participation des «zinzins» marocains adossée à celle de Wilmar permettra d’aboutir à un bloc de contrôle partagé de 54% du capital de la société. Avant cela, il faudra tout de même les autorisations des autorités de la concurrence avant l’offre publique d’achat obligatoire qui sera initiée par le bloc majoritaire composé par Wilmar et les «zinzins» dès accomplissement de cette seconde étape. SNI se donne 6 mois pour réaliser la seconde partie de son désengagement de la société.

Pour ce qui est de la participation résiduelle de SNI, suite aux deux premières opérations, elle sera à son tour, dans une troisième étape, cédée au marché boursier. L’objectif comme annoncé en 2010 suite au changement de vocation de SNI (cf. L’Economiste du 26 mars 2010) est d’élargir le flottant de la société en Bourse.
Au final, Cosumar dont plus de 70% du capital restera entre les mains d’investisseurs marocains bénéficiera au terme de ces opérations d’une nouvelle gouvernance. Elle pourra aussi profiter de l’expertise d’un leader mondial du sucre dans le traitement des plantes sucrières pour capitaliser sur sa relation avec près de 80.000 agriculteurs.
Enfin, ce partenariat permettra à la société de poursuivre le développement et l’optimisation de son outil industriel ainsi que la concrétisation de sa stratégie d’expansion sur le marché africain.
Cette transaction est une première du genre dans la mesure où pour la première fois, un groupe asiatique d’envergure mondiale réalise un investissement de taille au Maroc. «Il est important que le Maroc commence à tisser des liens avec cette région du monde qui représente une part de plus en plus importante de l’économie mondiale», conclut le top management de la SNI.

Carte de visite d’un mastodonte
WILMAR International Limited qui va acquérir 27,5% du capital de Cosumar est le plus important groupe d’agro-business en Asie. Il pèse 45 milliards de dollars de chiffre d’affaires, l’équivalent de 50% du PIB marocain, et un résultat net de 1,3 milliard de dollars (11 milliards de DH). Wilmar intervient dans la production et le trading d’huile et de sucre. Les raffineries et sucreries de l’industriel implantées en Australie, Nouvelle Zélande et en Indonésie produisent plus de 1,8 million de tonnes de sucre par an. Le groupe est coté à la Bourse de Singapour. Il est déjà présent dans plusieurs pays du continent notamment la Côte d’Ivoire, le Ghana ou encore le Nigeria.


L'economiste, Moulay Ahmed BELGHITI



         
 
                         
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