Rupture du contrat de travail Bien préparer son départ



L'entretien de départ est une opportunité pour l'entreprise afin de retenir certains collaborateurs compétents et comprendre les motivations des autres partants.
Les cadres sont de plus en plus mobiles. vu la rareté des compétences qualifiées, ils n'hésitent plus à quitter leur postes actuels pour aller découvrir d'autres horizons qui leurs offrent plus d'avantages matériels, techniques et ceux liés au bien-être. Les démissions sont considérées comme une délivrance pour certains qui vivent dans un environnement de travail démotivant et dégradé alors que pour d'autres, qui ne sont pas dans cette situation, c'est la fin d'une expérience et le début d'une autre.
En tout cas, une démission doit être mûrement réfléchie et non un acte pris sur un coup de tête. Et pour cause, il faut préparer son départ avant d'informer son employeur.Il est nécessaire aussi de se référer au code du travail pour connaître ses droits et ses obligations.

Ainsi, une fois la décision prise, les formalités sont connues. Il faut d'abord commencer par informer son employeur. Attention, une déclaration orale n'est pas acceptée, il faut saisir par écrit le directeur général et veiller à légaliser la lettre de démission avant de la remettre et ce pour éviter toute surprise. Ainsi, pour garder une preuve, il est conseillé d'adresser un courrier, avec accusé de réception, à la société, dans lequel il faut indiquer le souhait de rompre le contrat de travail. Toutefois, le collaborateur n'est pas tenu de donner les justifications de son départ. Aussi, il est libre de ne pas mentionner le nom de l'entreprise dans laquelle il va travailler prochainement. Des fois, certaines personnes le font et se retrouvent à la fin piégées car leur employeur actuel a ensuite contacté le futur employeur pour lui demander de ne pas débaucher son collaborateur.

Une fois cette démarche accomplie dans les règles de l'art, le démissionnaire est tenu d'observer un prévis. D'après Mohamed Benouarrek, « il est évident que le préavis est nécessaire et demeure une obligation légale à respecter par le démissionnaire. Ceci permet naturellement à l'entreprise de chercher un remplaçant et de ne pas tomber dans un dysfonctionnement ou bien discontinuité d'activité» Il ajoute, toutefois que « le préavis n'est pas nécessaire quand l'entreprise en décide ainsi et excuse le démissionnaire de l'obligation d'observer cette période de notification. Le salarié doit évidement rester professionnel et remplir la dernière obligation qui le lie à son employeur».

Que dit la loi ? L'actuel code du travail, dans ses articles 47, 48 et 51, stipule que pendant le délai de préavis, l'employeur et le salarié sont tenus au respect de toutes les obligations réciproques qui leur incombent. Aussi, en vue de la recherche d'un autre emploi, le salarié bénéficie, pendant le délai de préavis, de permissions d'absence rémunérées comme temps de travail effectif, quel que soit le mode de rémunération, ne dépassant pas huit heures par semaines.

Selon l'article 51, toute rupture sans préavis du contrat de travail à durée indéterminée ou sans que le délai de préavis ait été intégralement observé, emporte, tant qu'elle n'est pas motivée par une faute grave, l'obligation pour la partie responsable de verser à l'autre partie une indemnité de préavis égale à la rémunération qu'aurait perçue le salarié s'il était demeuré à son poste.
Un dernier conseil, dans de telles situations, il est préconisé de demander l'avis d'un juriste ou d'un inspecteur du travail pour que le collaborateur connaisse mieux ses droits et obligations.

Avis de l'expert • Mohamed Benouarrek, directeur du Pôle stratégie, organisation et capital humain - Group PROMAMEC

« Ne pas utiliser la menace de démission comme outil de négociation »

Comment un salarié doit-il préparer son départ ?

Je parlerai plutôt de la préparation de sa décision de départ. Avant que le salarié n'arrive à cette conclusion, il est judicieux qu'il puisse s'assurer que toutes les voies de réconciliation (s'il s'agit d'un malaise) sont épuisées. Demandez à rencontrer votre supérieur hiérarchique pour explorer les pistes de correction, ou le cas échéant, lui faire part de votre intention ou bien décision de quitter l'entreprise. Parfois le DRH ou le DG sont de bonnes alternatives au responsable hiérarchique. Partager ses soucis avec l'une de ces trois parties peut parfois mener vers des solutions efficaces et durables. Raccrocher est une chose facile.
Il me semble nécessaire d'explorer toutes les voies et possibilités de continuité plutôt que d'abandonner rapidement. Ceci est facile à dire mais pas à réaliser car parfois la vie professionnelle devient méphistophélique et le trajet vers son bureau devient un trajet vers l'enfer. Dans ce cas de figure, le divorce est une solution qui s'impose.

Dans quel cas le collaborateur peut-il faire marche arrière ?

Le collaborateur peut faire marche arrière à tout moment. Ceci dépend de la manière avec laquelle il a abordé le divorce avec son employeur. Sa performance au sein de l'entreprise ainsi que son historique comportemental sont également des facteurs importants car le come-back est parfois rejeté par l'employeur.Une fois la démission, signée et légalisée, est remise à l'employeur, le collaborateur ne peut plus légalement exiger son retour. C'est du ressort de l'employeur alors de prendre la décision qui lui semble correcte.
Il ne faudra surtout pas utiliser la menace de démission comme outil de négociation car la réaction de l'employeur est parfois imprévisible. Le principe de «personne n'est indispensable» est la devise de plusieurs managers. Il est important de prendre cette éventualité en considération avant de se prononcer en public et perdre la face après, en cas de regret.

Comment gérer la démission d'un collaborateur ?

A mon sens, la démission d'un collaborateur est à double-facette. Elle a un impact négatif quand il s'agit d'une compétence ou bien d'une valeur sûre, et un impact positif quand il s'agit d'un employé redondant ou incompétent. La réaction face à une démission dépend largement de la valeur et la performance de l'employé concerné.

Dans tous les cas de figure, il est recommandé d'écouter le collaborateur démissionnaire pour identifier les causes et les raisons ayant motivé sa décision de quitter l'entreprise. Une négligence des sources de démissions récurrentes peut mener l'entreprise vers une hémorragie des effectifs et la perte d'une bonne partie de ses compétences. Les motifs sont nombreux: salaire insatisfaisant, conditions de travail et climat social démotivants, style de management inadéquat, manque de perspectives de carrières, inadéquation entre son profil (ou ses aspirations) et le poste occupé, etc. Identifier les raisons d'un départ constitue un premier pas vers la résolution d'un problème existant ou bien perçu. Quelles que que soient les raisons d'un départ, l'entreprise devrait, à mon humble avis, rester courtoise, montrer un intérêt par rapport aux motivations du démissionnaire et agir en conséquence. Un mauvais traitement ne risque pas de retenir un démissionnaire. Au contraire, ceci peut le pousser à parler négativement de son ex-employeur, ce qui impactera négativement, à la longue, l'image de marque employeur de ladite entreprise au niveau du marché d'emploi et faire fuir des candidats potentiels.

Quelle est l'importance de l'entretien de départ ?

L'entretien de départ (exit interview) est une opportunité pour l'entreprise afin de retenir certains collaborateurs compétents, comprendre les motivations de départ d'autres, et/ou s'excuser auprès de certains pour le «mis-match» ayant mené vers cette situation.
L'apprentissage qui en découle est non négligeable et peut, moyennant une traçabilité de feedback, aider le DRH ou le responsable hiérarchique à diagnostiquer les problèmes ou sources de mécontentement au sein de ses effectifs pour y remédier.

Que conseillez-vous aux partants ?

A chaque chose il y a un début et une fin. Faites en sorte que la fin soit consommée dans le respect et le professionnalisme qui s'imposent. Le monde est petit. Les références professionnelles sont parfois des exigences pour vos futurs recrutements. Essayez de faire le divorce sans avoir recours au tribunal. Un bon départ est souvent un premier pas vers un bon début…

Le matin


         
 
                         
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