Responsabilité sociale des entreprises: L'enjeu de la gestion durable



Responsabilité sociale des entreprises: L'enjeu de la gestion durable
Face aux effets sociaux et environnementaux des pratiques des firmes multinationales, dénoncées par de nombreux acteurs et organisations de la société civile, les entreprises ont été amenées à s'imposer des contraintes visant à légitimer leurs actions grâce à leur démarche en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE).

Par exemple en France, une loi adoptée en 2002, oblige les firmes du CAC 40 qui sont cotées en Bourse à publier un rapport annuel recensant leurs bonnes pratiques en matière de développement durable. Au Maroc, une réflexion a-t-elle été entamée dans ce sens ? «La RSE constitue un enjeu majeur des relations internationales, du fait que l'entreprise s'affirme comme un producteur de normes de plus en plus important. Malheureusement, au Maroc, nous sommes encore en retard sur cette question et nous n'avons pas de loi sur la RSE. Il y a une réflexion développée par les professionnels notamment la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Il existe un «label CGEM» destiné aux entreprises respectueuses à la fois des principes fondamentaux de la Constitution et des conventions et recommandations internationales relatives aux droits de l'Homme, à la protection de l'environnement, à la bonne gouvernance, et à la concurrence loyale», répond Fatima Arib, professeur d'économie et du développement durable à l'Université Cadi Ayyad et coordinatrice du comité d'organisation du colloque «Développement durable, responsabilité sociale des organisations et performances économiques : bilan, enjeux et perspectives» qui aura lieu les 13 et 14 novembre à Marrakech.

L'entreprise, en s'engageant dans une démarche de développement durable ne choisit-elle pas de renoncer à la rentabilité ? «Au contraire, elle décide de s'engager dans un processus d'amélioration continue afin de pouvoir répondre le mieux possible aux différentes attentes de l'ensemble de ses parties prenantes», répond Mme Arib qui ajoute que les Organisations non gouvernementales (ONG) ont par ailleurs un rôle important à jouer dans la sensibilisation des populations et la conduite des actions solidaires. Cette rencontre sera marquée notamment par la publication des résultats d'une étude sur les entreprises touristiques de la région de Souss-Massa en matière de RSE, réalisée par le Centre Nord-Sud de recherches en sciences sociales (NRCS) de l'Université Ibn Zohr à Agadir et dont le directeur Mohamed Behnassi nous livre les grandes lignes.

«Cette enquête présente une première vision sur les pratiques socialement responsables des entreprises touristiques de cette région et démontre que la plupart parmi elles restent encore loin du niveau de conformité légale pour s'engager dans la voie de la RSE. La situation sociale y demeure très préoccupante vu la prédominance de l'instabilité d'emploi, durées de travail excessives et faible rémunération, couverture sociale non généralisée, faibles dispositifs de sécurité au travail ou encore faible représentation syndicale», indique ce professeur de droit international de l'environnement.

Et d'ajouter : «Sur le plan environnemental, l'état n'est pas moins inquiétant vu la faible participation des sociétés à la réduction et au recyclage des déchets, l'utilisation souvent irrationnelle des ressources hydriques et énergétiques et la faible prise en compte de l'impact environnemental lors du développement de nouveaux produits touristiques. L'étude recommande, dans un premier temps, l'intervention de l'Etat pour promouvoir la conformité légale, avant de passer dans une deuxième étape à la promotion des pratiques socialement responsables».

Toujours en matière de transgression du droit de travail, notons ces violations constatées lors d'une étude en cours qui porte sur la responsabilité des entreprises dans des zones franches. «La situation sociale dans la zone franche de Tanger peut être qualifiée de préoccupante vu le statut particulier des entreprises situées dans la zone et les différentes concessions accordées directement et indirectement à celles-ci.

De telles entreprises sont souvent loin de satisfaire aux obligations légales relatives aux conditions de travail et elles se contentent de baser leurs pratiques sur ce qui est plutôt conventionnel comme par exemple le refus d'accorder le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) systématiquement à tous les salariés sous prétexte qu'une catégorie de salariés donnée ne mérite pas tout le SMIG (en se référant souvent à la nature de la tâche ou à la loi de l'offre et de la demande) et que la plupart des entreprises de la zone adoptent la même politique», indique cette enquête. Pour corriger cette situation, les auteurs de cette étude «appellent à l'intervention des pouvoirs publics pour protéger les droits de l'Homme au travail dans cette zone considérée à tort par les investisseurs, tant nationaux qu'internationaux, comme un paradis social».
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Une autre rencontre à Agadir

La Chaire de responsabilité sociale et de développement durable (CRSDD) de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM (ESG UQAM, Montréal), le Réseau international de recherche sur les organisations et le développement durable (RIODD), le Centre d'étude et de recherche en économie, gestion, modélisation et informatique appliquée, Université des Antilles et de la Guyane (CEREGMIA) et l'Institut supérieur d'informatique appliquée et de management (ISIAM) organisent, conjointement, une conférence internationale regroupant le plus grand réseau de chercheurs francophones en responsabilité sociale des entreprises (RSE) à Agadir du 26 au 28 février 2009.

D'autres laboratoires et chaires collaborent à la réussite de cet événement : l'Institut interdisciplinaire d'éthique et des droits de l'Homme (Université de Fribourg), l'unité de recherche Études sur le genre et la diversité en gestion (EGID) de l'École de gestion de l'Université de Liège, le Pôle de recherche interdisciplinaire sur les systèmes managériaux et économiques (PRISME ) de l'Université La Sagesse de Beyrouth, le Conseil libanais des experts en ressources humaines (CLERH), et l'Union méditerranéenne des Confédérations d'entreprises (UMCE-BUSINESSMED). En marge de cette conférence, un atelier doctoral ainsi que des formations de courte durée sur la RSE seront au programme.

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