Renconter CGEM/Medef: Mission accomplie



Renconter CGEM/Medef: Mission accomplie
L’offensive de charme de la CGEM en France a été un franc succès. Le siège parisien du Medef au 55, Avenue Bosquet, a été littéralement pris d’assaut jeudi dernier par les médias et les nombreux participants au colloque: «Ensembles, plus fort dans la compétition internationale». Organisée conjointement par la CGEM et le Medef (www.leconomiste.com), cette rencontre, qui a rassemblé plus de 240 hommes d’affaires des deux pays, avait pour but d’étudier les opportunités d’affaires au Maroc, notamment dans certains des secteurs-clés, identifiés par le plan Emergence, à savoir: l’aéronautique, l’automobile et l’électronique. La délégation de la CGEM, dont la moitié était composée de chefs d’entreprises français opérant au Maroc, était venue pour «partager avec les partenaires français des expériences exemplaires et concrètes acquises sur le terrain par leurs concitoyens ayant réalisé des investissements au Maroc», selon les termes de Moulay Hafid Elalamy, président de la CGEM.
Outre Elalamy et Laurence Parisot, présidente du Medef (Mouvement des entreprises de France), le gotha des milieux d’affaires des deux pays était au rendez-vous. «Cette journée se révèle très positive. Nous avons l’intention d’être proactifs afin de renforcer les alliances économiques entre nos deux pays, pour anticiper ensemble les évolutions du monde», affirme Parisot. Des deux côtés, la volonté affichée est d’accélérer la dynamique existante. En effet, la France reste toujours le premier partenaire du Maroc avec des échanges commerciaux qui ont atteint 6 milliards d’euros (plus de 66 milliards de DH) en 2006. Mais il ne faut pas pour autant s’endormir sur ses lauriers, prévient la patronne des patrons. La concurrence est rude au niveau mondial, notamment de la part de pays comme la Chine, l’Inde ou la région du Golfe, poursuit Parisot.
La proximité géographique et culturelle est un atout non négligeable qui joue en faveur du Maroc qui veut accueillir de plus en plus d’industriels désireux d’externaliser leurs activités en dehors de la France. Il a également l’ambition de devenir une plate-forme incontournable pour conquérir l’Afrique.
Tenus à huis clos, les ateliers spécialisés par secteur (investissement/environnement des affaires, aéronautique, offshoring, automobile et électronique) visaient la concrétisation rapide de partenariats. Elalamy a relevé que «c’est sur ces métiers de l’avenir que le Royaume a la capacité d’offrir des chose nouvelles en complémentarité avec ses partenaires français».
De grosses pointures comme Jean-René Fourtou, président de Vivendi et co-président du GIEFM (Groupe d’impulsion économique France-Maroc), ou Jean-Paul Béchat, président du groupe Safran, étaient là pour témoigner de leurs success-stories. «Il y a une volonté et une énergie extraordinaires pour faciliter les choses», affirme Fourtou. Pour lui, les affaires marchent bien au Maroc. La preuve: le flux téléphonique de Maroc Telecom a enregistré une croissance de 40% en 2006. Pour Vivendi, le Maroc est un tremplin vers l’Afrique (Maroc Telecom est présent en Mauritanie, Gabon…).
Le niveau des compétences marocaines est jugé, quant à lui, «exceptionnel». «Nous n’avons qu’une quarantaine d’expatriés travaillant pour le Maroc et nous trouvons des difficultés à les persuader de rentrer en France», poursuit Fourtou.

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«On peut se délocaliser, sans tuer l’emploi en France»

Le secteur aéronautique se porte tout aussi bien, à en croire Jean Paul Béchat, Président de Safran qui en est à sa 6e entreprise créée au Maroc en l’espace de quelques années. La joint-venture de Safran avec la RAM permet aujourd’hui d’assurer la maintenance des moteurs d’avions pour le compte d’une trentaine de compagnies aériennes internationales à Casablanca.
Parallèlement, Safran a continué à créer des postes d’emploi dans l’Hexagone: 2.500 en 2005, presque autant en 2006 et un millier d’emplois au cours du 1er semestre 2007. «C’est la preuve que l’on peut se développer ailleurs sans tuer l’emploi en France», poursuit-il. L’image négative de la délocalisation n’est plus de mise. Celle-ci doit être plutôt vue comme un vecteur de croissance. Selon le président du groupe Safran, les ressources humaines au Maroc (main-d’œuvre et ingénieurs) sont très bien formées et compétentes. Cependant, des efforts de formation doivent suivre, car les profils adéquats pour des secteurs pointus (comme l’aéronautique ou l’électronique) se font de plus en plus rares ou deviennent trop chers, selon un opérateur du secteur informatique. De même, la concentration d’opérateurs du même secteur sur un site favorise le nomadisme des cadres

l'economiste


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