Rémunération : Cap sur la récompense par le mérite



Dans un monde en perpétuel changement, les dirigeants peinent à attirer facilement les bons profils. Alors que les compétences se font de plus en plus rares, les recrutements de grosses pointures se fontde manière différente comparée au passé.

Actuellement chaque employeur averti concocte un package de rémunération alléchant pour garantir la fidélité de la perle rare. Outre un bon salaire, les directeurs, managers et cadres seniors recherchent plus de bien-être et aussi d'autres avantages, notamment la retraite complémentaire et l'assurance vie complémentaire.

Aussi pour donner un aperçu sur les offres existantes sur le marché, le cabinet Diorh a présenté les résultats de l'enquête Diorh-Mercer 2011 sur la rémunération, qui a touché 74 entreprises employant 16.084 personnes et ayant un chiffre d'affaires moyen de 954 MDH.Ce panel représentant le top 100 des sociétés nationales privées opérant dans tous les secteurs d'activité (agroalimentaire, énergie, NTI…) et employant un effectif moyen de 498.
Cette année, le premier fait marquant est l'impact positif du Printemps arabe sur la rémunération des Marocains travaillant dans le secteur privé, surtout dans les entreprises structurées et les multinationales. Selon l'étude, la moyenne des taux d'augmentation s'est située entre 6% et 7% alors que le taux prévu, avant les événements survenus dans la région, s'articulait autour de 4% et 5%. C'est dire que les budgets d'augmentation alloués en 2011 étaient supérieurs aux prévisions. Cette enquête, qui vise à permettre aux DRH, aux responsables rémunération et spécialistes RH de connaître les tendances du marché et vérifier la compétitivité de leurs entreprises en matière de package de rémunération, souligne qu'une attention toute particulière a été accordée à la récompense par le mérite, ce qui consolide davantage la pratique de l'individualisation des salaires. Du côté des dirigeants, le directeur financier a vu son salaire grimper de 61% entre 1998 et 2011 tandis que la rémunération du directeur production a augmenté de 68%, précise l'enquête. C'est le directeur commercial qui a profité le plus avec une revalorisation de 150%, suivi par le directeur achat (+117%) , le directeur technique (+114%) et le directeur des RH (+101%).

Concernant la catégorie Managers, la plus forte hausse des salaires entre 1998 et 2011 a été du lot du responsable juridique (+229%) suivi de loin par le responsable trésorerie (+187%), le responsable formation (+167%), le responsable informatique (119%), le responsable commercial (+104%) et le responsable administration RH (+99%). Les moins lotis sont le responsable production (+70%) et le responsable maintenance (+87%).

Concernant les cadres, l'agent commercial arrive en tête avec une rémunération qui s'est accrue de 115%. Le chef de produit a vu son salaire évoluer de 94%, entre 1998 et 2011, talonné par l'assistante de direction (+79%), l'acheteur (+71%), le chef de marque (38%), l'ingénieur process 67%, le responsable planification production (+30%). Le contrôleur de gestion n'a pas profité de ce trend haussier des salaires. Sa rémunération a augmenté d'à peine 15% vu que les profils disponibles sur le marché sont abondants et ne sont pas très expérimentés. Le poste qui arrive en dernier est celui de la secrétaire dont la rétribution a progressé de 12%, ce qui augure de l'abondance de cette fonction dans l'entreprise. Actuellement avec les outils NTI et les moyens de communications, les entreprises font de moins en moins appel à ce type de profil et préfèrent de plus en plus l'assistante de direction, surtout trilingue. In fine, l'année 2011 a été une année exceptionnelle en matière de rémunération qui a permis une certaine équité en matière d'augmentation profitant aussi bine aux dirigeants, managers, cadres et également au personnel de l'exécution. Pour 2012, les entreprises prônent la prudence et tablent sur une augmentation de 5% seulement, sauf événement exceptionnel.
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«Un bon juriste vaut un polytechnicien sur le marché»

Avis de 'expert • Essaid Bellal, directeur général du cabinet DIORH

Quelles sont les particularités des résultats de l'enquête 2011 ?

Cette année pour la première fois, nous avons remarqué la présence, dans les packages dédiés aux dirigeants, de la rémunération différée sous forme de stocks options ou d'actions en bourse. Cependant, c'est la date de la jouissance qui reste très longue. Elle se situe entre 5 à 10 ans, alors qu'aux États-Unis et en Europe, elle a été ramenée entre 3 à 5 ans. À mon avis, je pense que pour fidéliser, il faut réduire cette période, car la perspective de 10 ans décourage plus d'un d'accepter.
Autre particularité, nous avons remarqué que les entreprise on établi une certaine équité en termes de salaires des non-cadres. Pour la première fois, depuis le lancement de l'enquête Diorh, une attention particulière a été accordée aux membres du personnel d'exécution qui ont vu leurs rétributions revalorisées de 8%, alors que les dirigeants n'ont profité que de 6,5% de plus, conséquence directe du Printemps arabe. Je pense que pour les prochaines années, nous allons assister à un retour à la normale, sauf parution d'un phénomène identique ou autre.

Quels sont les métiers qui ont de l'avenir ?

Les fonctions Achats se développent de plus en plus. Actuellement, les entreprises ne misent plus que sur le commercial pour réaliser de bons résultats. Ce denier n'étant plus la star de l'entreprise. Les sociétés ont compris que le fait d'intervenir en amont sur les coûts des intrants permettait de faire plus d'économie et réduisait, par conséquent, davantage les dépenses. Les postes de directeur de production et de directeur d'usine ont repris du poil de la bête, encouragés par le Plan Émergence et l'arrivée de Renault et de ses sous-traitants.
Les responsables juridiques sont également très recherchés, à condition que qu'ils aient un bon niveau de formation, qu'ils soient trilingues ou, à défaut, bilingues. C'est dire qu'actuellement un bon juriste vaut un polytechnicien sur le marché. Le salaire peut alors grimper, pour ce profil, jusqu'à 30 000 DH par mois quand la compétence est là.

Qu'en est-il de la mobilité des cadres ?

Nous sommes dans un pays de non-mobilité. Les Marocains n'aiment pas aller travailler dans d'autres villes, pour des raisons culturelles, même ceux issus de la génération Y. Malgré les opportunités offertes ailleurs, ils préfèrent rester dans leurs villes natales ou dans les grandes villes.
   
   
   
   
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