Régularisation des sans papiers en Italie : Amertume pour certains, soulagement pour d'autres



Régularisation des sans papiers en Italie : Amertume pour certains, soulagement pour d'autres
L'opération de régularisation des «auxiliaires de vie», lancée à grandes pompes par les autorités italiennes le 1er septembre dernier, s'est achevée, un mois après, jour pour jour, sur un goût d'amertume pour des milliers de sans-papiers qui n'ont pu en profiter pour sortir de l'ombre en dépit d'une présence de plusieurs années en Italie.
Ni les suppliques des associations concernées, ni les requêtes formulées par les uns et les autres au sein même de la majorité, n'ont suffi pour obtenir un délai supplémentaire pour la régularisation de cette catégorie d'immigrés dont la société italienne ne peut, de toute façon, se détourner eu égard, comme l'ont affirmé des voix officielles, à leur «utilité sociale».

Les familles italiennes méritent «un effort particulier de la part du gouvernement parce qu'elles ont des besoins spécifiques et nécessitent donc une assistance», avait clamé notamment le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, pour expliquer cette opération intervenue dans un contexte marqué plutôt par le désamour envers l'immigré.

Assurant le ménage (colf) ou veillant sur des personnes âgées ou infirmes (badanti), ces sans papiers d'un genre particulier travaillent, pour un grand nombre d'entre eux, dans le noir, mais, comble du paradoxe, ils le font au vu et au su de tous, y compris des autorités, qui reconnaissent le rôle qui est le leur dans une société vieillissante où ils viennent combler un déficit énorme en matière d'assistance aux personnes âgées, seules ou malades.

Ils représentent, en outre, une alternative moins coûteuse et à même d'alléger les frais afférents aux maisons de retraite et autres centres de soins médicalisés qui grèvent le budget de l'Etat. Un intérêt certain qu'on ne pouvait pas ignorer.

Selon une récente recherche menée par un institut spécialisé, un colf sur quatre en Italie ne dispose pas d'un permis de séjour et plus de la moitié d'entre eux (57%) travaillent dans le noir.

Mais si l'opération de régularisation a été une veine pour une bonne partie d'entre ces sans papiers, une autre partie composée de dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes, continue à broyer du noir faute d'avoir pu en bénéficier.

Selon les derniers chiffres, ce sont en effet à peine 300 mille demandes à avoir été introduites alors que 500 à 700 mille étaient prévues au départ. Une différence substantielle qui donne la mesure de la frustration que vivent les non élus à cette chance, unique par les temps qui courent.

Les ressortissants marocains figurent en bonne place parmi ces «élus» à qui la voie a été ouverte pour espérer se défaire du statut de clandestin qui leur a collé des années durant à la peau.

On estime de différentes sources à 41 mille, le nombre de Marocains à être concernés par les demandes de régularisation introduites par leurs employeurs et à espérer ainsi à en finir avec une vie professionnelle, jusqu'à présent, non valorisée comme elle devrait l'être.

Ils ne sont devancés que par Les Ukrainiens, en tête de classement avec 44 mille demandes. Le flop de cette opération de régularisation sélective, du moins au point de vue nombre, s'explique, de l'avis de plusieurs associations italiennes, par les conditions jugées contraignantes imposées aux employeurs à qui appartenait le «droit» d'introduire les demandes.

A ces derniers, on réclamait l'engagement à verser aux auxiliaires à leur service 20.000 euros annuellement au titre des rémunérations pour un minimum de 20 heures par semaine.

On exigeait d'eux également le paiement d'une somme de 500 euros avant le dépôt de toute demande de régularisation.

Des sommes jugées excessives par les employeurs qui ont pris le temps de la réflexion, trop de temps peut-être. Si on ajoute à cela la complexité des démarches à effectuer toutes par Internet alors que la quasi-majorité des personnes âgées sont des profanes en la matière, l'on comprendrait que ces nombreux facteurs, ajoutés les uns aux autres, aient mené aux résultats aujourd'hui constatés et qui déçoivent bien des espérances.

La réalité étant, des centaines de milliers de colf et de badanti continueront à vivre dans le noir dans un pays où on reconnaît leur existence de facto mais où la clandestinité est devenue, depuis quelques mois, un délit passible de 5000 à 10.000 euros d'amende, assortie d'une expulsion immédiate.
Un dilemme et une menace qu'ils doivent gérer en attendant, peut-être, qu'une nouvelle chance leur soit donnée.

MAP


         
 
                         
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