Recruter en période de crise



C'est la crise, la plupart des entreprises cherchent le moyen de maintenir l'équilibre, à défaut de réaliser de bonnes performances. Chacune essaye de tirer son épingle du jeu à sa manière. Tandis que certains employeurs réduisent leurs effectifs, d'autres essayent de s'entourer de bonnes compétences.
Recruter en période de crise s'avère, donc, difficile, vu que la plupart des employeurs avertis retiennent leurs éléments-clés d'autant plus que cette opération doit être effectuée sur de bonnes bases.
La décision à prendre, lors d'une période aussi difficile que celle vécue actuellement, marquée par la crise frappant directement ou même indirectement les sociétés, doit être faite selon les règles de l'art.
Et pour cause, une erreur de casting coûterait cher à l'entreprise, donc une décision prise à court terme peut jouer en sa défaveur, une fois la crise dépassée. Le recrutement doit répondre aux besoins de l'entreprise pour le long terme car il ne faut pas croire qu'avec le nombre de personnes disponibles sur le marché de travail, le choix est large. Ah, non, il faut bien cibler et viser les bonnes compétences : expérience, capacité d'apprentissage, travail en équipe… Alors comment procéder et réussir ce recrutement ?

Les spécialistes préconisent trois étapes à suivre. Le premier pas consiste à bien gérer les candidatures reçues. En effet, dans le tri, il faut différencier entre les demandes des personnes ayant l'expérience souhaitée et celles concernant les profils à potentiel. Une fois le processus de tri terminé, il faut passer à la phase des entretiens. Qu'ils soient téléphoniques ou directs, ces premiers contacts s'avèrent cruciaux. Le responsable RH peut ainsi tester le degré de motivation de la personne et connaître ses performances.

Il doit au préalable bien connaître le profil-type de l'employé pour pouvoir prendre la bonne décision et limiter les dommages. «Ne faites pas de compromis à cet égard au moment de recruter, même si la personne en question présente toute l'expérience du monde. Sinon, attendez-vous sous peu à réparer les dégâts…», conseille un consultant. Une chose est sûre, la crise pénalise bon nombre d'entreprises et en avantage d'autres.

Ces dernières profitent de ce ralentissement conjoncturel et la détente du marché de l'emploi pour choisir les meilleurs éléments et se donner les capacités d'innover, encore faut-il réussir le bon choix. Une tâche très rude qui attend les décideurs et les responsables RH vu l'impact de cette décision sur l'entreprise.

«Il est important de montrer qu'il y a un capitaine à bord»

Comment se porte le marché du recrutement actuellement ?
Plusieurs décideurs et professionnels s'interrogent comment le monde va sortir de la crise mondiale qui n'a pas épargné notre pays le Maroc. Cependant, il faut rester lucide, notre pays ne va pas aussi mal que ça, Dieu merci, comparé à d'autres pays voisins.
Ce qui est réel aujourd'hui, c'est que certains secteurs ont sans doute été plus touchés que d'autres. Les plus fortes répercussions étant sur le secteur du textile et l'habillement, le tourisme, l'immobilier et certaines industries liées directement au marché international comme le secteur des accessoires automobiles.
En ce qui concerne le recrutement au Maroc, il y a une vraie baisse de l'activité dans certains secteurs. Mais le plus important c'est la chute des intentions de recrutement dans l'industrie du textile et les industries directement liées à l'export.
Le travail temporaire reste toujours une alternative pour plusieurs multinationales, lesquelles se tournent vers ce pôle de recrutement flexible qui fait contourner les restrictions du budget et la lourdeur du processus de recrutement.

Et les perspectives 2009 ?
Pour 2009, les recrutements devraient se poursuivre dans les NTIC, la grande distribution. Les métiers des call center demeurent un secteur en plein boom et créateur d'emplois. L'audit, conseil et banques de détail ne sont pas si mal en point. En raison de leur santé financière et leur activité de service, ces secteurs vont continuer à embaucher.

Comment gérer les recrutements dans une période de crise ?
Dans une période de crise économique mondiale, la politique de recrutement doit s'adapter aux contraintes du secteur, du budget et aux contraintes du climat social.
La réaction la plus courante en temps de crise est de chercher par tous les moyens à réduire les coûts, et souvent c'est en réduisant l'effectif. Dans certains cas, les entreprises également diminuent leur capacité de production en réaction à la chute de la demande. La principale erreur que de nombreux managers font est de décider des ajustements sans d'abord analyser si ces ajustements peuvent et doivent être réalisés. Ils cherchent le plus un ajustement quantitatif plutôt qu'identifier les domaines où ils peuvent intervenir et apporter des améliorations. La crise exige une analyse globale. Lorsque le business mollit, de nombreuses entreprises se mettent à fonctionner au ralenti. C'est au contraire le moment idéal pour donner des impulsions qui rendront le travail plus performant. Il est important de montrer qu'il y a un capitaine à bord du navire, capable de prendre la mesure des inquiétudes et d'apporter les éléments de réponse.

Il faut non seulement assurer la gestion des tâches quotidiennes mais anticiper dès aujourd'hui la sortie de crise. C'est donc le moment ou jamais de revoir les méthodes de travail pour gagner en efficacité.
L'employeur doit donner un signal fort pour ne pas devenir esclave de la crise :
Dans un contexte déprimé, le premier réflexe du chef d'entreprise ou du responsable d'unité est de mettre en veilleuse les dépenses en attendant les jours meilleurs. Mais cette attitude défensive ne vous valorise pas aux yeux de vos partenaires. Autre bonne raison pour se bouger : se préparer à «l'après».
Prendre un risque en pleine tourmente et faire un recrutement stratégique vous permet de rebondir plus rapidement lorsque le ciel s'éclaircit. Tout le monde n'est pas égal dans la crise, la crise offre des opportunités de carrières pour des compétences clés et rares, et c'est le bon moment pour faire son marché et trouver les meilleurs.

Comment décrocher un emploi dans une conjoncture difficile ? Par quels moyens le candidat doit-il s'imposer ?
Pour les employés et les chercheurs d'emploi, un plan de bataille à mettre en œuvre pour sortir «winner» de la crise devient impératif : Resserrez les liens avec les collaborateurs et le réseau : un réseau solide vous permet d'approcher plus rapidement un secteur à fort potentiel d'emploi. Un recrutement sur deux au Maroc se fait grâce aux réseaux et à la cooptation. Au même titre que votre formation et votre expérience, votre réseau est un élément clé de votre capital professionnel.
Les relations personnelles et professionnelles que vous avez construites vous fournissent les meilleures opportunités pour trouver un emploi, être plus mobile ou obtenir de nouveaux clients.

Pariez sur la mobilité interne pour évoluer : nouvelles fonctions, responsabilités accrues ou tout simplement changement de service et de collègues : la mobilité interne permet de rompre la routine et de relever d'autres défis sans prendre les risques inhérents au changement d'entreprise.
Les DRH restent discrets sur cette tendance qui présente un intérêt réel en ces temps de restrictions budgétaires.

Allez voir ailleurs avant que la situation se dégrade : si la mobilité n'est pas à l'ordre du jour dans votre entreprise, que les effectifs y sont réduits ou que les perspectives d'avenir apparaissent sombres, rien ne vous interdit de partir. Mieux vaut être à l'initiative de son changement que d'attendre que l'on décide pour vous. Changer, oui, mais à quelles conditions ? Accepter de remettre tout en question : son statut, son salaire, son mode de vie …?

Ou rester figé sur des émoluments des périodes florissantes. La réponse est toute simple, en un mot être adaptable. L'idée est de se forger sa place au sein de l'entreprise qui recrute en période de crise. L' «après- crise» vous sera très bénéfique et vous positionnera en élément clé au sein de votre nouvelle structure.

Que faut-il éviter ?
Ce qu'il faut éviter en période de crise est de :
- tomber dans l'oisiveté et rester inactif : il faut positiver et chercher de l'emploi, ou, si en poste, chercher à sortir de votre coquille et proposer des projets innovants, oser prendre l'initiative,
- adhérer aux rumeurs qui prédisent des licenciements : couper court aux ragots et tuer dans l'œuf les rumeurs démobilisatrices constitue une priorité. Pour cela il faut miser sur le trio gagnant transparence-réactivité-confiance,
- cibler seulement les secteurs de votre expertise : si votre secteur a été frappé de plein fouet par la crise, penser à changer de domaine d'expertise n'est pas aussi dramatique que ça.
C'est peut être le moment de vous demander si l'herbe ne serait pas plus verte
ailleurs, - parler d'augmentation de salaire : je relativise pour dire que certains chefs d'entreprises aujourd'hui, plus ou moins touchés, qui préfèrent licencier, vous verront mal parler d'augmentation en ces périodes de vache maigre. Laissez passer cette phase délicate et choisissez le moment opportun pour le faire.

lematin.ma


         
 
                         
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