Quel regard portent les jeunes salariés sur le monde du travail ?



Quel regard portent les jeunes salariés sur le monde du travail ?

Le cabinet Invest RH a mené une enquête auprès de 3 223 personnes dont plus de 70% constituées de jeunes âgés de 18 à 30 ans. Les jeunes sont surtout aveuglés par la mobilité.

Comment les jeunes voient le monde du travail ? La question a été posée à plus de 3223 personnes, dans le cadre d’une enquête menée par le cabinet Invest RH en collaboration avec le portail Emploi.ma, entre le 6 novembre et le 20 décembre 2013.

Trois catégories de profils sont la cible de l’enquête à savoir les personnes en activité, les jeunes à la recherche du premier emploi ainsi que des dirigeants d’entreprise. A noter que 72,5% de l’échantillon est représenté par des personnes ayant un âge compris entre 18 et 31 ans. De prime abord, le travail est le deuxième facteur important dans la vie des sondés après la famille mais juste avant la religion.

Ensuite, le travail c’est avant tout un moyen de développer les compétences dans 66,3% des cas (principalement les répondants âgés de 18 à 31 ans). Il est également une source de revenu dans 62,3% des cas et il donne un sens à la vie des gens dans 38,4% des cas. D’autres évoquent notamment la position sociale (34,3% des cas), l’accomplissement de soi (28,9% des cas), un moyen de reconnaissance (18,9% des cas), un lieu d’échanges (17,5% des cas), un moyen d’épanouissement (13% des cas), une simple obligation (9,5% des cas) ou encore une corvée (4% des cas).

L’évolution de carrière, la rémunération ou encore la stabilité de l’emploi représentent les trois facteurs attirant dans un travail. Alors que les jeunes mettent en avant l’évolution de carrière, les séniors, quant à eux, privilégient la rémunération.

Les dirigeants voient les jeunes plus dynamiques mais également moins autonomes

D’un autre côté, les avis sont partagés en ce qui concerne la stabilité dans l’emploi. Alors que les jeunes (57% des sondés) se voient travailler moins de trois ans dans la même entreprise, les seniors préfèrent une durée variant de 4 à 10 ans dans la même entreprise.

Décidément, la mobilité est un critère qui caractérise les jeunes d’aujourd’hui. Parmi les résolutions 2014, ils se voient dans 41,8% des cas changer d’entreprise si l’opportunité se présente. Dans 30,7% des cas, ils prétendent changer d’entreprise dès que possible et dans 27,8% des cas, il s’agit de suivre une formation diplômante, genre MBA.

Une autre question se rapportant au choix de départ montre qu’une rémunération insuffisante est le premier critère retenu chez les sondés (âgés de 18 à 31 ans) pour aller voir ailleurs. Viennent ensuite le manque de visibilité de carrière ou encore le manque de développement des compétences. La pression au travail, le manque d’encadrement, le manque de reconnaissance peuvent également représenter des motifs de départ. Le harcèlement au travail ne vient qu’en dernier lieu.

L’enquête montre également l’intérêt porté par les jeunes aux relations de travail avec leur manager direct. Ils veulent avant tout développer leurs compétences (dans près de 70% des cas) mais aussi être mis en confiance et être écoutés dans 50% des cas respectivement. Par ailleurs, l’enquête apporte un éclairage sur le regard des dirigeants sur l’apport des jeunes au travail. Capacité d’adaptation rapide, dynamisme, travail en réseau, ouverture d’esprit…Bref, autant de qualités exprimées par les dirigeants. Mais quand il s’agit de leur demander leurs principaux défauts, il en ressort notamment le manque de maturité, le manque de patience ou encore le manque d’engagement dans plus de 50% des cas.

D’un autre côté, parmi les difficultés rencontrées avec les jeunes, les managers sondés avancent d’abord leur manque d’autonomie, le non-respect des consignes, le manque d’intérêt pour le travail ou encore les exigences démesurées en termes de rémunération. Ils évoquent également d’autres facteurs bloquants comme le manque de disponibilité (30% des cas), le manque de projection dans l’entreprise (30% des cas), l’attitude permanente de négociation (27% des cas), l’absentéisme (23% des cas), le refus de mobilité géographique (22% des cas), le manque de respect envers la hiérarchie (20% des cas), les rapports difficiles de génération (15% des cas).

Brahim Habriche
www.lavieeco.com



         
 
                         
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