Profil, parcours, perception de la fonction..., comment le DRH a évolué



Certains sont trentenaires, d’autres quadragénaires, et les plus âgés d’entre eux ont débuté leurs carrières entre 1980 et 2000. Tous n’ont pas une formation en sciences sociales. Marketing, ingéniorat, finance..., les voies d’accès sont très diverses. Les plus en vue ont connu des périodes de changement profond qui les ont aidés à se forger une solide expérience.

De la modeste place du chef du personnel, dans les années 70, qui se chargeait d’épier les salariés et de dénoncer «les tire-au-flanc», à celle du DRH des années 90, la fonction RH a fait son chemin pour affirmer aujourd’hui son rôle stratégique tant auprès du comité de direction que des managers et des salariés. Cette transformation, qui a commencé il y a très longtemps dans le monde, s’est appuyée sur différentes théories de l’organisation. Au Maroc, il faut dire que plusieurs événements ont contribué à l’essor de la fonction. D’abord sous l’impulsion des multinationales. Ensuite, les vagues de restructurations et de fusions-acquisitions ont permis de mettre en place de nouvelles stratégies RH. Cette mutation a été facilitée par le fait que les ressources humaines sont devenues un véritable enjeu pour les entreprises, du moins pour celles qui cherchent réellement à être toujours plus performantes.

Sur le plan législatif, le nouveau code du travail a également entraîné un renforcement de la fonction.Les innovations en matière de flexibilité, d’aménagement des temps de travail, de droit de grève et l’obligation de négocier annuellement avec les salariés ont eu un impact important. Enfin, le développement de l’audit social a permis de la professionnaliser davantage et améliorer sa légitimité et sa crédibilité. Plus que jamais, la fonction semble reconnue comme partenaire stratégique, acteur du changement et de la motivation. Pour Hicham Zouanat, DRH de la Centrale Laitière et actuel président de l’AGEF (Association des gestionnaires du personnel et formateurs), «la fonction s’externalise, se modernise et se féminise».

Au fur et à mesure de cette transformation, la place du DRH s’élargit.
Véritable homme orchestre, ses responsabilités couvrent en réalité l’ensemble des relations humaines dans l’entreprise. Concrètement, c’est lui qui supervise à la fois les relations sociales, l’administration et la gestion du personnel, la formation, la communication interne, le management social...

Placé directement sous les ordres du directeur général, c’est lui qui propose une politique de gestion des ressources humaines et qui définit les conditions générales d’application de cette politique. Il a également une mission de conseil, de négociation avec les représentants du personnel et s’occupe de la coordination de l’action des chefs du personnel. En général, il est membre du comité de direction et du comité stratégique.

Ses attributions varient énormément en fonction de la taille de la structure dans laquelle il travaille : dans un groupe, son rôle sera plus proche de l’orientation tandis qu’au sein d’une PME on le rencontrera davantage sur le terrain.

La fonction s’est aussi rajeunie et le titulaire est plus diplômé. D’après une enquête RH du cabinet Diorh sur la fonction, réalisée en 2004 (la dernière du genre dans le domaine, au Maroc), sur un échantillon de 105 entreprises (dont 44 nationales et 61 multinationales), le DRH marocain est âgé de 42 ans en moyenne.

Près de 95% des DRH ont un niveau bac + 5 et plus de 90% des RRH ont au moins effectué 4 années d’études supérieures. Tous ont amélioré leurs connaissances en suivant une formation complémentaire en RH.

Le DRH doit être le garant de l’épanouissement, de l’équité et du lien social
L’enquête ne le met pas en relief, mais cette dernière information montre que la fonction n’est pas seulement confiée à des cadres qui se sont spécialisés dans le domaine.
Autre résultat important, le DRH a souvent une formation de base dans d’autres domaines. Il peut être ingénieur, financier, spécialiste du marketing ou informaticien. Cette ouverture permet à la fonction de s’enrichir et d’avoir un regard plus vaste sur l’entreprise.
D’ailleurs, dans 92 % des entreprises enquêtées, le leader de la fonction siège au comité de direction et participe à l’élaboration de la stratégie (79%). Autre signe de l’implication de la fonction RH : l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie RH (94% de l’échantillon), la conduite du changement (93%) et l’organisation de l’entreprise (90%) figurent parmi les missions stratégiques. Les salaires des DRH ne sont pas des moindres puisque la fonction ressources humaines a augmenté de 56% en cinq ans (d’après la dernière enquête de rémunération 2007 du cabinet Diorh).

Pour illustrer la montée fulgurante de la fonction, nous avons retracé le parcours de quelques DRH de la place.
Certains sont trentenaires, d’autres quadragénaires et les plus anciens ont débuté entre 1980 et 2000. Hicham Zouanat (Centrale laitière), Khalid Benghanem (Groupe Altadis), Hassan El Khedif (GlaxoSmithKline) et Salim Ennaji (Veolia Environnement Maroc) ont accepté de nous donner leurs points de vue sur l’évolution de la fonction mais aussi leurs visions des RH dans les années à venir.

Qu’ont-ils de commun ? Ils ont connu des périodes de changement profond qui les ont aidés à se forger une solide expérience dans la fonction.
Pour Salim Ennaji, DRH de Veolia Environnement Maroc, «le DRH est amené à gérer de plus en plus de complexité. Entre la pénurie des profils, la surenchère des salaires, l’équité interne..., il va falloir trouver les parades». A l’instar de ses pairs, il considère que la fonction devra de plus en plus être partagée. «Si la fonction a réussi une évolution d’une gestion collective vers une gestion plus personnalisée, le DRH aura davantage vendre ses projets RH. Il doit impliquer davantage les autres managers dans tous les processus : recrutement, formation, gestion des carrières...», détaille pour sa part Hicham Zouanat. Pour Khalid Benghanem, les entreprises ont besoin aujourd’hui d’un DRH qui soit le garant de l’équité et de l’épanouissement, de l’écoute et du lien social.
A travers ces parcours, c’est donc l’histoire de la fonction RH qui défile, depuis l’époque des chefs du personnel jusqu’à celle des business partners.

lavieeco


         
 
                         
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