Pourquoi la croissance fléchira?



Pourquoi la croissance fléchira?

Le Maroc s’apprête à vivre une année difficile. C’est la principale tendance qui se dégage des études d’Euler Hermes, l’assureur crédit français sur les perspectives économiques mondiales. Premier constat, la croissance du pays connaîtra un fléchissement durant cette année soit une hausse de 2,5% du PIB. Un chiffre bien inférieur aux prévisions de Bank Al-Maghrib (5%), de la loi de Finances (4,2%),  du FMI (3,7%) ou encore du CMC (3,2%). Et pour cause, ce chiffre prend en compte les faibles performances agricoles attendues en 2012. Selon Ludovic Subran, économiste en chef d’Euler Hermes, qui a présenté son rapport sur l’économie marocaine à Casablanca, la reprise est clairement annoncée pour 2013 avec une croissance qui devrait atteindre 5%. Cette dernière devrait se maintenir à moyen terme, soutenue par la demande domestique.  En outre, «l’intervention de l’Etat dans les dépenses publiques pour gérer la politique économique s’est faite à bon escient comme en témoignent les chiffres concernant la consommation publique», affirme Subran. 
Côté monétaire, le Maroc dispose toujours d’une marge de manœuvre. «A fin mars, BAM a opéré une baisse du taux directeur de 3,25% à 3%. Une baisse à 2% ne serait pas dangereuse et pourrait, grâce à une inflation très basse, constituer une solution pour relancer la croissance», explique l’expert.
Selon Euler Hermes, notre dette publique demeure stable par rapport à nos voisins mais en parallèle, le Maroc souffre d’un important creusement du déficit public. La politique de soutien aux produits de base continue de coûter trop cher à l’Etat. «Il est urgent de mettre en place une stratégie de ciblage des subventions pour en faire profiter aux catégories sociales et aux ménages qui en ont vraiment besoin», souligne l’expert d’Euler Hermes. Faut-il rappeler que le gouvernement Benkirane et avant lui, celui d’El Fassi, ont promis de faire de cette mesure une priorité mais que rien de concret n’a été réalisé jusqu’ici. Tout le challenge pour le Maroc est donc d’arriver à maintenir le déficit courant et les objectifs d’investissement  tout en intégrant des taux monétaires plus relâchés.

Le Maroc doit diversifier ses partenaires et renforcer le lien avec des pays à croissance plus soutenue (Inde, Turquie, Chine, etc.)

Un autre risque à surveiller, celui des échanges extérieurs. Un tiers de nos exportations sont destinés à la France (23,6%) et à l’Espagne (19,9%). Deux pays de la zone euro qui connaissent des périodes difficiles. Ce risque peut avoir des conséquences quant à la demande extérieure provenant de ces pays. Le Maroc devrait donc très vite diversifier ses partenaires et renforcer le lien avec des pays à croissance plus soutenue (Inde, Turquie, Chine, etc.). Par ailleurs, les coûts de production au Maroc demeurent plus élevés que chez les autres pays émergents. Pour se distinguer à l’international, Subran recommande au pays de se positionner, sur le long terme, sur une compétitivité hors prix,  qui tablerait plus sur la qualité des produits et des services rendus.
Sur la question du risque politique, Euler Hermes rassure: le Maroc dispose toujours d’une note de 1 sur 4, c’est-à-dire d’un  risque politique et cyclique faible. Un an après le «printemps arabe», les tensions politiques au Maroc demeurent apaisées. Cette situation s’expliquerait notamment par les mesures de soutien au pouvoir d’achat: relèvement des salaires des fonctionnaires, réaménagement du barème de l’impôt sur le revenu à la baisse et hausse du Smig.  Seule ombre au tableau: la nécessaire correction des dérapages budgétaires consécutifs aux réponses gouvernementales face à la crise.  Le vrai défi pour le Maroc c’est de gérer sa vulnérabilité constante, c’est-à-dire sa vulnérabilité aux chocs exogènes, notamment aux aléas climatiques, et aux doutes sur la campagne agricole. Il est également important de prêter attention à la possible contagion du choc financier en Europe.  La présence au Maroc des banques filiales de groupes européens peut compliquer la donne si ces groupes ont besoin de capitaux qu’ils iront rapatrier sur leurs filiales dans des pays tiers, scénario qui peut avoir des conséquences importantes sur l’économie.


l'economiste



         
 
                         
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