Plan de financement initial



La construction du plan de financement initial est une démarche dynamique. Il s'agit, outre de savoir à combien se chiffre le projet, de rechercher la meilleure solution financière pour " boucler " ce plan.
En effet, après avoir recensé les besoins et les ressources financières disponibles, il faut, le cas échéant, trouver une ou plusieurs solutions pour les capitaux manquants afin d'équilibrer les deux colonnes de ce tableau.


* Préambule
* Le recensement des besoins durables
* Le recensement des ressources durables


Préambule

Cette étape conduira :

- soit à renoncer au projet, si la proportion des fonds propres s'avère excessivement faible par rapport aux fonds d'emprunt qu'il faudrait obtenir,
- soit à redimensionner le projet en le modifiant pour réduire les besoins, par exemple en recourant à la sous-traitance pour limiter les investissements.

Attention à ne pas céder à la facilité en rognant arbitrairement le besoin en fonds de roulement (BFR) car ce serait un leurre qui se paie souvent très cher, quelques temps après le démarrage !

Le plan de financement initial se présente sous la forme d'un tableau comprenant deux parties :

dans la partie gauche, les besoins de financement durables qu'engendre le projet,

dans la partie droite, le montant des ressources financières durables qu'il faut apporter à l'entreprise pour financer tous ses besoins de même nature.

Besoins durables : Frais d'établissement - Investissements HT- Besoin en fonds de roulement
Ressources durables : Capital social ou apport personnel - Comptes-courants d'associés (s'il y a lieu) - Subvention ou primes d'équipement - Emprunts à moyen ou long terme

Le recensement des besoins durables

Les frais d'établissement

Ce sont les premiers à retenir.
Les frais pour constituer l'entreprise - honoraires de conseil ou d'avocat, frais d'immatriculation, frais de première publicité, etc. - font partie des dépenses engagées au bénéfice de l'entreprise pour une période longue.
Il faut donc les considérer comme une " forme particulière d'investissement ".
Les frais d'établissement seront par la suite, au cours des premiers exercices, amortis par imputation progressive dans les charges du compte de résultat.

Les investissements

La constitution, au sens large, de l'outil de production, de l'équipement de l'entreprise, représente les investissements. On y trouve :

- les acquisitions de brevet, licence, droit au bail, partie de droit d'entrée dans une franchise, fonds de commerce... Plus tard, au bilan, ils prendront le nom "d'immobilisations incorporelles".

- les achats de terrain, matériels, machines, mobilier, véhicules, ordinateurs, construction, agencements, installations... Au bilan il s'agit des "immobilisations corporelles".

- les versements de dépôts et cautionnements, comme par exemple les 3 mois de loyer à verser en garantie lors de la conclusion d'un bail. Ce sont les immobilisations financières, qui peuvent comprendre également les prises de participation dans d'autres sociétés.

Les investissements sont à retenir pour leur prix hors taxes, sauf si l'entreprise ne peut pas récupérer la TVA ; en effet, la TVA relève d'un problème de trésorerie à court terme, alors que le "plan de financement initial" traite des besoins de financements constants de la future entreprise (besoins structurels).

A noter : un petit équipement, dont la valeur unitaire est inférieure à 500 euros HT, n'est pas à intégrer dans les investissements du plan de financement. Pour simplifier, son achat est considéré par l'administration fiscale comme une charge à imputer au compte de résultat du premier exercice.

Le Besoin en fonds de roulement (BFR)

Avant de commercialiser des produits, il est généralement nécessaire d'acquérir un stock minimum de ces produits.
Par ailleurs, on peut se trouver, dès le lancement de l'activité, dans l'obligation d'accorder des délais de règlement aux clients : une fois les produits livrés, l'argent dû constitue une "créance client".
En revanche, les fournisseurs accordent, eux-aussi, des délais permettant de ne pas les payer immédiatement.

Il existe donc une "masse d'argent" immobilisée et nécessaire à l'exploitation de l'entreprise qui correspond aux "stocks moyens + les encours moyens de créances sur les clients - les encours moyens de dettes à l'égard des fournisseurs".
De la même manière que l'entreprise doit disposer en permanence de locaux et de machines, elle doit également avoir des ressources disponibles à concurrence de cette somme et donc considérer celle-ci comme un investissement à financer au même titre que les autres investissements.

Cet investissement dans le cycle d'exploitation est appelé Besoin en Fonds de Roulement (BFR).


Le recensement des ressources durables

Il convient également de chiffrer les ressources financières qui permettront de couvrir les investissements. Elles se regroupent en deux catégories :
- celles que l'on apporte : "les apports personnels" (du créateur ; des autres associés)
- celles qu'il faut trouver en complément : prime, subvention, emprunt à moyen ou long terme.

En bonne orthodoxie de gestion, les besoins financiers durables doivent être couverts par des ressources de même nature. Les totaux des deux colonnes du plan de financement initial doivent donc être égaux.

Par conséquent, si la somme des apports, éventuellement majorée d'une prime ou d'une subvention, reste inférieure au total des besoins durables, il faudra combler cette différence par un financement externe. Ce financement, souvent de nature bancaire, devra alors être en cohérence avec la pratique des banques qui appliquent certains principes pour la distribution des crédits d'investissements (crédit à moyen ou long terme) comme :

ne pas risquer plus de fonds que le créateur lui-même,

écarter de l'assiette de financement les investissements incorporels (hormis le fonds de commerce) et très souvent le Besoin en fonds de roulement (BFR),

ne financer qu'à 70 % du prix HT ce qui est recevable (besoins finançables par la banque),

tolérer chez l'emprunteur un endettement à terme qui ne dépasse pas le total de la Capacité d'autofinancement prévisionnnelle (CAF) des 3 premières années,

n'accepter chez l'emprunteur qu'une charge annuelle de remboursement du capital emprunté, limitée au plus à la moitié de la CAF prévisionnelle.

Ces deux derniers critères imposés par les banques ne pourront être vérifiés qu'une fois le compte de résultat établi, ce qui pourra amener à reconsidérer la solution financière.

Bien sûr, d'autres financeurs que les banques peuvent intervenir avec des critères plus souples (par exemple : association de prêts d'honneur).

En cas de recours au crédit-bail pour financer une partie des investissements, il faudra soit porter le montant du contrat de crédit-bail envisagé dans la colonne "ressources durables", soit ne pas prendre en compte dans les "besoins durables" les biens devant être financés en crédit-bail.


Le point de vue du banquier

Dans le plan de financement initial, je m'assure que le porteur de projet a bien pris en compte son besoin en fonds de roulement afin d'éviter les problèmes de trésorerie liés au démarrage d'activité.
En effet, il est fort probable que les premières factures devront être payées avant que les premiers règlements soient encaissés.

apce.com


         
 
                         
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