Perspectives économiques : Le FMI dresse des conclusions positives sur le Maroc

En mission au Maroc depuis le 5 décembre, les services du FMI ont achevé les entretiens sur les consultations de 2012 et la première revue de la ligne de précaution et de liquidité.



Perspectives économiques : Le FMI dresse des conclusions positives sur le Maroc
Encore une fois, le constat se confirme. «L’économie marocaine a bien résisté à la crise économique». L’affirmation est faite par Jean-François Dauphin, chef de mission des services du Fonds monétaire international. Et ce à l’issue de la mission des services de ladite institution au Maroc. Après 14 jours de consultations menées avec les autorités, y compris le secteur privé et la société civile, Jean François Dauphin a rendu compte de ses conclusions lundi dernier, lors d’un point de presse. Aux yeux des experts du FMI, les résultats sont plutôt satisfaisants. Le FMI a qualifié de robustes les résultats macroéconomiques. Plusieurs raisons à cela : la solidité des fondamentaux économiques et les politiques globalement «saines» que le Maroc a mises en œuvre. En effet, le pays a su faire face à cette crise et autant de facteurs y ont contribué. Dans cet élan d’idées, les conclusions du FMI relèvent que «les solides résultats enregistrés par le Maroc ont été mis à l’épreuve par la détérioration de la situation économique en Europe, le renchérissement du pétrole et des produits alimentaires et en 2012 par une production agricole inférieure à la moyenne».
Par contre, l’observateur du FMI avait prévenu contre les pressions extérieures. Ces dernières devraient persister et une détérioration supplémentaire de l’environnement international n’est pas à exclure. Dans cette conjoncture difficile, Jean François Dauphin voit en la mise en œuvre du programme des autorités, tel que soutenu par le FMI, une nécessité. Il s’agit, selon ce responsable, des réformes qui visent la croissance potentielle, le renforcement de la compétitivité. À cela s’ajoutent un assainissement graduel des finances publiques et une politique monétaire et financière prudente.

Reconnaissance

S’agissant de la ligne de précaution et de la liquidité décrochée par le Royaume en août dernier, le chef de mission du FMI a noté que «cette LPL a contribué à rehausser la confiance des marchés». La preuve est la réduction des écarts des contrats sur risque de défaut en août dernier. Sur ce volet, Jean François Dauphin a commenté «les marchés apprécient le fait que le Maroc dispose dans son arsenal d’une assurance supplémentaire contre les chocs exogènes. L’octroi de cette ligne constitue une reconnaissance de la part du FMI des fondamentaux sains des paramètres économiques du Royaume. Pour le moment, «le Maroc n’a pas encore utilisé cette ligne», a déclaré Jean-François Dauphin.  À noter que cette LPL porte sur un montant de 4,12 milliards de Droits de tirages spéciaux (DTS), soit 6,2 milliards de dollars sur 24 mois. Ce qui est équivalent à 700% de la quote-part du Maroc auprès du FMI.
Aux dires de l’institution, la croissance du PIB devrait ralentir cette année à environ 3%, même si la croissance hors agriculture se maintiendrait à 4,5%. Quant au déficit des transactions courantes, il devrait dépasser 8% du PIB, bien que les réserves se soient stabilisées à environ 4 mois d’importations.
Pour le FMI, «le déficit budgétaire devrait diminuer pour se rapprocher de 6% du PIB grâce notamment à l’ajustement en juin des prix des produits subventionnés», a avancé Jean-François Dauphin. Dans ce sillage, l’inflation devrait rester faible en avoisinant un taux de 1,3% pour cet exercice, et ce malgré les augmentations des prix, toujours selon la déclaration du chef de la mission de l’équipe du FMI.
Les travaux de l’équipe du FMI ont montré du doigt le taux de chômage qui reste «élevé chez les jeunes». Par contre, son taux restera stable en avoisinant près de 9%. Sur ce registre, Jean-François Dauphin a noté que «malgré les progrès réalisés par le Maroc dans la réduction de la pauvreté et le renforcement de la croissance, durant la dernière décennie, il reste beaucoup à faire pour réduire le chômage, notamment chez les jeunes et améliorer davantage les indicateurs sociaux tels que ceux afférents à l’alphabétisation et l’égalité d’accès aux infrastructures de base et aux services de santé et d’éducation».
L’émission d’emprunt obligataire sur le marché du dollar, effectuée par le Royaume le 5 décembre dernier, est vue d’un bon œil par le FMI. Sur ce registre, le chef de mission a été on ne peut clair : «la confiance des marchés s’est confirmée en décembre avec l’émission réussie d’obligations souveraines».  
La performance du secteur bancaire n’est pas en reste. «Le secteur s’est montré résilient face à la crise mondiale et sa situation reste saine dans son ensemble», a indiqué Jean François Dauphin. Celui-ci a affiché entièrement sa disposition à soutenir les efforts de Bank Al-Maghrib visant à poursuivre le renforcement de la réglementation et la supervision bancaires. De même pour l’amélioration de l’accès aux services financiers  dans les zones rurales.

Toujours avec une optique positive, l’observateur du FMI a mis en exergue le projet de la loi de Finances 2013. Pour lui, «l’orientation du PLF 2013 est appropriée. Et ce dans le sens où elle contribue à l’effort de l’assainissement des finances publiques à moyen terme et les autorités marocaines ont cet objectif que nous soutenons».
Toutefois, les conclusions du staff du FMI ont fait ressortir que la viabilité des finances publiques à moyen terme est une priorité. Elle passe par la mise en œuvre des réformes structurelles permettant de dégager des marges de manœuvre budgétaires pour améliorer la protection sociale et investir dans le capital humain et dans l’infrastructure. Pour ce faire, la dépense publique doit être orientée vers les secteurs prioritaires tels que l’éducation et la formation, a expliqué Jean François Dauphin.

Le FMI : la réforme de la compensation est urgente

L’équipe du FMI préconise la réforme de la Caisse de compensation. Sur ce point, l’institution internationale est catégorique: «La réforme du système de subvention est indispensable et urgente, car le système actuel obère les ressources budgétaires et constitue un moyen inefficace de soutien aux populations dans le besoin». Ainsi, le chef de la mission voit en la compensation graduelle, le rétrécissement du champ de la compensation des pistes pour procéder à la réforme. Idem pour la réforme des retraites qui s’avère également nécessaire pour la viabilité des finances publiques.

Repères
  • Pour le FMI : le programme des autorités est sur la bonne voie.
  • Ralentissement de la croissance du PIB à 3% en 2012.
  • Le Maroc n’a pas usé de sa ligne de précaution et de liquidité.

Soumaya Bencherki, LE MATIN


         
 
                         
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