Partir pendant la crise



Dans un contexte économique un peu difficile, certaines entreprises sont touchées par la crise, surtout celles tournées vers l'export ou encore celles faisant partie d'une multinationale.

Des groupes ont déjà commencé à licencier certains de leurs employés tandis que d'autres essayent de limiter les dégâts et ne coupent pas dans leur effectif. Résultat, des cadres se sentent menacés et projettent de changer d'employeur, voire carrément de secteur d'activité. Est-ce une bonne solution ou un coup de tête ?
«Tout d'abord, il y a lieu de souligner que quiconque dans les circonstances actuelles ne doit pas prendre des décisions importantes au niveau de sa carrière, conditionnées par la crise !! Je sais que cela peut paraître facile comme affirmation, mais que voulez-vous faire ? Si des décisions doivent être prises et bien qu'on les prenne à tête reposée et qu'elles soient bien réfléchies», affirme Ali Serhani, consultant RH associé, Cabinet Gesper Services.

Des fois, les salariés changent également de boulot, si l'ambiance devient exécrable car ils ne peuvent plus supporter de travailler avec un supérieur hiérarchique exécrable ou également caractériel. «C'est une erreur irréparable, surtout si l'on a un poste stratégique et à long terme évolutif», conseille le consultant. Et d'ajouter : «Un peu de patience, car des patrons enquiquinants, il en existe partout, autant les gérer et en profiter pour faire un travail très positif sur soi-même».

En d'autres mots, il faut savoir gérer ses émotions, surtout si l'on a un amour-propre démesuré. Des fois, en période de crise, le salarié décide de quitter son poste pour une offre alléchante, mais dans une entreprise que l'on peut assimiler à «un fief de féodalité», c'est l'une des erreurs qui risquent de vous marquer à vie, surtout si vous venez d'une entreprise structurée et organisée. En fait, au Maroc, il existe des mastodontes gérés par des «Moul Choukara». Ils payent parfois des salaires faramineux dignes des multinationales, mais ils manquent de maturité managériale. «Ne l'oublions pas, on ne se décrète pas du jour au lendemain entrepreneur», souligne Ali Serhani.

Après avoir succombé au charme de ces entreprises qui payent mieux, ces cadres attirés par l'argent se retrouvent dans une société désorganisée et commencent, après six mois uniquement d'exercice chez leurs nouveaux employeurs, à faire appel à des cabinets pour chercher un autre emploi dans une entreprise structurée ou multinationale avec une culture d'entreprise très forte, pour la moitié de leur salaire actuel. A méditer.
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«Ne pas quitter avant de trouver un bon emploi»

Partir pendant la crise, est-ce toujours une bonne idée ?

Je dirai que cela dépend dans quelle situation on se trouve. Soit on vous demande de partir, soit vous estimez perdre votre temps dans l'entreprise et il vous semble préférable d'aller ailleurs. Tout d'abord, si vous liez votre départ à la crise alors qu'au sein de l'entreprise, on ne vous a rien demandé, c'est que quelque part il y a un problème. Car crise ou pas crise, la société peut vous remercier en vous dédommageant bien sûr (puisqu'aujourd'hui elle sait à quoi s'en tenir en matière d'indemnités) comme elle peut vous garder malgré ses difficultés financières.
Par contre, si vous souhaitez partir pour des raisons personnelles, parce que vous estimez « mourir à petit feu », la question à vous poser est simple : «partir oui, mais pour quel poste et pour quelle entreprise ? ». On sait ce que l'on perd, mais on n'a aucune idée sur ce que l'on va gagner… Voilà les questions auxquelles vous devez apporter des réponses.

Et si c'est inévitable, que faire ?

Ceci étant, la crise a engendré beaucoup de chamboulements et certaines entreprises de par le monde cessent de produire comme auparavant. Et si celles-ci sont présentes au Maroc via des filiales ou des sous-traitants, leurs récessions touchent collatéralement nos entreprises et donc par conséquent, certains emplois doivent « sauter ».
Si tel est le cas et si l'on pense que malgré les compétences que nous avons, et les résultats positifs engrangés, il est grand temps, du fait de la crise, de changer d'entreprise sinon de secteur d'activités, voila les premiers conseils à donner : Comme susmentionné, se demander pour quel poste on va changer, pour quel salaire et surtout pour quel genre d'entreprise. Ce dernier point est important, car s'il s'agit parfois de quitter une entreprise où les bonnes pratiques managériales sont « monnaie courante », pour se diriger vers une entreprise où le patron pense être dans sa « ferme » ou dans son « fief », mieux vaut rester là où l'on est et attendre le moment propice pour changer.

Autrement dit ?

Il faut toujours peser le pour et le contre. Si vous devez quitter une entreprise pour une autre, projetez-vous sur les cinq prochaines années et dans le secteur d'activité dans lequel vous souhaiteriez opérer. Renseignez-vous bien sur ce dernier cas, surtout s'il est lié à la situation économique internationale. Le plan Emergence peut vous donner des idées si vous le souhaitez.
En dehors de cela, on peut se dire « crise ou pas crise » il est grand temps de revoir nos projets futurs, de faire une sorte de « pause de carrière ». Ainsi, tout en gardant son poste actuel, on peut imaginer un petit peu ce que l'on compte faire de sa vie professionnelle. Il y a un proverbe chinois, à méditer, aussi bien par les employeurs que par les salariés, et que j'affectionne tout particulièrement qui dit que « Lorsque le vent souffle très fort, il ne faut pas construire de grandes murailles, mais plutôt des moulins à vent ». Au lieu donc de se recroqueviller et attendre des jours meilleurs, s'ils arrivent !! Il vaudrait mieux prendre les devants et imaginer, innover et se dire que la « solution se cache dans le détail » et c'est ce détail qu'il faut trouver qui fera toute la différence.

Est-ce que le refus d'augmentation de salaire ou de promotion constitue un motif valable pour un départ ?

Si le refus d'augmentation de salaire ou de promotion est lié à la conjoncture économique et si l'employé se trouve être dans une entreprise structurée et digne de ce nom, il serait souhaitable qu'il reste en attendant des jours meilleurs. Je pense que c'est dans des moments pareils qu'il faut être solidaire avec son employeur. Je crois qu'il ne faut surtout pas se précipiter, surtout vers l'inconnu.
Cependant, si vous êtes dans une entreprise qui a toujours été gérée de manière archaïque et si vous estimez que vous êtes compétent (les résultats sont là pour le prouver, pas les paroles) et donc en train de perdre votre temps, autant aller chercher ailleurs.

Un conseil ! Ne quittez pas l'entreprise tant que vous n'avez pas trouvé un emploi digne de vous et de vos compétences. Négocier tout en ayant un emploi n'est pas la même chose que lorsqu'on est sans !!!

Quelles précautions prendre avant de signer un contrat avec un autre employeur ?

Cela dépend de la situation du candidat. Est-il en position de faiblesse ou pas ? Lui faut-il coûte que coûte ce travail ? Ou bien a-t-il été approché directement par son nouvel employeur ?
Pour le premier cas, il est impératif pour le candidat de travailler et donc d'accepter le job proposé, autant prendre ce qu'il y a, en attendant une très bonne opportunité. Si on vous donne un contrat léonin à signer, ne craignez rien, signez-le et légalisez-le si on vous le demande, car il y a de toute façon un minimum de droits garantis par la loi, sans oublier que le texte d'ordre public l'emporte sur toute convention particulière.
Pour le second cas, le candidat a été approché soit par un cabinet soit par un DRH ou quasiment par le DG de l'entreprise, alors là certaines précisions s'imposent:
La première étant que le candidat approché, s'il est intéressé par l'offre, doit être sûr de sa démarche : veut-il quitter ou non son employeur actuel ?
Si la réponse est oui, alors tout rentre dans l'ordre et là, il peut négocier. S'il n'est pas sûr, qu'il reste professionnel et décline l'offre et par là il permettra à d'autres personnes de postuler pour le poste, sans leur faire de l'ombre surtout si c'est un profil « pointu ».

Dans le premier cas, la première des clauses est celle afférente au salaire. Normalement le salaire figure en brut dans le contrat de travail et risque de correspondre à un net, sur lequel se sont mises d'accord les deux parties. Pour ce cas le salarié doit demander une simulation du bulletin de paie qu'il recevra chaque fin de mois. Cela lui évitera beaucoup de surprises !!! Autre conseil, il faut négocier un bon salaire brut qui puisse correspondre à un bon salaire net, car on se base toujours sur le brut pour calculer les cotisations et autres.
Le salarié doit aussi négocier la durée de préavis en cas de départ, car on peut même vous faire signer un préavis d'une année. Si vous signez et légalisez le contrat, vous devez respecter ce délai en cas de départ. Alors, autant être prévenant dès le départ afin d'éviter toute malencontreuse surprise.

In fine, le salarié étant dans une position de force, il doit lire son contrat avec méticulosité si possible avec l'aide d'un expert, pour ne pas se faire leurrer. Méditez toujours ce que vous disent vos assureurs-conseils : « Quand vous lisez un contrat d'assurance, ne lisez jamais les garanties, lisez toujours les exclusions !!! ».

le matin


         
 
                         
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