Mourabaha, crédit classique, LOA : quel crédit auto choisir ?



Mourabaha, crédit classique, LOA : quel crédit auto choisir ?

La LOA semble être la plus avantageuse : jusqu’à 10% de moins sur la facture totale. Avec une fiscalité revue Mourabaha ne présente presque plus de différence avec le crédit classique.
Le salon de l’automobile, rendez-vous bi-annuel tant attendu par nombre de Marocains pour acheter une nouvelle voiture, aura lieu du 17 au 27 mai prochain. Cet événement contribue largement à doper les ventes de l’automobile qui, par ailleurs, ne cessent de s’améliorer. En effet, l’année 2011 s’est achevée avec une croissance appréciable de 8,38% avec 112 100 voitures neuves vendues. La hausse se confirme toujours pour ce début de l’année 2012. Les nouvelles immatriculations se sont élevées à 19 355 unités à fin février, en accroissement de 18% par rapport au même mois une année auparavant. Cette bonne performance n’est certainement pas due à un enrichissement collectif de la population, mais plutôt aux réductions de prix consenties par les distributeurs, à un assouplissement des dispositions relevant de l’octroi de crédits, à un élargissement de la base clientèle et aussi et surtout à la diversification des produits destinés à l’acquisition de voitures.
Aussi, les sociétés de financement peaufinent leurs offres afin de gagner quelques points de part de marché, à coups de baisse de taux d’intérêt, de diversification de formules de financement et de remboursement. Devant la pléthore d’offres aujourd’hui disponibles sur le marché,  quel produit choisir ?
Crédit à la consommation affecté (lié à l’achat de l’automobile), location avec option d’achat (LOA) et Mourabaha sont autant de solutions proposées par les sociétés de financement de la place. Mais toutes n’offrent pas les trois formules de prêt à la fois. C’est l’exemple de Vivalis. La filiale de la Banque centrale populaire a momentanément suspendu son offre de financement à base de produits dits «alternatifs» (islamiques). Et pour cause, la société a jugé nécessaire un réaménagement des conditions d’octroi et de fonctionnement de ce type de crédits. Acred, Eqdom et Cetelem, quant à elles, ne commercialisent pas Mourabaha. Elles optent plutôt pour le crédit classique, historiquement le plus connu et le plus rentable. Pourtant, un toilettage fiscal a été opéré sur le produit islamique afin d’aligner la TVA sur celle appliquée aux autres crédits, mais cela ne leur a pas vraiment profité. A ce titre, les encours des prêts de type Mourabaha ont baissé de 11% sur l’année 2011 pour s’établir à 800 MDH.
Côté taux d’intérêt, pour un crédit à la consommation classique ceux-ci diffèrent considérablement d’une société de financement à une autre au même titre que les frais de dossier et d’assurance. Selon les informations collectées par La Vie éco auprès du réseau d’agences de certaines sociétés, Eqdom applique du 7%, Acred offre quant à elle 9,75% et Cetelem 12,5%. Le taux peut atteindre jusqu’à 13% chez Vivalis. Mais ces différences de taux sont à nuancer, car, d’une part, la négociation est toujours possible et, d’autre part, les frais de dossier appliqués diffèrent eux aussi sensiblement d’une société à une autre.
1,5% du coût pour l’assurance et 1% pour les frais de dossier
Pour mieux comprendre la différence entre les trois formules de financement, prenons le cas des scénarios de crédit les plus courants pour des voitures coûtant 150 000, 250 000 et 350 000 DH.
Pour une voiture coûtant 150 000 DH (TTC) avec un financement sur 60 mois et un apport initial de 25% -soit 37 500 DH de mise en fonds propres et 112 500 d’emprunt-, le crédit classique donne lieu à une mensualité de 2 690 DH (TTC), alors qu’avec une LOA la mensualité revient à 2 571 DH, soit 118 DH en moins ; et il faut payer 2 667 DH pour le produit islamique Mourabaha, soit 23 DH de plus que la formule classique. Mais, la comparaison effectuée sur la seule base de la mensualité peut s’avérer trompeuse. Les frais de dossier et d’assurance décès-invalidité toutes causes (ADTC), qu’ils soient compris ou non dans la mensualité contribuent au gonflement du coût global du crédit. Plus le montant du crédit demandé est important, plus ces frais sont élevés. Ces frais dits «annexes», mais tout aussi importants n’ont pas de base de calcul commune entre les différentes sociétés de financement. Ils sont tributaires de la marge commerciale de l’établissement du crédit, ce dernier devant optimiser son gain tout en veillant à ne pas «trop» pénaliser le client potentiel. Généralement, les frais afférents au traitement du dossier du crédit ne dépassent pas 1% du coût global du prêt et peuvent atteindre jusqu’à 1,5% pour la couverture contre le risque de décès ou d’invalidité. Au final, et en tenant compte des frais annexes, le crédit simple engendre un coût global de 165 176 DH, plus cher que la LOA de 9 636 DH et de la Mourabaha de 2 034 DH.
Pour le même apport (25%) et la même durée de remboursement (5 ans), prenons le cas d’une voiture d’une valeur de 250 000 DH (TTC)-soit 62 500 DH de mise en fonds propres et 187 500 d’emprunt. En choisissant l’option crédit conso classique, le client remboursera un montant de 274 435 DH (TTC), de 1% plus élevé que le produit Mourabaha, qui, lui, vaut 271 115 DH. En optant pour la LOA, le contractant baisse le coût de son crédit de 10% à 245 923 DH par rapport au crédit classique.
Dans des conditions de base similaires mais pour une plus grande bourse, prenons un véhicule valant 350 000 DH (TTC), soit 87 500 DH de mise en fonds propres et 262 500 DH d’emprunt. On se retrouve avec le même schéma. Le client gagnera beaucoup en contractant auprès de sa société un crédit de type LOA qui coûtera au final 295 120 DH qu’à travers le crédit classique dont le coût s’élève à 329 163 DH ou la Mourabaha avec 325 203 DH.
De l’ensemble de ces éléments se dégage un constat : la location avec option d’achat est visiblement la formule la moins chère des trois produits offerts. «Cela trouve son explication dans le fait que l’établissement de crédit qui achète le véhicule est en droit de récupérer la TVA qui est de 20%», explique un banquier de la place. Le client a ainsi l’impression que la banque ou la société de financement lui a offert un taux d’intérêt réduit. Mais l’établissement de crédit assure sa marge commerciale dans la récupération de la TVA.
La particularité de la LOA est la valeur résiduelle que le client est obligé de payer à terme pour pouvoir devenir propriétaire de la voiture. Elle représente généralement 1% à 2% de la valeur de l’automobile. Par souci d’innovation, certaines sociétés telles que Sofac Crédit et Vivalis ont supprimé la contrainte du paiement de la valeur résiduelle à condition que l’apport en fonds propres soit d’au moins 40%. D’un autre côté, il n’existe pas de différence notable en termes de coût entre le produit alternatif et le crédit conso classique. C’est l’une des raisons qui pourraient expliquer la léthargie de ce type de produits, malgré la clientèle élargie susceptible d’être intéressée.
Bien s’informer, condition sine qua non pour contracter un crédit au meilleur prix
En dépit de cela, il faut bien souligner que dans le secteur du crédit à la consommation, fortement concurrentiel, on peut négocier. Une personne désirant acquérir une voiture se doit de faire le tour des sociétés de financement à des fins comparatives, de demander des simulations et de négocier son avance et les frais annexes également. Il n’est pas impossible qu’un particulier, armé d’une bonne connaissance des conditions de financement, des taux appliqués et des solutions offertes par les établissements de crédit, puisse obtenir un crédit classique ou de type Mourabaha à des conditions plus avantageuses que la LOA.
Sur un autre volet, il serait plus profitable pour une personne d’attendre les promotions faites au courant de chaque année, offrant une palette de produits adaptées aux besoins de toutes les bourses. Les sociétés, craignant que la concurrence fasse mieux, ne souhaitent pas divulguer au grand jour leurs offres promotionnelles, elles préfèrent plutôt attendre l’approche du salon. Cependant, certaines d’entre elles n’ont pas manqué de nous donner un avant-goût sur cela. Par exemple, Sofac Crédit propose, entre autres, des taux de crédit à partir de 6,90% au lieu de 12,5% fixé habituellement. Acred, quant à elle, offre un financement de 100% du montant global de la voiture avec un différé de 2 mois pour le remboursement. Parmi ses offres prochaines,  Eqdom applique un taux d’intérêt de 6% pour les fonctionnaires.

Fiscalité : En attendant une fiscalité avantageuse pour Ijara, la LOA halal

Dar Assafaa, société de financement alternatif, filiale du groupe Attijariwafa bank, n’applique que le produit Mourabaha à ses clients. Ijara, le corollaire de la LOA version halal, n’offre pas d’option attrayante pour le client du fait que ses aspects fiscaux ne sont toujours pas revus par les autorités responsables. Autant la Mourabaha est accessible à la clientèle grâce à l’uniformisation de sa taxation, autant Ijara piétine dans l’attente d’un remodelage réglementaire. Effectivement, la TVA de 10% sur la marge n’a pas encore été appliquée sur les produits Ijara. Avec cette baisse de la TVA, le produit alternatif Ijara sera plus compétitif que le produit initial, à l’instar de la LOA qui devient aujourd’hui plus avantageuse. Ceci dit, pour le produit Mourabaha, entre Dar Assafaa et Salafin, la différence est assez palpable en termes de coût du crédit. Pour un montant de 137 500 DH, chez Dar Assafaa il en coûtera 167 820 DH, soit… 3% de plus par rapport à la même formule chez Salafin. Pour un plus gros montant, soit 350 000 DH, le prêt engendrera chez le client un surcoût de 20% s’il s’adresse à Dar Assafaa.

 

Ibtissam Benchanna.
www.lavieeco.com



         
 
                         
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