Mines : L'OCP ou comment assumer la responsabilité du leadership



Mines : L'OCP ou comment assumer la responsabilité du leadership
Conquérir le leadership mondial, corroborer l'image de grand producteur pour conférer à l'OCP toutes les qualités requises. Le fond et la forme! La conférence de presse que Mostafa Terrab, président de l'Office chérifien des phosphates, a tenue vendredi dernier s'apparentait à un exercice universitaire:

un data show, des exposés chiffrés et argumentés, une déclinaison en parfaite pédagogie de la vision du groupe, de la stratégie, des objectifs aussi, ensuite une présentation du bilan financier, enfin l'inévitable exercice des questions- réponses après un ‘'ftour'' partagé en bonne convivialité. M. Terrab n'a esquivé aucun aspect. Il a mis la forme qui sied, il a traité avec franchise la problématique de l'Office depuis qu'il s'est transformé en «Société anonyme», autrement dit une entreprise comme il en existe beaucoup, mais dont la spécificité est que l'Etat y détient la totalité du capital.
Deuxième producteur mondial et premier exportateur des phosphates, l'OCP produit, outre les phosphates, l'acide phosphorique et les engrais. La production annuelle de 30 millions de tonnes des phosphates ne l'empêche pas, en revanche, d'être aussi le premier importateur mondial de soufre et d'ammoniac.

Une croissance exponentielle, caractérisée par un développement qui, au niveau de l'exploitation, a triplé et même plus en moins de 6 mois et comparé entre 2006 et 2007. En prenant en main les destinées du groupe OCP en février 2006, Mostafa Terrab a mis en place sans pour autant rien bouleverser un «staff» dirigeant nouveau et donné à chacun des responsables sa «lettre de mission», avec un souci marqué de coordination et de cohérence. Résultat: une progression du chiffre d'affaires qui avoisinera les 65 milliards de dirhams d'ici peu. L'OCP de 2008 n'est pas celui des années quatre-vingt-dix ou même quatre-vingts. Il n'est pas davantage préoccupé par les chiffres et les courbes que par une transformation multidimensionnelle.

A preuve, l'immense chantier en interne, lancé sur les chapeaux de roues qui constitue une véritable «révolution structurelle» et «culturelle», dira le président. Des projections du chiffre d'affaires, de la production et des ventes sont en cours. On annonce, et c'est une ambition affichée, l'hypothèse d'une production dans les prochaines années de 60 millions de tonnes et de 85 millions de tonnes à l'horizon 2015, d'une part parce que la demande mondiale va sans cesse crescendo et, d'autre part, parce que la nécessité se fait pressante de maîtriser le coût de production et de commercialisation.

Autrement dit, une politique dissuasive sera instaurée à terme pour décourager d'éventuels concurrents qui, comme pour le pétrole, seraient tentés de venir «ratatouiller» le marché. Le Maroc , en cas de nécessité, augmentera la production et fera prévaloir son leadership. M. Terrab a été catégorique à ce niveau, comme il a exprimé aussi son souhait de mettre en place une politique de fixation de prix capable de mettre son groupe hors concurrence déloyale. Quand le président de l'OCP parle de «gestation» en cours, c'est pour mieux nous indiquer que le groupe connaît une transformation en interne, en termes de management, de compétences et de valorisation des ressources humaines.

Cette restructuration est l'amont de tout développement international qui confortera la politique d'expansion. Car, d'ores et déjà, le propos lancé et selon lequel «le phosphate dans le monde ne proviendra à terme que du Maroc» semble devenir peu à peu une réalité plausible. En 2006, le rendement en termes de production et de commercialisation était proprement médiocre et la tonne du phosphate plafonnait à 40 dollars, pérennisant une politique des prix qui remonte aux années 70, pourtant considérée par certains comme une embellie. Il est passé en 2008 à 300 dollars la tonne. Mostafa Terrab n'aura eu aucun mal, à ce niveau, à tailler des croupières à l'ancienne gestion, marquée par l'attentisme, une passibilité récurrente et une vision à court terme. «En 30 ans, dit-il, les prix des phosphates ont baissé régulièrement par rapport à l'évolution du marché et des autres produits». Ces dernières années, la forte demande de la Chine, du Brésil et de l'Inde a fait grimper les prix.

Et pour ce faire, rien ne vaut mieux qu'une organisation, une plate-forme de production et de vente. Les producteurs concurrents, américains, indiens, saoudiens, ne s'en consolent pas: ils crient au «scandale géologique de Khouribga» parce que le site à lui seul recèle l'équivalent de plus de 50% du minerai des phosphates existant dans le monde. Jusqu'ici, l'extraction, le traitement par eau et le transport du phosphate coutaient assez cher, le transport constituant le tiers du coût total. En construisant trois à quatre usines, en réalisant un pipe-line pour le transporter jusqu'à Jorf Lasfar, le chiffre est nettement divisé par deux.

C'est une économie d'autant plus significative que les investisseurs étrangers sont conviés à s'implanter sur le lieu du traitement même, à proximité des usines. Là aussi, Mostafa Terrab, s'inscrivant dans une logique antithétique par rapport à ses prédécesseurs, a innové quand bien même l'édification des usines à Jorf Lasfar et à Safi coûterait l'équivalent de 600 millions de dollars. L'investissement en vaut la chandelle, parce que de grands groupes internationaux ont déjà succombé au projet de pine-line et parce que la notion du coût –sur laquelle M. Terrab s'est largement étalé dans sa conférence de presse– est prise en considération dans tous ses aspects.

L'appel fervent aux Investissements directs étrangers (IDE) n'est pas une clause de style. Il traduit une volonté mûrie de maîtriser tous les paramètres du grand et complexe système de production, de valorisation et de commercialisation du produit phosphatier. C'est le président du groupe qui l'affirme: «Les perspectives de croissance sont importantes dans des projets intégrés de production d'engrais. Les Investissements directs étrangers constituent notre nouveau levier de croissance».

Pour conquérir le leadership mondial, corroborer l'image de grand producteur, pour conférer à l'OCP toutes les qualités requises en ce sens, M. Terrab a engagé une ‘'véritable perestroïka'' en interne et en externe. Le management doit être aguerri, performant, solidaire sur la vision et les infrastructures, notamment les usines à Jorf Lasfar et à Safi, adossées sur un pipe-line qui est aujourd'hui la veine jugulaire de la maîtrise du coût, sont la force de frappe du groupe.


LE MATIN

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