Management : Que faire en cas d'augmentation «zéro»...



Un sujet fâcheux que les patrons refusent d'aborder. Voici quelques conseils précieux.
Que faire en cas d'augmentation «zéro» ? Voilà un sujet qui fâche les patrons, sachant qu'une grande partie de ces derniers n'a pas revu à la hausse les salaires de ses employés. Preuve en est, plusieurs DRH, à qui on a demandé d'intervenir sur ce sujet n'ont pas voulu s'exprimer, de craintes que leur employeurs ne se croient visés. Et oui, il faut vraiment éviter ce genre d'intervention.

Ceci dit, on ne va pas s'arrêter là, car c'est un sujet important à aborder vu les énormes attentes des salariés. «Mon salaire n'a pas été augmenté encore une fois cette année.

Franchement, je ne sais plus quoi faire : dois-je lever le pied sur l'accélérateur ou continuer avec le même rythme de travail, sachant qu'il n'y aura rien en retour», se demande une jeune dame qui travaille dans le secteur des services. Elle n'est pas la seule à se plaindre, ''les personnes qui n'ont pas été augmentées'' en ce début d'années se posent les mêmes questions. Pour les plus averties, elles notifient leur mécontentement à leurs chefs hiérarchiques et continuent de travailler avec la même cadence, sinon plus pour montrer à leurs patrons qu'elles peuvent compter sur elles malgré tout, tout en espérant bénéficier d'une augmentation à partir du second semestre. Pour d'autres, étant lassées, elles se contentent de travailler sans fougue ni forte implication, ce qui impacte négativement le rendement de la société.

Pour cette catégorie, fini le temps où le fait de rester tard au bureau pour finaliser un projet était une satisfaction, ce qui est vraiment dommage. D'autres cadres prennent leur mal en patience et essayent d'arrondir leur fin du mois, en donnant des cours dans des écoles privées, tandis que d'autres s'inscrivent pour décrocher un mastère ou un doctorat vu qu'ils veulent revoir leur carrière. Les patrons à ce moment ont un rôle prépondérant à jouer pour maintenir un bon niveau de mobilisation. Ils doivent notifier à leurs collaborateurs les raisons de ce «statu quo» pour les impliquer davantage et évaluant au cas par cas les réalisations de chacun. Le but étant de récompenser les plus méritants et d'essayer de s'aligner sur les salaires pratiqués par la concurrence. Surtout que cette dernière reste à l'affût de ce type d'informations qui causerait le mécontentement des cadres et qui ferait de ces bons profils une bonne proie à essayer de débaucher.

Toutefois, les cadres ne doivent pas s'attendre à un miracle ni à un engagement écrit de la part du top- management, ni encore à une promesse chiffrée. Par les temps qui courent, l'augmentation des salariés n'est pas une priorité des patrons. Ces derniers veulent davantage s'imposer sur le marché et invoquent souvent l'impact de la crise sur les résultats financiers de leur entreprise pour couper court à toute revendication de ce genre. Mais jusqu'à quand demeurera cette politique d'autruche ?

Avis de l'expert

Le couperet vient de tomber: pas d'augmentation pour le moment. Voici quelques conseils pour réagir de façon “pro” et revenir à la charge...
plus tard.

Pas de chantage au départ
Règle n°1 : même sous l'effet de la colère ou de la déception, ne menacez jamais vos supérieurs de quitter l'entreprise si vous n'en avez pas l'intention. C'est le meilleur moyen de perdre toute crédibilité et de vous retrouvez sur la touche. A des menaces stériles, préférez le flou artistique d'un « je suis déçu par cette décision et je vais y réfléchir».

Renégocier en milieu d'année
Rien ne vous oblige à attendre l'année suivante pour renégocier une augmentation. D'autant que 2010 est une année particulière : si l'activité reprend son rythme au premier semestre, les cordons de la Bourse pourraient se desserrer dès juillet. Demandez à votre manager de renégocier dans 6 mois. Autre solution : ne fixez pas de date ferme mais demandez à renégocier l'affaire dès que vous avez atteint les deux ou trois objectifs prioritaires du semestre. C'est un compromis plus facile à accepter pour lui.

Négocier une compensation
Ne jamais donner l'impression que vous êtes résigné et satisfait de votre sort. Vos engagements passés et à venir doivent être reconnus d'une manière ou d'une autre. Vous pouvez, par exemple, tenter d'obtenir une demi-journée (ou plus) de télétravail si cela constitue un avantage à vos yeux ou un aménagement de vos jours de travail. Autre levier de compensation : des avantages en nature (téléphone ou ordinateur portable, remboursement de frais, etc.) ou une formation qui améliore votre employabilité. « L'objectif est d'acquérir des compétences managériales ou techniques supplémentaires qui permettront de négocier un substantielle augmentation en 2011. Le retard salarial doit être le moins durable possible», insiste François Enius, coach de dirigeants.

Demander de nouvelles responsabilités
Travailler plus pour gagner autant ! Par exemple, en demandant la gestion d'un nouveau projet en parallèle de votre job actuel. Oui, cela peut paraître farfelu mais selon la réponse de votre supérieur, vous saurez s'il vous trouve digne de confiance pour vous accorder des responsabilités supplémentaires. S'il accepte, faites lui part de vos vœux. Evidemment, tout cet investissement supplémentaire viendra appuyer votre prochaine demande d'augmentation.

Identifier les critères du «non»
Vous avez argumenté votre demande d'augmentation et votre manager a dit: «Niet». Inutile d'insister. En revanche, amenez-le à détailler ses explications de façon à mieux cibler vos futurs efforts, en partant des faits. «Reparlez par exemple de vos objectifs précédents, conseille François Enius. Le but est d'identifier comment votre supérieur les priorise. « J'ai raté une augmentation parce que j'ai mal évalué l'importance d'un projet, se souvient Claire, responsable marketing dans une PME. Aux yeux de mon chef, bâtir une base de données qualifiée était moins urgent que de lancer la campagne de publicité qu'il avait en tête. Je l'ai compris trop tard...»

Formaliser l'échange
Si l'échange se déroule lors de l'entretien d'évaluation, pas de problème, tout est consigné dans le compte-rendu « officiel ». En revanche, si le rendez-vous avec le manager est plus informel, demandez une confirmation écrite. « Ce mail doit reprendre la teneur des échanges et les engagements des deux parties. Toutefois, n'attendez pas de promesse chiffrée sur votre prochaine augmentation. Aucun manager ne prendra se risque », souligne François Enius. Si ce récapitulatif écrit tarde à venir, rédigez en un et envoyez le à votre manager. Attention à ne pas le mettre en porte-à-faux vis-à-vis de sa propre hiérarchie! Demandez-lui une confirmation écrite. Mais gardez bien à l'esprit que ces mails n'ont qu'une valeur morale entre vous deux.

lematin.ma


         
 
                         
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