Management : En quoi consiste la méthode Mintzberg?



Le passage pour la première fois au Maroc du théoricien du management Henry Mintzberg a connu l'engouement de nombreux managers et hauts cadres rassemblés par iCompétences. Le temps d'une séance de formation, Mintzberg décline sa théorie de l'organisation, socle même du management. Une réflexion qui vient chambouler la conception du management classique pour apprendre à manager autrement


Les techniques de management ont souvent été, ces dernières années, le sujet de réflexion phare de différents théoriciens spécialisés en la matière. La gestion de l’humain reste en effet liée à de nombreux facteurs, parfois plus complexes qu’il n’y paraît. Une des théories les plus en vogue aujourd’hui est indéniablement celle d’Henry Mintzberg. Présentée par son créateur en personne pour la première fois au Maroc, lors d’une formation «VIP» organisée par iCompétences, cette dernière a connu un réel engouement de la part des managers et hauts cadres présents. Au centre de cette rencontre figurait une question: comment appréhender les organisations et leur fonctionnement ?
Pour Henry Mintzberg, la compréhension conceptuelle des organisations est essentiellement basée sur six critères principaux à savoir la façon de travailler des managers, le fonctionnement des organisations, la prise de décision, l’élaboration des stratégies, les relations entre les organisations et le pouvoir ainsi que les relations entre les organisations et les sociétés. Dans cette configuration, Henry Mintzberg élabore une théorie qui se base sur une réalité: «en cherchant l’efficience à tout prix et à court terme, les organisations risquent de perdre l’essentiel, à savoir l’engagement des individus». Oui, il s’agit bien d’envisager le management autrement. Tendre à professionnaliser le management serait, selon Minstzberg, le danger principal, induisant une «perte d’engagement» au niveau des équipes. Des méthodes plus simples sont alors préconisées telles que l’emploi de l’intuition. En d’autres termes, un chef d’entreprise doit garder en tête le fait qu’il est impossible d’avoir une méthode de fonctionnement pour son organisation donnée.

Multiplicité des schémas d’organisation

La théorie d’Henry Mintzberg est claire: «il n’existe pas d’approche complète du phénomène des organisations sans une prise en compte rigoureuse des procédures de management». Dans ce sens, la compréhension des procédures de management passe par la définition précise de la nature du travail du manager, du processus d’élaboration de la stratégie, du processus de l’intuition, du rôle des processus couplés de l’analyse et de l’intuition, dans le cadre des organisations complexes, et de la formation des diplômés de MBA et des managers. Après avoir déterminé ces éléments, il faudrait ajouter d’autres éléments sur lesquels se base une organisation structurée, à savoir la division du travail et les moyens mis en œuvre pour opérer une forme de coordination entre les différentes tâches. C’est à partir de ce postulat que peuvent se construire plusieurs types d’organisation qui poursuivent la réalisation d’une mission commune. La plus grande erreur qu’un manager puisse commettre dans son approche organisationnelle est de penser qu’il n’existe qu’une «one best way» pour gérer chaque organisation. C’est dans ce sens qu’il est important pour lesdits managers de tenir compte des recommandations des analystes qui ont à la fois le temps et les techniques de management, au moment où les managers ne disposent que de l’information et de l’autorité d’application.

«Le leader»
Les leaders sont des personnes très importantes dans toute structure. Ils prennent de la hauteur sur les événements, développent souvent de nouveaux concepts ou produits et fournissent des services. Plus ils évoluent dans la hiérarchie, plus ils prennent de l’importance dans l’entreprise. Ils prennent en compte le fait que la stratégie s’applique par le bas de la hiérarchie. Dans leur mode de gestion, ils prennent des décisions et allouent aux ressources le rôle d’application. Ils calculent les moyens dont ils disposent pour mener à bien leur mode de management qui reste principalement basé sur des faits concrets et avérés. Le leadership est généralement orienté vers la volonté des autres dans une approche assez altruiste. C’est ce qui justifie le fait que les leaders ont une capacité à mobiliser les énergies, une grande flexibilité intellectuelle et émotionnelle. Plus encore, un leader a cette capacité à analyser un problème sous tous ses angles tout en se mettant à la place de ses collaborateurs. Cependant pour compléter la vision de Mintzberg des recherches menées dans les universités américaines affirment presque unanimes que le leadership n’est pas qu’une affaire de management. Un vrai leader est reconnu à son aptitude à affronter la pression. La recette : Un bon leader se met au service de ceux qu'il dirige, pour que ceux-ci puissent à leur tour rendre service aux clients ou usagers de leur organisation. Devenir un leader implique une maîtrise de soi, une confiance en soi et une attitude générale positive pour aller de l'avant.

Le manager «mobilisateur»
Ce type de manager est également très important dans une entreprise dans la mesure où c’est un profil de bon gestionnaire qui a cette capacité à aider d’autres personnes à se sentir importantes dans l’entreprise. Il faut savoir qu’une organisation est un réseau interactif, pas une hiérarchie verticale. Les leaders efficaces travaillent avec leurs équipes, ils ne siègent pas au-dessus. Les personnes engagées sont plus à même de résoudre les petits problèmes qui poussent dans les grandes initiatives. Ils gèrent leurs équipes en faisant ressortir l'énergie qui existe naturellement chez chacun de leurs collaborateurs. Cette approche leur permet ainsi d’assurer une gestion des moyens d'engagement, selon le jugement, enracinée dans son contexte. Le leadership est une mission sacrée qui consiste chaque jour à s’assurer le respect des autres, un respect sur lequel se base toute la légitimité du manager. Pour compléter la vision d’Henry Mintzberg, les études menées sur ce type de profils concluent sur le fait que ce type de managers tire profit de sa capacité à mobiliser ses équipes par des comportements qui sont remarquablement cohérents. Leurs cahiers de charge et leurs rôles sont généralement nombreux et variés. Pour atteindre ce niveau de management, un manager aurait besoin d’occuper ses fonctions pendant au moins trois années et d'au moins 15 ans dans une même entreprise. Concernant les caractéristiques, la taille de son équipe est généralement comprise entre 3 et 15 collaborateurs. Pour parvenir à ce «degré» de management, une recette est avancée : «l'apprentissage de la gestion engagée consiste à observer les autres et tirer les bon côtés de chacun en évitant les mauvais». En d’autres termes, apprendre à gérer l’humain par la dimension humaine. 


Point de vue

Henry Mintzberg, 
Professeur et sociologue des organisations

«Un management rigide est voué à l’échec»
Aujourd’hui, il est temps de penser le management autrement. Sur le terrain, il existe peu d’organisations pures, le plus souvent ce sont des organisations hybrides. Dans certains cas, on peut trouver une organisation ou une partie d’organisation concrète correspondant à une seule de ces configurations, mais souvent il s’agit d’organisations qui correspondent à plusieurs configurations, à savoir deux. Il est donc important de tenir compte de cette dimension pour qu’un patron s’interroge sur les représentations qu’il se fait de son organisation, de son fonctionnement, de sa raison d’être, de son évolution et de l’orientation qu’elle prend pour le moment ainsi que de sa place dans sa propre entreprise. Ma vision précise du management consiste véritablement à faire preuve d’une grande flexibilité qui permet d’opérer une adaptation aux différents types de personnalités, qui font l’ensemble de l’entreprise. Cette flexibilité doit s’appliquer au type de management mais entendons-nous bien, l’organisation doit être rigide. L’organisation est en effet le socle de l’entreprise, le management est le moteur. Un management empreint de rigidité est automatiquement voué à l’échec. Enfin, en gérant une entreprise, il faut garder en tête qu’il n’existe aucune formule toute faite pour mettre en place une stratégie. Il faut simplement la créer.

leseco



         
 
                         
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