Logistique : 73 milliards de DH pour le contrat-programme



Logistique : 73 milliards de DH pour le contrat-programme
Dont 20 milliards financés par l’Etat et 53 par le privé.
Un montant additionnel de 120 milliards de DH pour 2015-2030.
Mais plusieurs divergences subsistent.

La signature du contrat-programme logistique entre le gouvernement et le patronat est imminente. Par ailleurs, le dernier Conseil des ministres vient d’approuver le projet de loi portant création de l’Agence marocaine de développement logistique (AMDL). Cette instance de régulation sera-t-elle finalement installée à Casablanca comme le réclame le patronat? La mouture finale de la feuille de route n’est pas du goût des professionnels. Plusieurs points sont à l’origine d’un désaccord entre la tutelle et les professionnels. Ces derniers ont déjà transmis au département de Karim Ghellab une série de propositions d’amendement.
La CGEM prend à témoin les professionnels du secteur et organise une nouvelle réunion demain mardi 16 mars, à Casablanca. Au programme, la présentation des principales composantes du contrat-programme et des principaux points litigieux. La discorde a pour toile de fond un «manque de visibilité en matière de financement».
Rappelons que le contrat-programme logistique sera assorti d’un budget de 73 milliards de DH environ pour la période 2010-2015. Ce montant se répartit comme suit: 20 milliards de DH pour le public et 53 milliards pour le privé. A ce budget, s’ajouteront 120 autres milliards de DH pour la période 2015-2030, dont 40 pour le secteur public et 80 pour le privé. Mais comment se décomposera toute cette pluie d’argent? Et quelle est exactement la quote-part de chacune des parties prenantes? La feuille de route reste avare de détails par exemple sur la portion du budget qui reviendra au public. Peut-on parler d’un budget en nature? Selon certains professionnels, la tutelle inclut justement dans sa quote-part le foncier public. Ce dernier est estimé à 2.185 ha à l’horizon 2025, puis à environ 3.202 pour la période 2015-2030.
Le ministère du Transport et de l’Equipement financera la réalisation des infrastructures, tandis que le financement de la construction des entrepôts et autres bâtiments reviendra au privé. Mais à combien le gouvernement évalue-t-il le foncier public qui sera mobilisé pour la réalisation des zones logistiques multiflux (ZLMF) et qui fera partie du budget alloué au contrat-programme? Autre reproche de la profession, l’absence d’un fonds d’accompagnement pour mettre en œuvre la stratégie logistique et financer la reconversion et la relocalisation des opérateurs. Un fonds similaire à celui mis en place dans le cadre du plan Maroc Vert. Le contrat-programme logistique prévoit en effet l’interdiction de circulation des camions de cinq tonnes et plus ainsi que la délocalisation des zones logistiques et de stockage en milieu urbain. Les opérateurs sont donc appelés à s’équiper en petits camions et de s’installer hors du périmètre urbain(1). Ce qui engendrera des surcoûts pour les opérateurs. Les professionnels craignent également la réédition du scénario de la réforme portuaire mise en œuvre en 2006. Celle-ci avait suscité du remous au sujet du partage des installations portuaires entre opérateur historique et privé, notamment Somaport.
Au niveau du transport, le ferroviaire accaparera la part du lion. Le contrat-programme vise-t-il à compenser le manque à gagner en raison de la perte du marché des phosphates? Et la feuille de route de la logistique prévoit des mesures incitatives (comme des tarifs préférentiels) et régulatrices destinées à faire du transport ferroviaire une solution unique dans le périmètre de Casablanca.
Mais ce n’est pas le seul grief exprimé par le patronat à l’encontre du contrat-programme. Pour lui, il y a une nette dissymétrie entre le financement de la feuille de route et la gouvernance de la ZLMF de Zenata. Une gouvernance qui reviendra à 100% au public à travers un groupement d’intérêt économique composé de l’Office national des chemins de fer, l’Agence nationale des ports, la Société nationale des transports et de la logistique et enfin la Caisse de dépôt et de gestion.

Discorde
POUR la plus grande zone logistique multiflux (ZLMF) du Maroc, celle de Zenata, le foncier atteindra environ 200 ha en 2015 puis 600 ha en 2030. Un choix qui ne fait pas l’unanimité des professionnels. L’on craint des problèmes d’accès. Un schéma de régulation de la circulation devra être mis en place. Ainsi qu’une voie spécifique dédiée aux poids lourds. Le premier tronçon sera intraportuaire et ira jusqu’à Aïn Sebaâ. Le second ira, quant à lui, d’Aïn Sebaâ à la zone de Zenata. Celle-ci accueillera donc à la fois une nouvelle ville et une nouvelle zone industrielle! Raison pour laquelle les professionnels s’interrogent sur le bien-fondé de ce choix.

leconomiste.com


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