Logiciel libre : le grand oublié du Plan Maroc Numeric 2013


Moindre coût, diversité des solutions et levier de discussion avec les éditeurs sont autant d'avantages dont devrait profiter l'administration marocaine. Le logiciel libre donne à l'utilisateur une grande liberté d'utilisation, de modification et de diffusion.



Logiciel libre : le grand oublié du Plan Maroc Numeric 2013
Véritable phénomène dans le monde des TIC, le marché du logiciel libre est en pleine évolution au Maroc. En témoigne l’intérêt qu’on lui porte dans le domaine universitaire mais également l’offre des entreprises marocaines en la matière, très riche et variée et couvrant l’ensemble des besoins aussi bien pour les fonctions support (ERP, CRM, GED…) que les fonctions métier (industrie, services, distribution…). Pourtant, le logiciel libre est quasi absent des discours officiels sur le développement numérique du pays alors que sous d’autres cieux, son utilisation dans l’administration et le secteur éducatif est érigée en priorité.

Les logiciels libres (par opposition aux logiciels propriétaires) sont des logiciels dont le modèle de propriété intellectuelle est conçu pour donner à l’utilisateur une grande liberté d’utilisation, de modification et de diffusion. Ils couvrent un domaine d’emploi très large, à la fois dans les entreprises privées et dans les administrations. On peut citer notamment le développement d’applications, les bases de données, les systèmes d’exploitation des serveurs, les suites bureautiques et la messagerie. Sa pratique au sein de l’administration dans plusieurs pays a permis le développement de compétences et la capitalisation de nombreuses expériences positives. Celles-ci ont notamment confirmé les atouts du logiciel libre qui ne sont plus à démontrer : moindre coût, souplesse d’utilisation, levier de discussion avec les éditeurs… Autant d’avantages dont devrait profiter l’administration marocaine. «L’une des contraintes du logiciel propriétaire est que les machines deviennent rapidement obsolètes à cause d’une nouvelle version qui ne peut pas tourner sur le poste existant», souligne Mustapha Nhaily, vice-président de l’Association Linux et Informatique Souss (ALIS). Concrètement, cela conduit à des dépenses superflues en matériel à l’heure où le logiciel libre aurait pu être adapté puisqu’ouvert. Ainsi, les premiers lots du programme Génie (fournis avec une mémoire RAM modeste) se sont vite retrouvés inutilisables avec la sortie de la nouvelle version d’un système d’exploitation propriétaire plus gourmand en ressources.

La langue est un autre exemple illustrant les restrictions du logiciel propriétaire. En effet, rares sont les programmes qui sortent avec des versions arabe ou encore amazighe alors que ce sont deux langues nationales. Un logiciel libre donne l’accès à son code source pour pouvoir le reprogrammer avec les langues que l’on veut utiliser, ce qui permet de faire des économies par rapport à la commande d’un logiciel propriétaire avec des options linguistiques spécifiques. «C’est comme si vous achetez une voiture et que vous n’avez pas le droit d’ouvrir le capot pour pouvoir la réparer en cas de souci mécanique», ajoute le vice-président d’ALIS.

Quelques organismes publics ont pris les devants, malgré tout...

Aujourd’hui, même les plus grosses institutions (Finances, TGR…), généralement frileuses de tout ce qui ne vient pas des géants de l’industrie logiciel, ont commencé, il y a quelques années déjà, à s’intéresser de près au logiciel libre en l’adaptant même à plusieurs de leurs projets importants. Cependant, du côté de l’Administration, le logiciel libre a complètement été oublié et ne fait partie d’aucun axe du nouveau Plan Maroc Numeric 2013. Alors qu’en 2007 le secrétaire général de l’ancien département de la poste, des télécommunications et des technologies de l’information (DEPTTI) parlait de l’élaboration d’une stratégie nationale pour l’utilisation et le développement du logiciel libre dans le secteur public, un responsable au niveau du MCINET confirme aujourd’hui que le logiciel libre ne fait pas partie des priorités. Il n’empêche que l’administration publique marocaine utilise le logiciel libre (taux de 40% selon les derniers chiffres disponibles de 2007) dans ses projets à l’instar des réclamations en ligne, en cours de déploiement dans différents ministères, la gestion des RDV dans le cadre de la stratégie e-Gov et le site watiqa.ma. «A mon avis, l’utilisation du logiciel libre dans l’administration n’est plus un choix, mais une obligation dictée par les principes mêmes de la transparence et de la bonne gouvernance qu’elle véhicule», déclare Mohamed Zanane, professeur à l’Université Mohammed V de Rabat et militant du logiciel libre.
 

Zakaria Lahrach
www.lavieeco.com



         
 
                         
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