Liquidités : Les banques contrôlent la situation



Liquidités : Les banques contrôlent la situation

BANK Al-Maghrib a servi 55 milliards de DH aux établissements de crédits lors de sa dernière intervention sur le marché monétaire. Il a satisfait 81% de la demande. Le besoin de liquidités du système a nettement augmenté ces dernières années. Il a atteint 76,3 milliards de DH à fin octobre. Pour autant, la situation n’est pas jugée dramatique. «Le marché des capitaux et le recours aux avances de la banque centrale apportent les réponses à la problématique passagère de la liquidité bancaire », a estimé Mohamed Benchaâboun, président-directeur général du groupe Banque Populaire, lors d’une conférence à HEM.

Les banques sont restées trop longtemps dépendantes des dépôts de la clientèle. Elles le sont encore aujourd’hui. Environ 70% de leurs ressources proviennent des dépôts. Aujourd’hui, le ralentissement du rythme de collecte les met quelque peu en difficultés face à une croissance plus rapide des crédits à l’économie.
 

Les établissements ont relevé leurs interventions sur les marchés financiers pour se refinancer. L’encours des certificats de dépôts est passé de 1,5 milliard de DH en 2005 à 61 milliards de DH à fin 2012. Cela dit, l’étroitesse du marché mais également le renchérissement du coût de la ressource depuis deux ans freinent leur appétit pour cette source. En plus des financements à l’international qui séduisent beaucoup aujourd’hui, les opérateurs poursuivent leurs efforts de collecte de l’épargne. Avec un taux de bancarisation de 56%, la marge de progression reste importante. Du coup, les établissements maintiennent un rythme d’ouverture d’agence élevé. Certains opérateurs, notamment la Banque Populaire, ont développé le concept de banque ambulante «souk bank» pour toucher les populations des zones éloignées.
 

Au-delà des efforts de mobilisation des ressources par les banques, l’amélioration de la liquidité du marché passe également par une amélioration de l’environnement économique. Pour ce faire, «l’action économique devrait aller dans le sens d’une augmentation des IDE, des recettes touristiques et de la réduction du déficit de la balance commerciale», relève Benchaâboun. En outre, «il faudrait encourager l’épargne dirigée vers le financement long terme des entreprises grâce à des mesures fiscales incitatives, tout en privilégiant le couple durée/risque», ajoute-t-il. En clair, il faudrait développer les produits du type plan épargne lancés en 2011. La dynamisation de la Bourse de Casablanca est également nécessaire pour améliorer la liquidité du marché.


l'économiste



         
 
                         
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