Les tarifs d'électricité au Maroc sont moins élevés que les autres pays



Les tarifs d'électricité au Maroc sont moins élevés que les autres pays
En termes nominaux, les tarifs d'électricité au Maroc sont moins élevés que les pays de l'OCDE et de l'Union européenne. L'électricité distribuée par l'ONE n'a pas connu de hausse de prix depuis 2006, malgré l'envolée des prix des combustibles.

Les particuliers comme les professionnels se plaignent régulièrement de la «cherté» des tarifs d’électricité au Maroc. Si les premiers ont même été jusqu’à exprimer leur mécontentement dans la rue, comme récemment à Taza et, auparavant, à Casablanca, Marrakech, Tanger et ailleurs, les seconds se contentent de rappeler, régulièrement, combien le prix de l’électricité grève leur compétitivité.

Ont-ils tort ? Ont-ils raison ? L’électricité coûte-t-elle cher au Maroc ? Sur quel critère se baser pour dire qu’elle est chère ou pas ?
D’abord un constat : les tarifs d’électricité ne sont pas uniformes. Ils varient d’une ville à une autre, d’un distributeur à un autre : les tarifs de la Lydec à Casablanca et Mohammédia, d’Amendis à Tanger-Tétouan, de Rédal à Rabat, qui sont décidés sur une base contractuelle,  ne sont pas les mêmes que ceux de l’ONE, fixés par voie réglementaire. A Tanger, par exemple, le kWh est légèrement supérieur aux autres villes du pays.

Les tarifs varient également selon le niveau de consommation (système de progressivité) : à moins de 100 kWh, le tarif n’est pas le même qu’au-delà. Enfin, les tarifs varient selon les saisons et les heures de la journée : pendant les périodes de pointe, notamment en été dans le cas du Maroc, l’électricité est plus chère à produire, car l’ONE, pour satisfaire le surplus de demande qui s’exprime dans cette plage horaire, doit recourir à des moyens de production d’appoint comme les centrales à fioul. Les entreprises qui consomment pendant cet horaire de pointe paieront plus cher évidemment.

Cette diversité de situations fait qu’il n’existe pas un tarif unique d’électricité ; tout est question de niveau de consommation, de moment de consommation, de lieu même de consommation. Il faut ajouter aussi, car on l’oublie souvent, que la facture d’électricité dépend aussi, parfois dans une très large mesure, des équipements utilisés et de leur dimensionnement, et cela est particulièrement vrai dans l’industrie.
Ces précisions faites, il est possible malgré tout d’établir des comparaisons avec d’autres pays, sur la base d’un prix moyen du kWh, afin de se faire une idée, ne serait-ce qu’approximative, du coût de l’électricité au Maroc.

En France, les industriels paient moins cher l’électricité

Selon les données de l’Office européen des statistiques (Eurostat), le prix de l’électricité au Maroc reste très abordable pour un pays non producteur d’énergies fossiles (pétrole et gaz). Les tarifs ici seraient même inférieurs à ceux de la France, où pourtant le nucléaire représente une part importante du mix énergétique. Ainsi, le tarif moyen pour les usagers résidentiels consommant 200 kWh par mois, selon cette source, est de 11,66 centimes de dollar (soit environ 0,99 DH, sur la base de 8,50 DH pour un dollar), et le tarif pour les usagers industriels consommant entre 4 200 kWh et 10 700 kWh est de 10,56 centimes de dollar (soit près de 0,90 DH le kWh). En France, ces valeurs sont respectivement de 13,48 centimes de dollar et 10,04 centimes de dollar ; l’électricité industrielle étant, on le voit, moins chère en France qu’au Maroc. L’Espagne, la Turquie, la Grande-Bretagne, la Slovaquie, la Croatie, la Slovénie, la Pologne, Malte, la Hongrie, l’Allemagne, la Belgique…sont des pays où l’électricité industrielle, notamment, est plus chère qu’au Maroc. Globalement, le prix moyen du kWh, aussi bien résidentiel qu’industriel au Maroc, est moins cher que le prix moyen pour les 34 pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique).

Dans l’Union européenne, le prix moyen du kWh facturé aux entreprises s’élève à 11 centimes d’euros environ (1,25 DH) et pour les particuliers à 17,77 centimes d’euros (un peu plus de 2 DH), soit des niveaux de prix plus élevés qu’au Maroc.

La comparaison en parité de pouvoir d’achat est plus pertinente

Il faut cependant relativiser ces comparaisons. D’abord, le Maroc a concédé de nombreuses baisses de prix, notamment au profit des industriels : entre 1997 et 2004, les  industriels alimentés en moyenne tension avaient bénéficié de baisses tarifaires de plus de 44%, et ceux alimentés en haute et très haute tension de l’ordre de 35%.

Ensuite, et pour des raisons à la fois sociales et économiques, les hausses de prix des combustibles, au lieu d’être répercutées sur le prix final, ont presque toujours été supportées par l’ONE, au point d’ailleurs que cet office a connu et connaît toujours des difficultés financières importantes.
Enfin, dernier élément dont il faut tenir compte pour interpréter le benchmark avec les pays européens, les comparaisons, pour refléter véritablement la réalité, doivent être établies en parité de pouvoir d’achat (PPA) et non pas en terme nominal. Car, si le prix du kwh résidentiel coûte près de 12 centimes d’euro en France et seulement 8 centimes d’euro au Maroc, le Smic (Salaire minimum interprofessionnel de croissance) en France est de 1 100 euros nets, tandis que le Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti) au Maroc n’est, lui, que de 200 euros ! Du coup, les 8 centimes pour le kWh marocain prennent plus d’importance, plus de poids.

Malgré tout, et nonobstant ces comparaisons, l’électricité au Maroc, pays importateur net d’énergie, reste abordable. Mais cela est obtenu au prix d’une détérioration des finances publiques, puisque l’énergie est subventionnée massivement ; sans parler des finances extérieures qui sont au rouge depuis pas mal de temps. La gestion de la demande, donc une promotion plus soutenue de l’efficacité énergétique, apparaît à cet égard un des moyens, sinon «le moyen» le plus approprié pour assurer une plus grande disponibilité de l’électricité à moindre coût. La réforme projetée de la tarification devrait être l’occasion de prendre en compte le paramètre «efficacité énergétique».


Salah Agueniou.
www.lavieeco.com


         
 
                         
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