Les nouvelles locomotives pour la balance commerciale



Automobile, électronique, bonneterie et aéronautique.
11,5% des exportations viennent de l’automobile.
Une croissance de plus de 16% en 2010.
Les exportations, hors phosphates et dérivés, affichent une évolution de 16,7% en 2010, à plus de 110,7 milliards de DH. On est encore loin des performances des années d’avant-crise, mais tout semble indiquer que l’offre exportable se précise. Tout au moins, pour le ministre du Commerce extérieur, Abdellatif Maâzouz, «elle est en train de se recomposer, dans la mesure où de nouveaux secteurs, à forte valeur ajoutée, viennent renforcer les produits classiques». Ce n’est pas la baisse continue, presque inexorable de la composante sous-traitance textile (vêtements confectionnés), entamée en 2007, qui va faire douter Maâzouz. Pour le ministre, les nouveaux secteurs dont la constitution de l’offre est encore en cours, viendront renforcer les nouvelles locomotives à l’export. De plus, la recomposition de la carte géographique de l’offre exportable tend à réduire la part de l’Europe qui est passée en 2010 de 70 à 60% au profit de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine. Un recadrage stratégique qui semble faire ses effets.

A elle seule, l’offre automobile et composants représente 11,5% du total des exportations en 2010. Même si «l’offre automobile n’a pas été dopée par la Dacia, exportée en Egypte, mais plutôt par les composantes», en termes de volume s’entend, comme le relativise ce cadre d’une concession de voitures asiatiques, le secteur affiche une santé de fer.

Les câbles et les coiffes et autres composants, destinés aux marchés émergents, ressortent avec des performances intéressantes. Près de 68% pour les câbles, engendrant 5 milliards de DH de revenus et 31,5%, les secondes. Mais au-delà des valeurs relatives, la construction automobile qui ressort de 11,2% a drainé 116,6 milliards de DH. Les composants électroniques (transistors) ont de leur côté performé. Avec plus de 27% de croissance, leur apport a augmenté de 988 millions de DH pour dépasser 4,6 milliards de DH.

Les autres produits des secteurs dits émergents ont enregistré d’importantes hausses, particulièrement l’aéronautique, affichant une croissance de 8,9%.

Seule fausse note, les exportations des vêtements confectionnés, qui achèvent l’année avec un recul de 3,5% à un peu plus de 17 milliards de DH contre 17,7 milliards en 2009. Les deux contrats-programmes du secteur du textile et habillement, et autres mesures pour améliorer la compétitivité de notre économie n’ont pas encore donné les effets escomptés. La structure des exportations reste caractérisée par la prédominance d’un nombre réduit de produits. D’où vient alors l’embellie des exportations enregistrée en 2010?

La performance des autres produits classiques finis reste trop juste pour expliquer cette situation. En atteste le cas des chaussures qui tire son épingle du jeu. C’est le seul à afficher une évolution positive ces cinq dernières années, avec un pic de croissance de 14,7% en 2007. Ce sous-secteur maintient ses revenus à plus de 2,9 milliards de DH à l’export. A elle seule non plus, la performance retrouvée des articles de bonneterie ayant fortement dévissé de 15,5% en 2008 avant de revenir à -3% l’année suivante, semble également trop juste pour expliquer ce retour de croissance.

Toutefois les produits finis de consommation, près du tiers des exportations (24%) et les demi-produits (28,9%) continuent de jouer les premiers rôles à l’export. Pour les derniers, c’est un mieux de plus de 14 milliards de DH à fin novembre 2010, soit une augmentation de 60%. A cette date, les exportations de marchandises ont atteint plus de 132 milliards de DH contre 104, une année plus tôt, en progression de 26,7%. Cette progression s’explique principalement par les ventes de dérivés de phosphates notamment l’acide phosphorique (+64,2%) passant de 7,5 milliards de DH à fin novembre 2010 à 12,4 milliards de DH. Pendant ce temps, les engrais naturels et chimiques ont rapporté 11,4 milliards de DH contre 5,3 milliards de DH.

Les demi-produits se hissent ainsi au premier rang des groupes de produits à l’exportation avec une croissance de 28,9% à fin novembre 2010, contre 22,9% une année plus tôt. Les produits finis de consommation arrivent au deuxième rang, avec 24% contre 29,5% un an auparavant.

L'economiste

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