Les moyens de gonfler sa rémunération



Voiture de fonction, bons de carburant, formation payée par l’employeur, forfaits téléphoniques... plusieurs manières de contourner une augmentation de salaire.
L’intérêt de ces avantages est que, pour la plupart, ils ne sont pas soumis à l’IGR et qu’ils sont déductibles dans le calcul de l’IS.
Mais attention ! le fisc veille.


Dans un contexte marqué par la réduction des charges, le marché de l’emploi des cadres reste relativement atone et les perspectives d’augmentations de salaire ne sont pas des plus réjouissantes. En dehors des révisions liées à l’ancienneté, les entreprises serrent les cordons de la bourse et font le minimum d’efforts, particulièrement pour ce qui est du fixe. La tendance est plutôt à l’utilisation de la part variable. Hamid El Otmani, DG de LMS ORH (Organisation et ressources humaines), confirme que «les entreprises préfèrent donner des compléments réversibles en mesure de renforcer le sentiment d’appartenance mais aussi pour rétribuer la performance individuelle et collective». Bref, il faut faire ses preuves ou figurer parmi les profils pointus les plus demandés sur le marché, entre autres les commerciaux, les cadres RH et les financiers. Et quand bien même on répondrait à ces critères, il faut parfois se montrer insistant pour bénéficier de quelques centaines de dirhams supplémentaires.

Bien distinguer salaire et avantages lors de la négociation

Si vous ne faites pas partie du lot, une seule solution : les compléments de salaire, sachant qu’en matière de rémunération, on parle maintenant davantage de package que de salaire au sens strict.
Voiture de fonction, logement, téléphone portable, stocks-options, notes de frais ou encore une retraite complémentaire, tout est bon pour doper sa rémunération. Ces avantages pécuniaires ou en nature peuvent augmenter de manière significative la rémunération globale. Leur intérêt est de permettre à l’entreprise de motiver ses salariés sans alourdir ses charges fiscales. En effet, la plupart d’entre eux ne sont pas soumis à l’IGR et l’entreprise a la possibilité de les déduire pour le calcul de l’IS. Toutefois, il faut veiller à ce que le salaire et les avantages soient bien dissociés. Une rémunération «gonflée» avec des avantages en nature peut souvent masquer un salaire dont le montant est inférieur aux pratiques du marché. De plus, si jamais un jour votre employeur consent à améliorer la dernière ligne de votre fiche de paie, le calcul se fera sur la base de la partie réelle.
Parmi les avantages à négocier, la voiture de fonction reste le must. Mais, l’on ne doit pas perdre de vue qu’elle reste liée à la fonction et à la nature du travail effectué. Dans le premier cas, cet avantage est accordé à partir d’un certain niveau hiérarchique. Dans de nombreuses sociétés, il ne profite qu’au DG. Dans le second cas, la voiture est regardée comme un outil de travail. Montrez que vous en avez besoin pour améliorer votre rendement. Un responsable service après-vente et/ou un commercial n’auront pas de problème pour convaincre l’employeur. Vous pouvez aussi en bénéficier si vous êtes appelé à effectuer de nombreux déplacements à l’intérieur du pays. Mais le principal intérêt est que vous puissiez en profiter aussi en dehors des heures de travail.

Valoriser son potentiel aux frais de l’entreprise

Si la charge s’avère lourde pour votre employeur, rabattez-vous sur les bons de carburant. Ils peuvent être très intéressants, si l’on en croit ce cadre d’une société de textile qui, depuis qu’il a acquis sa voiture, n’a «jamais déboursé un centime» pour remplir son réservoir, la dotation qu’il reçoit lui permettant de faire toutes ses courses personnelles.
Si vous n’avez pas accès à ces deux surplus, vous pouvez toujours essayer d’obtenir une formation. Ceux qui préfèrent parier sur leur potentiel peuvent toujours choisir un diplôme de troisième cycle, un MBA ou un DESS. Karim B., cadre RH dans une multinationale de services informatiques, a suivi une formation de type MBA. Une fois sa formation achevée, il s’est vu proposer un poste plus important, accompagné d’une augmentation de salaire de 25%. «Tout est pris en charge par la société. Seul bémol, on vous fait signer une clause de dédit. Du coup, il faut rester dans l’entreprise pour une période d’au moins cinq ans» , explique-t-il. Aujourd’hui, nombre de grandes entreprises acceptent de faire des efforts dans ce sens. Il faut toutefois faire attention à ne pas tomber sur des formations au rabais.
La liste des avantages en nature n’est pas exhaustive. Il est toujours possible d’en négocier d’autres, notamment le prêt à taux bonifié, les tickets restaurant, l’inscription dans des clubs de sport et les forfaits téléphoniques. Les forfaits pour frais de déplacement peuvent aussi être substantiels. N’oubliez pas non plus la retraite complémentaire. Outre les affiliations classiques (CNSS, CIMR), les compagnies d’assurance offrent des produits qui permettent d’augmenter la rente.
Enfin, pour ceux qui sont appelés à voyager fréquemment par avion, le système des miles offre aujourd’hui d’excellentes opportunités. Créé il y a un peu plus de 20 ans aux Etats-Unis, ce système permet au client de cumuler des points au fur et à mesure de ses voyages pour bénéficier de billets gratuits. Presque toutes les compagnies installées sur la place offrent ces possibilités. Il faut s’inscrire et exiger que les miles accordés pour vos déplacements professionnels à l’étranger soient inscrits à votre crédit. En une année, on peut facilement bénéficier d’un voyage gratuit.
Dans tous les cas, il convient de rappeler que le fisc est vigilant sur l’utilisation de ces avantages qui doivent obéir à certaines règles. Certains d’entre eux sont considérés comme compléments de salaire et donc soumis à l’imposition. C’est le cas de la voiture de fonction ou des frais de représentation, quand le montant dépasse un certain niveau. D’autres avantages comme le bénéfice d’une résidence secondaire pour les vacances, les colonies de vacances ou les clubs de sport appartenant à la société échappent à toute taxation. Ces éléments ne sont pas taxables parce que, d’une part, le salarié verse une cotisation annuelle, et, d’autre part ils relèvent des œuvres sociales.

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