Les mesures de Bank Al-Maghrib pour la sortie de crise de l’économie nationale



Le conseil de Bank Al-Maghrib, qui s’est tenu mardi matin à Rabat, a pris deux décisions d’égale importance : Le maintien de son taux directeur à 3,25%, sachant qu’il y a 3 mois elle l’avait réduit d’un quart de point et la baisse de la réserve monétaire de 2%, pour la ramener à 10% à compter du 1er juillet prochain.
Insistant sur le rôle de maîtrise de l’inflation de la banque centrale, M. Jouahri, son gouverneur, a expliqué que la prévision d’inflation des six prochains trimestres a été révisée à la baisse du fait du ralentissement de l’activité domestique et de la décrue des prix mondiaux des matières premières, de la baisse de l’activité et de l’inflation chez les partenaires du Maroc. En conséquence, l’inflation devrait évoluer au Maroc à un rythme inférieur à 3% pour se situer au 3 ème trimestre 2010 autour de 2,6%.
Par ailleurs, le caractère durable et l’ampleur des besoins de liquidités sur le marché monétaire ou interbancaire sont à l’origine de la décision de BAM de réduire le taux de réserve monétaire de 2 points de pourcentage, ce qui injectera ipso facto quelque 8 milliards de dirhams pour faciliter le refinancement des banques, alors que les interventions quotidiennes de Bank Al-Maghrib sur le marché monétaire n’ont cessé d’augmenter passant de 11 milliards à 15 milliards de dirhams pour atteindre en plusieurs occasions 20 milliards de dirhams.
En effet, c’est la situation difficile des avoirs extérieurs des banques qui impacte sérieusement leur trésorerie comme le montre le ralentissement de la création monétaire. A fin Avril, la hausse annuelle de l’agrégat M3 s’est établie à 9,2% contre 10,5 % au cours des deux derniers trimestres. Ce ralentissement, comme l’explique le communiqué de BAM, s’est traduit par la poursuite de la résorption de l’excédent monétaire des agents non financiers. D’autant que le rythme de progression des crédits, bien qu’en décélération continue depuis le troisième trimestre 2008, reste à 18% en Avril.
En clair, le Wali de Bank Al-Maghrib, dans ses commentaires de la situation économique et financière du Maroc, a justifié ces décisions par le fait que le Maroc est bel et bien touché par la crise économique mondiale même s’il a échappé à la crise financière ou, du moins, celle du système bancaire. Le communiqué de BAM reconnaît que la conjoncture internationale défavorable se transmet à l’économie nationale à travers les canaux réels de propagation, essentiellement les exportations, les transferts de fonds des marocains résidents à l’étranger, ceux du tourisme et des investissements extérieurs. En conséquence, la demande notamment étrangère connaît une contraction impactant le niveau d’utilisation de la capacité de production. Le Maroc revient à la dichotomie de la croissance Non Agricole et Agricole. La première s’inscrit en rupture par rapport à sa tendance des quatre dernières années, revenant à 1,9% au 4ème trimestre 2008, elle ne devrait pas dépasser 2% au cours du premier semestre 2009 et serait inférieure à 3% pour l’année en cours contre 4,2% en 2008 et 6,5% en 2007. C’est la croissance agricole, avec une production de 100 millions de quintaux, qui devrait sauver la situation économique du Maroc et permettre à la croissance globale de se situer entre 5 et 6% en 2009.

Oui, mais…
Un constat s’impose donc, la résilience de l’économie marocaine à la crise économique mondiale s’affaiblit, tout en confirmant sa résistance par comparaison à la chute du PIB mondial de 1,3%, de celui des Etats Unis de 8% et de celui des pays de l’Union Européenne de 4,7%. En effet, des signaux inquiétants s’expriment comme les finances publiques qui étaient excédentaires de 20 milliards de dirhams sur les prévisions de la loi de finances, et qui, aujourd’hui, sont justes. Certes, l’Etat marocain n’a pas touché aux bénéficiaires de la Caisse de Compensation, a intégré dans la loi de finances 2009 nombre de mesures de soutien à l’économie voire de relance économique connues comme la baisse de la pression fiscale sur les revenus et la revalorisation du SMIC pour favoriser la consommation. Il a surtout renforcé tous les plans d’orientation stratégique de l’économie marocaine comme le Plan Vert , Émergence II, le Plan énergétique, celui du tourisme, etc. Cela, tout en accentuant les investissements publics qui devraient croître de 30% cette année.
Si on devait faire le total des investissements publics des 4 ou 5 prochaines années, on devrait atteindre les 500 milliards de dirhams.
L’autre point noir de la situation économique de notre pays est le déficit de la balance des paiements qui ne cesse de se détériorer. Car la baisse des transferts des MRE, des rentrées de devises du tourisme et des investissements extérieurs atteint plus de 30%, compromettent sérieusement nos avoirs en devises malgré la stabilité à la baisse du prix des hydrocarbures et des matières premières. Là encore, l’Etat a réagi, les banques dynamisent leurs politiques d’attrait des transferts des MRE, une grande campagne de communication s’adresse aux touristes du monde, le tourisme intérieur est également interpellé.
Le gouverneur de Bank Al-Maghrib exhorte donc les entreprises publiques à recourir aux financements extérieurs pour la réalisation de leurs programmes d’investissements. De même que l’Etat devrait recourir à la dette extérieure pour le financement de la part en devises de ses investissements.
Il s’agit pour M. Jouahri de préparer le Maroc à la sortie de la crise économique mondiale. Pour cela, si l’Etat Marocain se doit de préserver la dynamique économique, la banque centrale continuera à assurer les liquidités nécessaires au système bancaire pour le financement de cette croissance, en attendant le rétablissement des réserves de change du Maroc qui sont tributaires de la relance de l’économie mondiale.

lanouvelletribune.com


         
 
                         
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