Les fonds qataris arrivent dans le tourisme



Les fonds qataris arrivent dans le tourisme
Une première mise atteindrait 4 milliards de dollars.
L’accord sera officialisé incessamment.
Un fonds souverain qatari arrive au Maroc pour investir dans le tourisme. Selon les premières indiscrétions, les sommes qui seront mobilisées sont colossales : 4 milliards de dollars, soit plus de 34 milliards de DH. C’est la première concrétisation de l’architecture financière imaginée pour accompagner l’investissement dans le plan de développement du tourisme, «Vision 2020». Ce véhicule est un fonds où l’Etat est associé à des partenaires stratégiques.

Ce fonds jouerait le rôle d’accélérateur de la levée des financements et limitera la surexposition des banques qui, à cause de contraintes liées aux règles prudentielles, ne pourraient pas s’impliquer plus dans le tourisme et l’hôtellerie.

Pour faire venir les Qataris dans un premier temps, et plus tard, les fonds souverains du Golfe dont on dit qu’ils sont également très intéressés, Yassir Zenagui, ministre du Tourisme, a dû déployer ses qualités de VRP de la «Vision 2020».

La signature d’une convention est imminente. Côté marocain, elle sera paraphée par Yassir Zenagui et Salaheddine Mezouar. Le mécanisme et les modalités de mise en œuvre ne sont pas encore rendus publics. Mais, il semble qu’il s’agit de la première phase d’une grande opération dont le montant atteindrait 10 milliards de dollars. Le ministère du Tourisme avait préparé le terrain, en mettant en place un Fonds de promotion de l’investissement, créé dans la loi de Finances en cours. Il devait servir, avec d’autres fonds souverains, à participer, avec des nationaux ou des étrangers, dans des projets d’investissements. Selon la loi de Finances, ce fonds d’investissement devait être alimenté par la moitié des recettes de privatisations. L’autre moitié ira au Fonds Hassan II pour le développement économique et social. L’idée est d’éviter que le produit des cessions des établissements publics au privé ne serve à alimenter le budget de l’Etat pour payer les fonctionnaires. Une première mise a été injectée dans ce fonds d’investissement. Aujourd’hui, il est doté de près de 250 millions de DH en provenance de la privatisation des Sels de Mohammedia. Il semble que le tourisme a la cote auprès des Qataris. En effet, d’autres investisseurs du Golfe devront arriver pour investir dans le développement touristique. Et ce n’est qu’un début. D’autres secteurs seront concernés par ce mécanisme notamment l’Energie et l’Agriculture. Placée dans le contexte régional et international, cette convention présente une dimension stratégique et politique. Car, à un moment où plusieurs régimes dans le monde arabe sont en proie à des bouleversements sans précédent, le Maroc semble tirer son épingle du jeu.

L'economiste


         
 
                         
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