Les exportations de l'Huile d’olive a chuté de 82% à fin août



Les exportations de l'Huile d’olive a chuté de 82% à fin août

L’huile d’olive va très mal à l’export. Les derniers chiffres de l’Office des changes sont alarmants pour les professionnels d’huile d’olive. A fin août, les exportations d’huile d'olive brute ou raffinée ont chuté de 82%! Elles se sont établies à 118 millions de DH pour les huit premiers mois de cette année contre 660 millions de DH un an auparavant.

«Les exportations d’huile d’olive sont quasiment à l’arrêt depuis le début de l’année», révèle Abdelhak Bennani, directeur général de la Fédération des industries de conserve des produits agricoles (Ficopam). La baisse est essentiellement attribuée à un effet volume. A fin août, le Maroc avait mis sur le marché international seulement 7.109 tonnes contre 35.652 en 2011. Un ensemble de facteurs rentre en considération pour expliquer cette situation. «La conjoncture internationale est très difficile en ce moment pour le marché de l’huile d’olive», explique la directrice d’une entreprise exportatrice implantée à Casablanca. Certains professionnels parlent d’une agressivité plus importante des producteurs espagnols. Vu la crise en Espagne, les producteurs ont été contraints à mettre sur le marché le plus gros de leur production pour réduire les coûts de stockage. Plus encore, de grands producteurs mondiaux, comme les Etats-Unis, ont considérablement augmenté leurs volumes de production. Ce qui a conduit à une chute des cours mondiaux de l’huile d’olive en pleine période d’exportation. «Le prix de l’huile d’olive à l’international était de 18 DH le kilo contre 25 DH sur le marché local», tient à préciser Bennani. Résultat: plusieurs entreprises ont opté pour le marché local à défaut de vendre à perte à l’international. Mais il y a d’autres explications plus structurelles: «Les principaux concurrents du Maroc que sont la Grèce, l’Espagne et l’Italie bénéficient de subventions nettement plus importantes que les producteurs nationaux. Cela conduit à une détérioration de la compétitivité du Maroc», explique un responsable au département de l’export. L’autre concurrent du Maroc, la Tunisie, a pu créer autour de son olive une véritable industrie. Plus de 40% des exportations de la Tunisie se font en bouteille sous des marques, alors qu’au Maroc, l’essentiel de la production est exporté en vrac.

Cependant, reste  la mauvaise saison agricole, le principal élément qui ressort des analyses des professionnels. «L’année dernière, nous avons eu une campagne agricole médiocre, ce qui a nettement réduit la capacité d’exportation des entreprises», regrette Bennani.  En plus de la baisse de la demande à l’international, la production nationale n’a pas été au rendez-vous. La campagne agricole 2011-2012 n’a pas été très favorable aux producteurs d’olive. Elle a été caractérisée par des conditions climatiques difficiles. La sécheresse a beaucoup affecté le rendement de certaines régions comme Fès-Meknès, Tanger-Tétouan et Tadla. A elle seule, la région de Tanger-Tétouan a affiché une baisse de 188%.

Par contre, dans d’autres régions, telles que El Haouz, ont enregistré une progression de 41%. L’ensemble de la production nationale au titre de la campagne agricole 2011-2012 a été de 1,3 million de tonnes, en recul de 16%. Cette production est plantée sur une superficie productive de 718.000 hectares, soit une augmentation de 3% par rapport à 2010-2011. La productivité par hectare a également sensiblement reculé.

Le rendement moyen a été de 1,7 tonne par hectare contre 2,1 tonnes par hectare la campagne précédente. Ces chiffres restent nettement en deçà des objectifs du plan Maroc Vert. Ce dernier projette de porter la production à 2,5 millions de tonnes par an pour une superficie cultivée de 1,22 million d’hectares à l'horizon 2020. Les objectifs à l’export sont encore plus ambitieux. Le plan prévoit l’exportation de 120.000 tonnes d’huile d’olive et 150.000 tonnes d’olives de table.

2013, mauvais augure!

La prochaine saison agricole ne s’annonce pas non plus sous de bons auspices. «Plusieurs régions comme Marrakech-Tansift-El Haouz connaîtront une baisse de la production et même de la qualité pour cette année», estime Bennani. Pour l’instant, les professionnels ne disposent pas de visibilité sur les prévisions de production. «Il y a plus d’un mois que la tutelle aurait dû communiquer les prévisions de production pour établir des stratégies de commercialisation», fustige Bennani. En plus de la baisse de la productivité, les entreprises exportatrices restent dépendantes de l’évolution du cours de l’huile à l’international. S’il atteint les mêmes niveaux que cette année, le secteur connaîtra une véritable traversée du désert. Pour l’instant, il s’établit à 27 DH le kilo.
 

Ilham BOUMNADE, L'economiste



         
 
                         
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