Les entreprises qui veulent devenir exportatrices régulières en 4 ans peuvent recevoir l'aide de l'état



Les entreprises qui veulent devenir exportatrices régulières en 4 ans peuvent recevoir l'aide de l'état
Le programme "Audit à l'export" permet de faire les diagnostics et de suggérer des solutions d'organisation et de marchés cibles. 100 entreprises seront auditées en 2011, 200 en 2013 et 300 en 2015. 24 consultants agréés par le ministère du commerce extérieur.

Lancé en mars 2011 par le ministère du commerce extérieur (MCE), le programme «Audit à l’export», qui cible 1 000 entreprises à l’horizon 2015 pour un budget global de 27 MDH, semble être bien parti. A ce jour, une quarantaine d’entreprises ont bénéficié des services des experts en la matière et neuf autres font actuellement l’objet d’audit. Les responsables de ce programme tablent sur une centaine d’entreprises à la fin de cette année. En 2012, cet objectif passera à 150 avant d’être porté à 200 en 2013, 250 en 2014 et 300 en 2015.

Le terme d’audit n’est pas synonyme d’inspection. C’est plutôt un service de soutien accordé aux entreprises afin de dynamiser leurs exportations, pour celles qui exportent déjà mais de manière irrégulière, et de se lancer sur les marchés étrangers pour celles qui n’ont jamais exporté. Il faut rappeler à cet effet qu’en 2010, 5 495 entreprises ont exporté leurs produits à l’étranger, dont 312 pour la première fois. Dans plusieurs pays, des organismes et cabinets  font de l’assistance à l’export une spécialité à part. Mais, au Maroc, l’idée vient à peine de mûrir. Le ministère du commerce extérieur, initiateur du projet, l’a programmé parmi les axes majeurs de sa stratégie.   

Atouts et faiblesses, tout est passé en revue

Avant de passer à la commercialisation à l’étranger, une entreprise se doit d’évaluer sa capacité à exporter et son degré de préparation au marché mondial, d’autant que, et c’est surtout le cas des PME, «opérer sur les marchés étrangers implique des investissements en temps, et en ressources tant organisationnelles, humaines, financières que commerciales, lesquels investissements peuvent ne porter leurs fruits qu’à moyen voire à long terme», explique un chef d’entreprise. Le programme «Audit à l’export» propose ainsi d’aider les entreprises à faire leur diagnostic export. Concrètement, il s’agit d’un outil d’analyse critique et d’aide à la décision qui permet d’identifier les forces des entreprises sur lesquelles elles peuvent s’appuyer pour faire face aux risques et difficultés liés à la transaction commerciale à l’extérieur. L’examen porte sur tous les aspects de la structure tels les compétences, le savoir-faire, les ressources financières et humaines, les connaissances propres... Les faiblesses sont également étudiées et des solutions susceptibles d’aider ces entités et ainsi augmenter leurs chances de réussite sur les marchés export suggérées.

Les experts s’emploient à identifier les écarts, les anomalies et les dysfonctionnements à l’export et, in fine, à élaborer une stratégie et un plan d’action export définis en adéquation avec les capacités et potentialités des entreprises.

Une mission dure trois jours

La visite effective de l’expert au sein de l’entreprise dure 3 jours mais le travail documentaire et d’analyse qui suit peut prendre plusieurs semaines. Un rapport est établi à la fin de chaque opération où l’expert met principalement l’accent sur les recommandations soumises à l’entreprise. Les propositions portent sur tous les aspects comme l’organisation, la gestion, le marketing… «On procède souvent à un travail de communication tellement les entreprises, des PME en général, affichent une appréhension vis-à-vis de l’acte d’exporter. Elles sont nombreuses à être mal informées quant à la procédure à suivre pour vendre à l’étranger et aux dispositions mises en place par l’Etat pour encourager l’exportation», explique un auditeur.

Pour lancer ce programme, le MCE devait se doter de ressources humaines qualifiées dans ce domaine. La tâche n’était pas facile surtout que ce genre de mission est nouveau au Maroc. Il a fallu donc former des cadres spécialement à cette tâche. Le programme ENACT y a beaucoup contribué (voir encadré). Chaque candidat a assisté en six mois à trois sessions de formation d’une semaine à International Trade Center (ITC) -Centre du commerce international- de Genève. Cela a été sanctionné par la certification et l’accréditation par ce centre de 24 consultants qui sont désormais qualifiés pour exercer le métier d’auditeur à l’export.

Par ailleurs, toute entreprise qui veut bénéficier de ce service doit conclure un contrat de partenariat avec le ministère. Elle est appelée, si son dossier est accepté, à contribuer aux frais de l’opération de l’audit. L’auditeur est payé en fait 500 dollars par jour, soit près de 4 100 DH. Et puisque la durée effective de visite des experts est fixée à 3 jours, le coût total est donc de 1 500 dollars (12 000 DH environ). L’entreprise ne débourse qu’un forfait de 2 500 DH. Le reste étant pris en charge par l’Etat.

Programme ENACT : Un soutien canadien de 13 MDH pour le Maroc

Financé par le gouvernement canadien à travers l’Agence canadienne de développement international (ACDI), et mis en œuvre par le Centre du commerce international (CCI), ENACT (Enhancing Arab Capacity for Trade) est un programme régional d’assistance technique qui a pour objectif de renforcer les capacités commerciales du Maroc, de l’Algérie, de l’Egypte, de la Jordanie et de la Tunisie. D’un montant global de 69 MDH, dont 13 millions consacrés au Maroc, il cible principalement quatre axes : le système d’intelligence commerciale et stratégie d’exportation, le renforcement des institutions d’appui au commerce pour une compétitivité d’exportation, le développement du flux commercial pour les entreprises et l’intégration des femmes et des jeunes dans le commerce. Le programme a pour objet de développer une approche intégrée et diversifiée pour la promotion du commerce en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La consolidation des capacités commerciales des pays arabes bénéficiaires porte essentiellement sur les capacités institutionnelles, humaines et d’entreprise pour une meilleure exploitation des opportunités du système du commerce multilatéral en vue d’améliorer les services liés aux activités exportatrices.

Hakim Challot
www.lavieeco.com


         
 
                         
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