Les cimentiers ont réduit leur consommation électrique de 35% en 10 ans !

Leurs parcs éoliens totalisent actuellement une puissance de 37 MW qui devrait augmenter à court terme grâce à des contrats d'achat d'énergie éolienne et de nouvelles installations. Le secteur utilise entre 80 000 et 100 000 tonnes de déchets par an comme combustibles de substitution et de nouveaux accords avec le département de l'énergie accroîtront ce volume.



Les cimentiers ont réduit leur consommation électrique de 35% en 10 ans !
Ils n’en font pas spécialement cas, mais les cimentiers au Maroc sont parmi les industriels les plus avancés en matière d’utilisation des énergies alternatives. En effet, ces opérateurs s’y sont mis il y a plusieurs années par souci d’économie, sachant que le poste énergie pèse les deux tiers de leur coût de production.

Les énergies renouvelables constituent le premier champ qu’ils ont investi pour diversifier leurs sources d’alimentation. Les parcs éoliens qu’ils ont installés totalisent actuellement une capacité de 37 MW. Lafarge Ciments en détient la plus grande partie avec une installation à Tétouan de 32 MW mise en service depuis 2005. Ciments du Maroc détient les 5 MW restants à travers son parc éolien de Laâyoune, entré en fonction en 2011. La même Cimar devrait mettre en service début 2014 un nouveau parc d’une capacité de 10 MW dans la ville de Safi. Et avant même d’achever ce chantier, la filiale de l’italien Italcementi étudie la possibilité de localiser et installer un site supplémentaire.

Pour son développement en la matière, Lafarge semble avoir choisi une voie différente en optant pour des contrats d’achat d’énergie éolienne. Au lieu de construire des parcs qui seront détenus en propre, Lafarge devrait par cette voie acheter de l’énergie provenant de sites réalisés par des spécialistes. A cet effet, l’opérateur a signé avec Nareva Holding, filiale énergie et environnement de SNI, un contrat d’achat d’énergie éolienne pour alimenter son usine de Bouskoura. Les premières livraisons de KW ont démarré en mars dernier pour parvenir à toute la puissance contractuelle en septembre prochain, annonce le management de Lafarge. Pour une première expérience dans l’alimentation en énergie éolienne, Holcim Maroc a elle aussi opté pour un contrat d’achat. L’accord étant en phase de conclusion, l’opérateur n’a pas encore dévoilé le nom de son fournisseur. L’on sait néanmoins que les premiers KW devraient être acheminés vers l’opérateur fin 2014. A cet horizon, Holcim devrait satisfaire jusqu’à 30% de ses besoins énergétiques grâce à l’éolien et l’opérateur envisage de parvenir à une part de 70% sur les dix prochaines années. Pour sa part, Lafarge, avec ses installations existantes et l’accord d’achat conclu, satisfera à court terme 50% des ses besoins via l’énergie éolienne. Quant à Cimar, son objectif est d’exploiter pleinement les possibilités offertes par le cadre réglementaire au Maroc, lequel plafonne actuellement l’autoproduction à 50 MW. S’il y parvient, ce qui pourrait éventuellement se faire en investissant dans des parcs de concentration d’énergie solaire, l’opérateur serait en mesure de couvrir 30% de ses besoins globaux.

La capacité de feu des cimentiers peut éliminer 50% des déchets ménagers et industriels

Outre les énergies renouvelables, les cimentiers misent également sur les combustibles de substitution. Il s’agit principalement de déchets dont les cimentiers valorisent entre 80 000 et 100 000 tonnes par an. L’utilisation de cette source améliore leurs mix combustibles, permettant au final de réduire le recours à l’énergie électrique. De fait, depuis 2003, la consommation électrique par tonne de ciment a baissé de 35%, passant de 120 à 78 kwh/t de ciment. Pas étonnant dès lors que les cimentiers cherchent à creuser le sillon des combustibles de substitution. A cet effet, deux conventions ont été récemment signées par le ministère de l’énergie et l’Association professionnelle des cimentiers (APC) afin de garantir un meilleur accès aux pneus déchiquetés et aux huiles usagers. Le premier type de déchets est actuellement en majeure partie importé, ce qui au passage permet aux opérateurs de bénéficier de crédits carbone mis à contribution pour investir dans des équipements industriels, généralement très coûteux, nécessaires pour la valorisation de déchets. Avec la nouvelle convention, tout en continuant d’importer, une filière devrait se constituer pour traiter les pneus déchiquetés locaux afin d’approvisionner les cimentiers. Idem pour la convention portant sur les huiles usagers qui a pour but de créer une filière de récupération de ces déchets, sachant qu’en l’état actuel des choses, seul Lafarge en fait la valorisation pour des quantités relativement réduites. En outre, une expérience a été lancée récemment par Holcim pour s’approvisionner en déchets de papier et de carton en provenance de l’Union Européenne. Néanmoins, du chemin reste à faire pour installer la démarche, selon le management du cimentier.

Le champ pour se développer en la matière est considérable, sachant que, selon les cimentiers, la puissance de feu fournie par leurs capacités actuelles peut éliminer au moins 50% des déchets ménagers (7 millions de tonnes) et industriels (1 million de tonnes) du pays.
 

Réda Harmak
www.lavieeco.com



         
 
                         
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