Les agents immobiliers mettent peu à peu de l'ordre dans leur profession

Contractualisation des rapports avec les clients, barème uniforme des commissions, charte déontologique..., sont les améliorations introduites sous la houlette de l'Association marocaine des agents immobiliers, constituée il y a un an. Une loi réglementant la profession d'agent immobilier prête d'ici 4 mois.



Les agents immobiliers mettent peu à peu de l'ordre dans leur profession
Constituée il y a moins d’un an, l’Association marocaine des agents immobiliers (AMAI) revendique déjà des réalisations concrètes quant à l’objectif qu’elle s’est assigné de structurer la profession. «Comme promis au démarrage de notre association, nous avons défini et mis en application sur les dernières semaines des outils touchant aux procédures internes des agences immobilières», avance Mohammed Lahlou, président de l’AMAI. Il faut bien préciser que ces outils sont pour l’heure effectivement adoptés par les seuls adhérents à l’AMAI, actuellement au nombre de 25. Un effectif qui compte certes des agents qui ont pignon sur rue (Carrefour Sakane, Capital Foncier, Cap Realty, Vernet Immobilier...) mais qui, il faut le dire, pèse encore peu sur le total des 300 opérateurs structurés recensés sur le marché.

En premier lieu, l’AMAI introduit le principe du mandat pour contractualiser toute opération entre un agent immobilier et son client. Selon que ce dernier veuille vendre ou mettre en location un bien ou, qu’à l’opposé il cherche à faire une acquisition, un contrat spécifique est signé avec l’agent immobilier. Le document détermine entre autres la désignation du bien ou encore le prix souhaité. Le client y gagne parce qu’il formalise les exigences énoncées à l’agent immobilier sans compter qu’il engage l’intermédiaire à se tenir à un niveau de rémunération fixé dans le mandat. Pour l’agent, le principal apport du mandat réside dans le fait que le client est tenu de le considérer comme intermédiaire exclusif pour la conclusion de sa transaction. Une clause destinée à prémunir les professionnels des cas fréquents où le client s’appuie sur le réseau de l’agence sans conclure la transaction par son intermédiaire.

3% TTC pour les transactions immobilières et un mois de loyer HT en cas de location

En second lieu, l’AMAI a récemment diffusé auprès de tous ses membres un barème de commissions à appliquer aux principales transactions. Uniformiser les modes de tarification apporte plus de lisibilité au niveau du secteur, étant donné qu’actuellement les prix varient sensiblement d’un professionnel à l’autre. Le tarifier uniformisé de l’association prévoit une commission de 3% TTC dans les cas de vente et achat sur la valeur totale du bien payable par chacune des parties. S’agissant de la location, la commission proposée est d’un mois de loyer HT payable par chacune des parties. Le barème prévoit encore 10% HT de la valeur mensuelle du loyer pour la gestion locative. Enfin, les transactions sur fonds de commerce donnent lieu à une commission de 10% HT de la valeur du fonds. «Tous les adhérents de l’AMAI se limitent actuellement à ces tarifs. Mais ils ont toujours la possibilité d’appliquer des tarifs moindres s’ils le souhaitent», précise M. Lahlou.

En troisième lieu, l’AMAI introduit une charte déontologique. Entre autres aspects, celle-ci rend obligatoire le traitement des réclamations clients. De fait, en cas d’éventuel litige avec un membre de l’association, le client peut adresser une réclamation au bureau de l’AMAI.

Naturellement, tous ces outils structurants n’impacteront vraiment le secteur que lorsqu’ils seront généralisés. Et, à cet effet, le bureau de l’association œuvre pour attirer plus de membres. «Nous lancerons prochainement des campagnes de communication pour toucher des agents immobiliers dans tout le Maroc», annonce M. Lahlou. Dans la même veine, pour capter l’attention de la profession l’AMAI planche sur des chantiers stratégiques pour le secteur. Ainsi, l’association a pu conclure des conventions avec des annonceurs multisupports. L’objectif est de proposer aux agents immobiliers des tarifs plus avantageux pour leurs insertions, sachant que ce poste de charge pèse de manière non négligeable sur leur activité. Plus que cela, l’AMAI planche sur un portail immobilier sur lequel les agents pourraient diffuser leurs offres à des prix réduits.

Mais avant même que l’association ne prenne de l’envergure pour pouvoir généraliser ses bonnes pratiques, le bureau de l’AMAI envisage d’emprunter une voie plus rapide pour structurer le secteur. En effet, l’idée est tout simplement d’élaborer une loi dédiée à la profession d’agent immobilier. «Depuis deux mois, une commission juridique a été constituée pour plancher sur l’élaboration du projet de texte», annonce M. Lahlou. L’AMAI se donne encore 4 mois pour livrer sa copie. Une priorité que se fixe le futur texte est de professionnaliser le secteur, sachant qu’il reste lourdement dominé par l’informel.


Réda Harmak
www.lavieeco.com



         
 
                         
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