Le secteur du Cuir entame sa restructuration



Le secteur du Cuir entame sa restructuration
Lutte contre la sous-facturation, mise à niveau… le plan d’action.
Une opération pour préserver les peaux d’Aïd Al Adha.
Le Maroc exporte 20 millions de paires de chaussures par an et importe plus de 45 millions de produits chaussants (sandales, pantoufles, chaussures…)! Sauf que si les premières empruntent un circuit organisé, les seconds passent généralement par les méandres de la sous-déclaration. 95% des importations de produits proviennent de Chine et sont déclarées en moyenne à moins de 10 DH l’unité! Un prix défiant toute concurrence, même s’il s’agit dans l’écrasante majorité de produits de très mauvaise qualité. Une concurrence déloyale qui constitue le cheval de bataille de la filière. «Nous continuons de coopérer avec l’Administration des douanes pour lutter contre les importations sauvages de la chaussure chinoise car, si rien n’est fait, elles vont déstructurer toute la filière. D’ailleurs, plusieurs unités opérant sur le marché local ont cessé leur activité», explique Jamal Bahhar, directeur général de la Fédération des industries du cuir (Fédic).

Outre la lutte contre la triche à l’importation et le dumping, le plan d’action de la Fédic pour restructurer la filière porte également sur la mise à niveau des entreprises. «Le programme d’encadrement déployé en partenariat avec GIZ (ex-GTZ) et l’Anpme a permis à une vingtaine de TPE de la région de Fès de s’initier aux méthodes modernes de management et de s’inscrire dans une dynamique de modernisation. Ce programme a permis à une dizaine d’entreprises de sortir de l’informel. Une vingtaine d’autres entreprises, toujours dans la ville de Fès, bénéficieront du même dispositif à partir de septembre prochain. L’expérience sera étendue à Casablanca en 2012 et ensuite à d’autres régions.

Le secteur du cuir connaît des difficultés récurrentes, parmi lesquelles l’approvisionnement en peaux de bonne qualité. La Fédic compte lancer de nouveau une action pour la préservation des peaux de l’Aïd Al Adha. Une opération menée dans plusieurs régions de concert avec le ministère du Commerce et de l’Industrie ainsi que l’Onssa (Office national de sécurité sanitaire). Rappelons que chaque année, plus de 5 millions de têtes d’ovins sont abattues en une seule journée dans des conditions souvent déplorables, car l’abattage est le fait de bouchers amateurs. De plus, la conservation des peaux ne se fait pas correctement puisqu’il n’y a pas de salage immédiatement après l’abattage. D’où des pertes estimées à plusieurs dizaines de milliers de jours de travail dans l’industrie et l’artisanat. L’opération a déjà été lancée l’année dernière, mais les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes. Cette fois-ci, la Fédération compte mener une campagne de sensibilisation en concertation avec la tutelle et le ministère de l’Agriculture via des spots radio et des flyers. De plus, pour assurer l’approvisionnement du secteur, la Fédération lutte contre les exportations massives de cuir semi-fini. La douane procèdera à des contrôles systématiques des exportations en vue de prévenir le risque de substitution du cuir semi-fini par le wet-blue, qui est le premier output du processus de fabrication, interdit à l’exportation. «Les services de la douane prévoient également de travailler sur le contrôle de la valeur des exportations du cuir semi-fini pour détecter la sous-facturation», signale Bahhar.

Dumping

Le resserrement des contrôles est dû à l’effondrement des prix pratiqués à l’export. Ce qui éveille les soupçons de la douane. En effet, il a été constaté que le prix moyen des exportations de cuir, toutes catégories confondues, est passé de 202 DH le kilo en 2009 à moins de 20 DH en 2010. De plus, les exportations ont augmenté de 925 tonnes en 2009 à 15.000 tonnes en 2010. D’où la forte pression sur la matière brute. Quant au prix de la peau brute d’ovin, il est passé de 20 DH à plus de 70 DH et celle du bovin se négocie à 400 DH contre 180 DH auparavant. «Cette situation est une première dans le secteur. Et elle commence déjà à porter préjudice aux entreprises, qui ne trouvent pas de matières premières et, par conséquent, manquent de visibilité». D’ailleurs, selon la Fédération, certaines sociétés refusent des commandes fermes de grands donneurs d’ordre étrangers faute de matière première.

L'economiste


         
 
                         
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