Le passage chez l'enfant du lait maternel au lait de vache peut produire une grave allergie



«Environ 5 % des bébés sont allergiques au lait de vache, problème qui disparaît de lui même vers l'âge de 5 ou 6 ans», souligne le Professeur Yvan VANDENPLAS, Chef du Service de Pédiatrie de l'Hôpital d'enfants de l'AZ VUB à Bruxelles et Président du Groupe de Travail International d'Experts et Leaders d'Opinion en Allergie.

Selon ses propos lors d'une conférence organisée récemment à Casablanca au sein de l'école Sup Santé, les conséquences peuvent être graves, d'où l'importance de la prévention. Les bébés sont nourris d'abord au sein, puis ensuite au biberon. Dans le premier cas il n'y a en général aucun problème, mais le passage du lait maternel au lait de vache peut produire des difficultés : de la simple intolérance à la grave allergie. L'intolérance se traduit par des problèmes digestifs dus au lactose, un sucre non directement digestible se trouvant dans le lait, et donc dans les produits laitiers, mais à des degrés divers. Il se forme alors des gaz dans les intestins, et aussi des acides gras qui provoquent un afflux d'eau. Le résultat en est des diarrhées. En conséquence, chaque personne atteinte devra faire attention de ne pas dépasser la dose de lait et de produits laitiers qui provoquent le problème, cela ne signifie donc pas d'y renoncer.

Il existe aussi du lait «délactosé», et il faut savoir que les fromages à pâte dure sont exempts de lactose et n'occasionnent pas de difficultés. Ensuite, sont bien tolérés par la majorité des personnes sensibles les fromages à pâtes mi-dures ou molles, ainsi que la crème et donc le beurre car ils ne comportent que de très faibles quantités de lactose, juste des traces.

L'allergie au lait est par contre un problème d'une toute autre ampleur, bien plus grave, qui peut malheureusement avoir des suites mortelles.
C'est l'allergie principale chez les moins d'un an, alors que l'allergie à l'œuf est celle que est la plus répandue chez les enfants. Une allergie est une réaction violente des systèmes de défense de l'organisme, exagérée et inutile, qui produit le plus souvent des symptômes bénins comme les diarrhées, ou des vomissements. Mais aussi parfois des éruptions cutanées, des boutons et des rougeurs, voire de l'asthme ou dans les cas les plus graves et heureusement plus rares, un état de choc. L'allergie se produit face à des protéines présentes dans le lait de vache qui alarment les dispositifs de défense immunitaire, et cette allergie est présente chez 2 à 3% des nourrissons, estimation certainement sous-évaluée. «Dès qu'une telle allergie est suspectée, il faut être attentif aux réactions de son enfant telles que des difficultés digestives ou respiratoires ou des rougeurs», précise le professeur. Et d'ajouter qu' alors la prudence recommande de procéder à des tests pour identifier s'il y a allergie et en trouver la cause, par exemple, le lait, les œufs, le poisson, les arachides (cacahouètes).

Par exemple pour vérifier si le problème est dû au lait, on colle simplement sur la peau de l'enfant un papier buvard imbibé de lait pendant 2 jours, pour vérifier après l'avoir enlevé les rougeurs éventuellement causées : rien de douloureux, ni de dangereux. Si des cas sont présents dans la famille, on pense qu'il vaut mieux éviter les arachides (attention aux huiles) chez la femme enceinte et pendant l'allaitement. Nourrir l'enfant au sein pendant ses 4 à 6 premiers mois est aussi une bonne mesure de précaution. Lorsque l'allaitement maternel n'est pas possible, il existe des laits dits hypo-allergiques, donc ne provoquant que peut de réactions allergiques. La diversification alimentaire devrait attendre l'âge de six mois, et les œufs ainsi que le poisson l'âge d'un an.
En particulier, on évitera les arachides et les fruits à coque tels que les amandes, jusqu'à 4 ou 5 ans, aussi dans les produits cosmétiques tels que les shampoings.

Il vaut mieux prévenir que guérir
La prévention reste l'outil majeur dans l'allergie du lait du vache surtout chez les nouveau-nés à risque, dont la famille a des antécédents d'allergie, souligne le professeur. Certains spécialistes proposent même de supprimer pendant la grossesse l'arachide par exemple les cacahouètes. L'allaitement maternel est fortement sollicité. Il est conseillé de nourrir les enfants au sein exclusivement durant 4 à 6 mois. Dans ce cas, il est à nouveau conseillé à la mère d'éviter l'arachide. Mais si l'allaitement n'est pas possible, il existe toute une gamme de laits hypoallergéniques qui peuvent être proposés (mais ils sont plus chers et ne sont pas remboursés.). Attention, les formules au soja sont à éviter chez l'enfant durant les six premiers mois.

Explication: Yvan Vandenplas Chef du Service de Pédiatrie de l'Hôpital d'enfants de l'AZ VUB à Bruxelles.
Le seul traitement d'une allergie au lait est le régime d'éviction

Quel est le diagnostic ?
Le problème avec l'allergie au lait, c'est qu'elle peut avoir des manifestations diverses, selon l'importance du trouble. Il peut y avoir des réactions immédiates ou dans les deux heures qui suivent l'ingestion de lait avec de l'urticaire, des vomissements en jet. Mais il peut également survenir des formes retardées, au bout de plusieurs heures, avec des problèmes digestifs: coliques ou douleurs. Mais aussi des troubles cutanés ou respiratoires. D'ailleurs, 40 % des cas de reflux gastro-oesophagien du nourrisson et une part importante de l'eczéma seraient dus à cette allergie au lait.

Quels sont les symptômes ?
Les symptômes sont aussi respiratoires que gastro-intestinaux, des maladies chroniques et des problèmes de croissance chez les enfants.

Quel est le traitement ?
Le seul traitement d'une allergie au lait est le régime d'éviction. Il repose d'abord sur l'utilisation d'hydrolysat de protéines de lait. Car ce qui provoque la réaction allergique, ce sont certaines protéines du lait. Mais si on les coupe en morceau, elles deviennent généralement inoffensives. C'est pourquoi on trouve aussi des hydrolysats d'autres protéines solubles, de caséine, de soja, de collagène hydrolysé. Pour les enfants qui ont des problèmes avec les hydrolysats de protéine, il faut couper ces dernières en morceaux encore plus petits : les acides aminés qui sont plus chères. A noter qu' il faut un certain temps entre la mise en place du régime d'exclusion et la disparition des symptômes allergiques.

Problèmes graves
- L'allergie au lait est par contre un problème d'une toute autre ampleur, bien plus grave, qui peut malheureusement avoir des suites mortelles.
- Elle est une réaction violente des systèmes de défense de l'organisme, exagérée et inutile, qui produit le plus souvent des symptômes bénins comme les diarrhées, ou des vomissements.
- L'allergie se produit face à des protéines présentes dans le lait de vache qui alarment les dispositifs de défense immunitaire, et cette allergie est présente chez 2 à 3% des nourrissons, estimation certainement sous-évaluée.

lematin.ma


         
 
                         
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