Le pari Maroc Numeric 2013 est il perdu?



Le pari Maroc Numeric 2013 est il perdu?
Que devient la stratégie Maroc Numeric 2013? Un projet cher à l’ancien ministre du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles technologies, Ahmed Réda Chami.
Lancée en 2009, la stratégie nationale pour la société de l’information et de l’économie numérique ambitionne de faire du Maroc «une référence» en matière de IT. A près d’un an et demi du deadline fixé, le pari peut-il être gagné? Pourra-t-on figurer sur la carte des pays tels que la Corée du Sud, l’Inde ou encore la Turquie, où la généralisation des tablettes tactiles et des solutions numériques dans les écoles, conçues localement, est déjà en cours? Le sujet sera justement au cœur du ftour-débat qui sera organisé aujourd’hui même par l’Apebi à Rabat, en présence du ministre de tutelle Abdelkader Amara. Du côté de la direction de l’Economie numérique, l’on préfère rester prudent. «Il y a des réalisations palpables. Globalement, une dynamique est enclenchée et elle est clairement irréversible», fin de citation. Pas question de préciser si l’on est en phase avec les objectifs, en avance ou en retard par rapport aux délais! En tout cas, pas avant le bilan qui sera réalisé en 2013, «et qui permettra d’évaluer précisément les réalisations, et de faire ressortir les ajustements et les modalités de la suite éventuelle du programme». L’on avance néanmoins quelques chiffres sur les réalisations en termes d’accès aux IT, de services e-gov et de développement de l’industrie IT. Abdelkader Amara sera-t-il peut-être moins laconique durant sa rencontre avec les professionnels… Le constat de ces derniers est en tout cas sans appel, un Maroc numérique pour 2013, ce n’est pas gagné d’avance! «Nous n’y arriverons pas pour 2013, nous n’avons pas encore une vraie industrie IT», estime Brahim Benlahmr, président de la commission financement de l’Apebi. Beaucoup d’efforts ont été réalisés. D’ailleurs, entre 2010 et 2012, le Maroc a gagné 48 places dans le classement eGov de l’ONU, passant de la 104e à la 56e place. Mais il reste encore beaucoup à faire. «L’enseignement se fait toujours de manière classique, le commerce électronique est encore négligeable, on répond toujours aux appels d’offres avec du papier,… le processus est encore au tout début», relève Samir Benmakhlouf, DG de Microsoft Maroc. Il faut dire que les professionnels ne tarissent pas de critiques vis-à-vis de l’opérationnalisation de la stratégie. En matière de eGov, par exemple,  plusieurs administrations se sont mises au numérique. Quelque 22 sites de services administratifs en ligne, sur les 89 prévus, sont désormais opérationnels. Mais pour certains, l’on peine encore à rationaliser la gestion des ressources numériques de l’administration. «A la base, le comité de pilotage des technologies de l’information devait fédérer et mutualiser les applications acquises par les administrations. Or, quand on voit les différents appels d’offres lancés, l’on se rend compte qu’il n’y a pas de coordination», regrette Saloua Karkri-Belkeziz, PDG de GFI Maroc. «Il existe encore beaucoup de gaspillages. Par ailleurs, l’on ne fait pas souvent travailler les entreprises marocaines», poursuit la patronne de GFI Maroc. Développer l’industrie IT figure parmi les priorités de la stratégie Maroc Numeric 2013, mais le fait est qu’aujourd’hui le problème d’accès au financement des start-up reste entier. Il existe en effet un fonds d’amorçage dédié, le Maroc Numeric Fund (MNF), doté de 100 millions de DH, mais il est loin de répondre à toutes les demandes. Il ne peut offrir, en effet, que 5 à 8 millions de DH par projet. Du coup, les porteurs de projets sont obligés de chercher des sources de financement complémentaires, ce qui relève du parcours du combattant!

«Les montants proposés sont, en effet, modestes car nous sommes dans une phase expérimentale. Il faut au moins 2 autres fonds jouant le même rôle que le MNF pour plus d’efficience», confie Ali Bassit, DG du MNF. Il existe par ailleurs 3 outils de financement proposés par le Centre marocain de l’innovation (CMI): la Prestation technologique réseau (PTR), Intilak et Tatwir, offrant des montants allant de 100.000 DH à 4 millions de DH. Mais l’on juge les conditions d’accès peu adaptées aux besoins des start-up. «Tatwir par exemple exige un plafond pour la masse salariale de 750.000 DH. Or, les salaires des ingénieurs varient entre 15 et 25.000 DH. Une équipe de 5 personnes recrutée pour 18 mois pourrait coûter plus de 2 millions de DH», martèle Benlahmr. Les procédures, pouvant durer jusqu’à 6 mois pour certains fonds, sont par ailleurs jugées complexes et contraignantes. C’est ce qui vaut à plusieurs fonds d’innovation, comme celui de la CCG, d’être boudés par les entreprises.     

«La stratégie en elle-même est excellente, mais l’exécution et le suivi ne sont pas faits correctement», conclut Karkri-Belkeziz. Maroc Numeric 2013 aura au moins le mérite d’avoir fourni une véritable feuille de route en matière de IT. Le bilan prévu en 2013 permettra peut-être le lancement d’une stratégie Maroc Numeric bis plus musclée.

L'economiste


         
 
                         
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