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Le jean, nouveau moteur de l'industrie textile
Pour le Maroc, le défi est de sortir de la dépendance de ces marchés.
Avec 40% des emplois industriels et une contribution importante au PIB et aux exportations, le textile figure parmi les secteurs qui occupent une position de premier plan dans Emergence. Comme l’automobile et l’électronique, il a bénéficié d’un traitement spécifique. Son avenir passe par un nouveau modèle économique intégré sur toute la chaîne de valeur. Au regard de la saturation des marchés européens et de la stagnation du pouvoir d’achat des ménages, l’industrie textile va devoir se tourner vers des marchés émergents et profiter de l’extension des classes moyennes urbaines avides de consommation. «Durant ces dernières années, le Maroc a su tirer profit de la proximité du marché européen. Il s’est inscrit dans les nouvelles stratégies des distributeurs européens. Mais il devrait offrir une solution globale à ses clients», suggère Gildas Minvielle, responsable de l’Observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM). C’est ce qu’il n’a pas encore réussi à faire. Le gros des sous-traitants en sont encore à exécuter les exigences du donneur allant jusqu’au choix du fournisseur du tissu. Dans le Pacte pour l’émergence industrielle, une panoplie de mesures est préconisée telle que la mise en place de plateformes d’approvisionnement et de nouvelles unités de finissage sur les métiers-clés, la teinture et l’imprimerie. Même si le secteur est en train de reprendre, la situation reste instable. En tout cas, comme le constate le responsable de l’Observatoire économique de l’IFM, les clients sont de plus en plus à la recherche d’une forte valeur ajoutée. La crise a également renforcée les préoccupations sociales et écologiques. Pour les huit premiers mois de l’année, les importations européennes de textile et d’habillement ont progressé de 4,8% par rapport à la même période de 2009, selon les statistiques publiées dans la lettre mensuelle du Cercle euro-méditerranéen des dirigeants textile-habillement (CEDITH). Cette progression recouvre ainsi une stagnation des importations d’habillement (+0,1%) et une forte poussée des importations de textiles (+20,9%). Globalement, le Maroc conserve ses parts dans le marché européen. Ses exportations se sont même redressées en progressant de 4,1% à 1,5 milliard d’euros. «Pour l’instant, en Europe la reprise reste fragile. La France et l’Espagne ne sont pas les pays les plus dynamiques. Cette crise a causé beaucoup de dégâts: chômage, processus de désendettement. La reprise est aujourd’hui lente», soutient Gildas Minvielle. Or les exportations du Maroc restent concentrées sur ces deux pays. L’indémodable jean joue les premiers rôles Les ventes en progression sur les principaux marchés. Les vêtements confectionnés tirent le secteur vers le haut. Les mauvaises langues pourront toujours dire qu’il est usé, vieilli et que sa fabrication pollue. Le jean s’en moque. Il est là, jouant encore et toujours les premiers rôles dans la rue de la mode, au moment surtout où la conjoncture a cessé de se dégrader. Avec une hausse de 0,6% des ventes, en valeur de janvier à juillet 2010 par rapport à 2009 sur le marché français, deuxième débouché de l’industrie du textile marocaine, le blue jean se porte mieux que le secteur de l’habillement en général (0,1%), relève Kantar Worldpan-Fashion(1) dans sa dernière enquête. Le désormais ex-patron de Settavex, Badr Kanouni, nommé le week-end dernier à la présidence de la holding Al Omrane (voir page 8) dit croire dans le fort potentiel de la filière Jean & Sportswear, érigée au rang d’éclaireur du secteur textile dans la stratégie Emergence grâce à l’expertise qu’elle a développée. D’autant plus que, «son intégration -tissu, confection, délavage- permet de réaliser une synergie porteuse de valeur ajoutée à l’offre globale textile & habillement du Maroc», se réjouit-il. Le travail spécifique (en finalisation) pour relancer cette filière révèle déjà un potentiel certain. Autant dire que le coup de grisaille semble s’éloigner. Mois après mois, le constat se confirme. L’industrie textile marocaine a plus que redressé la tête. Certes, le redémarrage ne compense pas le recul subi en 2009, mais la plupart des indicateurs sont repassés dans le vert depuis le début du second semestre. Pour le seul mois d’octobre, les exportations ont atteint 3 milliards de DH, soit plus de 10% des réalisations annuelles, tirées par les vêtements confectionnés. Ces derniers ont bondi de plus de 33%, en cumul sur les dix premiers mois de l’année, à 15,6 milliards de DH. Pendant ce temps, toutes branches confondues, le secteur a réalisé 24 milliards de DH pour un chiffre d’affaires attendu en 2010 de 28 milliards de DH, en recul d’un milliard par rapport à 2009, selon les prospectives de l’Association marocaine des professionnels du textile et de l’habillement (Amith). Le retour en forme des exportations du secteur est imputable à deux facteurs: la reprise de consommation chez les deux principaux clients, en l’occurrence l’Espagne et la France. Sur ces deux marchés, les commandes sont reparties à la hausse. La deuxième raison de ce dynamisme, c’est l’incroyable flambée des prix sur le marché chinois, du fait de l’enchérissement des matières premières. Incontestablement, les choses s’améliorent depuis quelques mois, mais «tout dépend de comment elles vont évoluer au niveau mondial notamment au niveau européen». Badr Kanouni confirme que la dégradation s’est arrêtée depuis quelques mois, mais la consolidation de cette reprise ne se fera pas avant quelques mois, voire années, bien que «le plus dur soit derrière nous». Mais l’important pour le secteur est que «la confiance revient chez le consommateur». De plus, on constate l’anticipation des distributeurs (chaînes de magasins, marques…), encouragée par une forte composante concernant la décision d’achat retrouvée. Et la révision de la stratégie de sourcing des distributeurs, qui reviennent sur le marché marocain redonne le moral aux textiliens. Même pour la filière jean, «les acheteurs sont en train de revenir et les choses se présentent beaucoup mieux», se félicite l’ex-directeur général de Settavex. Est-ce la tendance d’avant crise? «Peut être pas. C’est encore un peu tôt, mais la reprise est bien sensible». Les dégâts causés par un début d’année 2009 morose pour le marché du textile en recul sur le premier semestre de 2% en valeur et de 3% en volume restent à réparer. La baisse du pouvoir d’achat des ménages français et espagnols continuent d’entretenir une très forte sensibilité du client au prix et aux promotions: 1 achat sur 2 est à prix barré au premier semestre 2009, un record!!!», selon l’Institut français de la Mode. Bien entendu, «les soldes flottants suivis par de nombreuses enseignes au printemps dernier, renforcent le phénomène promotionnel observé ici et là dont l’objectif était de faire retrouver aux clients le chemin des magasins». Malgré cela, les Français ont moins acheté (-1,4 article) et moins dépensé (-19 euros par individu). Ils sont moins nombreux à «vouloir mettre le prix pour un vêtement qui leur plait». De réels arbitrages budgétaires s’opèrent par ces temps de crise: «les consommateurs privilégiant ce qui se voit (prêt à porter et chaussures) et ce qui se renouvelle, au détriment des dessous et du linge de maison». Dans ce contexte de reprise timide, pratiquement aucun marché ne tire vraiment son épingle du jeu (voir infographie en page 3). Au mieux, ils maintiennent leur part de marché avec la stratégie de sourcing des distributeurs. L'economiste |
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Lancement de l’Université Lean 6 Sigma au Maroc, Jeudi 24 mai 2012.
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